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Encourager sans complimenter : l’art et la manière de faire !

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Une croyance est très répandue dans le monde de la parentalité : celle selon laquelle complimenter son enfant serait excellent pour son estime de lui-même et sa confiance en ses capacités. Bien qu’il faille saluer ces intentions louables visant à développer cette confiance chez l’enfant, il convient d’être très prudent face à de telles affirmations qui doivent être grandement nuancées. En effet, les compliments faits le plus souvent aux enfants tels que « Bravo ! », « C’est bien ! », « Tu es fort ! », « Tu es mignon » etc, risquent fortement de provoquer l’effet inverse de celui recherché en altérant confiance en ses capacités et estime de soi de l’enfant !

QUEL EST LE PROBLÈME AVEC LES COMPLIMENTS ?

Ils peuvent faire douter de la sincérité de celui qui les donne

Imaginez que des amis débarquent chez vous à l’improviste à l’heure du déjeuner. Vous leur réchauffez une boîte de petits pois en catastrophe que vous leur servez avec une tranche de jambon, et ceux-ci vous disent : « Mmm, c’est excellent, tu es vraiment bonne cuisinière ! ».

Comment vous sentiriez-vous ? Vous vous diriez probablement qu’ils se fichent de vous, ou au mieux, qu’ils essaient d’être polis/gentils, mais ne pensent pas sincèrement ce qu’ils viennent de dire !

Les enfants, même tout petits, ne sont pas si naïfs : ils sont parfaitement capables de saisir qu’on leur dit des choses comme ça sans les penser vraiment, pour leur faire plaisir. Si après avoir fait trois gribouillis à la va vite, un enfant de 3 ans entend sa mère dire : « Oh, quel beau dessin ! » (probablement sans le regarder vraiment), il se dira qu’elle lui dit cela parce qu’elle l’aime, mais qu’elle ne le pense pas vraiment. Pire, qu’elle ne s’y intéresse pas vraiment, puisqu’elle l’a à peine regardé…

Dans le pire des cas, de tels compliments peuvent être perçus comme une manipulation : « qu’attendent-ils de moi en retour ? »

Ils peuvent susciter une négation immédiate, et même amener l’enfant à se concentrer… sur ses faiblesses !

« Comme tu es intelligent » => « Oh non ce n’est pas vrai, d’ailleurs je suis nul en maths ! »

« Comme tu es beau » => « N’importe quoi, j’ai un gros bouton sur le menton ! »

Ils mettent une sacrée pression !

« Tu as eu 18/20, bravo ! Tu es vraiment un bon élève ! » => « La prochaine fois, il faut absolument que j’ai à nouveau une très bonne note, sinon il va être déçu… »

« C’est bien » (après une action réalisée) => « Je fais bien, je DOIS faire bien… »

« Tu es vraiment bon en histoire » => « Je suis bon en histoire. Je DOIS être bon en histoire. Il faudra TOUJOURS que j’aie de bonnes notes en histoire ».

Je pense qu’on touche là le cœur du problème : face à un compliment maladroit suite à une réussite, l’enfant risque de se mettre une énorme pression pour faire aussi bien la fois suivante. Des phrases pourtant prononcées avec énormément de douceur et de bienveillance telles que « c’est très bien », « je suis fier de toi », peuvent vraiment mettre l’enfant mal à l’aise à plus long terme, parce qu’il craindra de ne pas réussir son exploit une seconde fois. Il risque également de penser que sa réussite conditionne la fierté et l’amour de son parent, ce qui non seulement mais une énorme pression, mais n’est pas terrible ni pour la relation, ni pour l’estime de soi (un enfant a besoin de savoir que son parent l’aime et l’encourage inconditionnellement).

À force, le référentiel de l’enfant devient externe

Un autre problème majeur de ce type de compliments est qu’ils placent l’enfant dans une dépendance totale vis-à-vis des jugements externes, au détriment de leur autoévaluation. Pourtant, elle est si importante, cette autoévaluation ! Agir pour soi et non pour plaire aux autres, se faire confiance pour surmonter seul ses échecs, être capable d’identifier soi-même ses erreurs pour mieux les comprendre et mieux progresser, et donc tout simplement être capable d’être autonome dans ses choix et ses apprentissages, n’est-ce pas là des capacités que tout parent voudraient aider son enfant à développer ?

Comme l’a écrit Nathaniel Branden, psychothérapeute canadien, dans son livre The Psychology of Self Esteem :

« Il n’y a pas de jugement de valeur plus important pour l’être humain, pas de facteur plus décisif dans son développement psychologique et sa motivation, que l’évaluation qu’il fait à son propre sujet… La nature de son autoévaluation entraîne des conséquences profondes sur les processus de pensée d’un être humain, sur ses émotions, ses désirs, ses valeurs et ses buts. C’est cette dimension unique qui entraîne le plus d’effets sur son comportement. »

J’avais déjà parlé dans cet article sur la punition du problème du référentiel externe. Les punitions comme les récompenses enlèvent à l’enfant la faculté pourtant innée qu’il a de s’auto-évaluer, puis de s’auto-discipliner. Au lieu de se responsabiliser, il agit uniquement en fonction des adultes qui le jugent en permanence, soit pour se conformer à leurs attentes, soit pour faire justement l’inverse ^^ . Il faut bien avoir à l’esprit que les compliments constituent une sorte de récompense : « tu as bien agi (selon ma vision des choses), je te récompense par mon compliment ». Au risque que l’enfant devienne totalement avare et dépendant de ce type de compliments.

Dans son livre Les lois naturelles de l’enfant, Céline Alvarez témoignage de son expérience à ce sujet dans sa classe de maternelle. Elle est si parlante, et même troublante, que j’ai envie de vous la raconter en détails ici.

Céline Alvarez a mené une expérience pendant deux ans dans une classe de maternelle en zone d’éducation prioritaire. Elle a totalement changé la pédagogie de sa classe afin de respecter ce qu’elle appelle « les lois naturelles de l’enfant ». Les principes qu’elle a appliqué sont très proches de ceux de Maria Montessori. Les élèves étaient donc en mixité d’âges (sa classe réunissait des enfants de petite et de moyenne section), et de plus ils avaient libre accès aux activités afin de pouvoir apprendre de manière autonome, selon leurs périodes sensibles. Ce qu’elle explique, c’est qu’elle a constaté un grand décalage dans la capacité à choisir et pratiquer des activités de manière autonome entre les élèves de petite et de moyenne section.

Voici son constat, qui je pense illustre parfaitement à lui seul le problème majeur lié aux appréciations, aux évaluations et aux compliments faits aux enfants :

« Quelle ne fût pas ma surprise de constater que la plupart des petits, qui n’étaient jamais allés à l’école, choisissaient leurs activités et les pratiquaient dans leur coin avec concentration et joie, faisant preuve d’autonomie, alors que les enfants qui avaient déjà été à l’école avaient un mal fou à comprendre l’intérêt même d’un tel fonctionnement. Si nous ne leur disions pas quoi faire, ils ne savaient pas quelle activité choisir. Non seulement ils n’avaient pas vraiment d’envie particulière, mais ils avaient même peur, vis-à-vis de moi, de faire le mauvais choix : ils étaient perdus. Et, lorsqu’ils choisissaient enfin une activité, ils guettaient avidement mon regard, attendant que je valide leur choix et leur travail. Ils venaient constamment vers moi et me demandaient : « C’est bien, Céline ? ». Ils attendaient et recherchaient la validation extérieure, le « C’est bien ».  

« […] Le spectacle de ces premières semaines était vraiment désolant. Ils avaient 4 ans, et ils étaient déjà complètement décentrés d’eux-mêmes, accrochés au jugement arbitraire de l’adulte, et passionnés non pas par l’exploration et la découverte mais par la possibilité de faire mieux que le voisin et d’augmenter leur capital sympathie auprès de la maîtresse. Et, pendant ce temps, je revois encore les petits, totalement inconscients de ce que traversaient les plus grands, consacrer de longs moments, tout seuls dans leur coin ou à plusieurs, à des activités qui les passionnaient. Ils ne prêtaient guère attention à moi, ils évoluaient à leur rythme dans la joie, la concentration et l’exploration. » 

Elle précise que cela lui a pris cinq mois de travail quotidien (cinq longs mois, vous-vous rendez compte !), pour que la majorité de ces élèves de moyenne section renouent avec leurs élans intérieurs. C’est énorme ! Elle précise que les élèves pour lesquels cela a été le plus difficile étaient justement ceux qui étaient très « scolaires », les « bons éléments » de l’école.

Personnellement, ce témoignage me bouleverse à plusieurs niveaux.

Tout d’abord, je dois admettre que je me reconnais dans la description des « bons éléments » qui ne travaillent que pour faire mieux que les autres ou « augmenter leur capital sympathie auprès de la maîtresse ». Petite, j’étais bonne élève, mais je ne travaillais que pour les notes et les bonnes appréciations, il n’y a aucun doute là-dessus. Ensuite, je reconnais parfaitement mon P’tit Loup dans la description des enfants qui travaillent en parfaite autonomie, sans se soucier du regard des adultes. Et enfin, je reconnais malheureusement des enfants de mon entourage dans la description faite des enfants qui demandent sans cesse si ce qu’ils font est « bien ».

Pour ces raisons, concernant mon fils, nous avons totalement exclu de notre vocabulaire quotidien les  « bravo », « c’est bien », et autres compliments du genre. Ce qui ne veut pas dire que nous restons indifférents à ses exploits, loin de là ! Nous l’encourageons différemment…

QUE DIRE ALORS ?

Bien sûr, il n’est pas question-là de faire preuve d’indifférence envers son enfant qui nous montre, tout fier, qu’il a réussi un exploit ! Au contraire, montrer que l’on s’intéresse à ce qu’il fait, l’encourager, lui montrer que l’on est content pour lui est essentiel. Mais il y a d’autres manières de faire, plus efficaces que les traditionnels « bravo » et « c’est bien ! ».

Utiliser la description !

C’est très simple : si votre enfant vous montre son dessin, plutôt que de dire « c’est bien », « bravo » ou « il est très beau », décrivez simplement ce que vous voyez : « Oh, tu as fait un dessin ! Tu as dessiné des traits, des points, et même des ronds ! …».
Ainsi, votre enfant sentira que vous vous intéressez vraiment à ce qu’il fait, mais la description étant totalement objective, ne sentira aucun jugement de votre part et pourra ainsi être vraiment lui-même. Et puis, vos commentaires ne pourront que faire jaillir chez lui la conscience de ses propres forces ! S’il entend : « Il y avait des jouets partout, et maintenant tout est rangé ! », il pourra se dire « c’est vrai qu’il y en avait vraiment partout, je suis vraiment capable de bien ranger quand je veux ! ». Jour après jour, ce type de retours lui permettra vraiment de mieux connaître ses points forts. Quoi de mieux pour l’aider à se forger une bonne estime de lui-même ?

J’aime beaucoup ces passages tirés du livre Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent de Faber & Mazlish :

« Vous pouvez lui enlever « garçon sage » en l’appelant « mauvais garçon » le lendemain. Mais vous ne pourrez jamais lui enlever la fois où il a fait sourire sa mère grâce à une carte de prompt rétablissement, ou quand il s’est acharné au travail avec persévérance alors qu’il était très fatigué. »

«  Les moments où l’on confirme ce qu’il y a de meilleur chez l’enfant deviennent, sa vie durant, des points de repère, car il pourra y revenir dans les périodes de doute ou de découragement. Dans le passé, il a accompli quelque chose dont il était fier. Il garde en lui ce qu’il faut pour le refaire. »

C’est un peu difficile au début, mais je vous assure, finalement, on prend assez vite le pli ! Passée la période normale de transition où les « c’est bien » ou « c’est beau » nous échappent sans arrêt, décrire devient un automatisme, on n’y fait même plus attention ! (Parole d’une maman qui avait pris l’habitude de dire « bravo » et « c’est bien » toutes les trente secondes à son fils de sa naissance jusqu’à son premier anniversaire !).

Pour les enfants plus grands, Faber & Mazlish suggèrent de résumer l’action en un mot. Par exemple, on pourrait dire à un enfant qui rentre à l’heure chez lui : « tu avais dit que tu serais à la maison à 5 heures, et il est exactement 5 heures. C’est ce que j’appelle de la ponctualité ! ».

Remplacer le « C’est bien » par « Merci » !

Si votre enfant met la table, débarrasse son assiette ou range ses jouets, il est bien normal que vous ayez envie de le féliciter d’une certaine manière, de lui manifester votre reconnaissance. Et c’est une très bonne chose : il en sera content, et cela l’encouragera à recommencer une prochaine fois. Mais là encore : attention sur la manière de le faire.

Je pense que dans ce type de situations, le plus simple et le plus efficace est de remplacer le traditionnel « c’est bien » par un « merci » sincère. Cela permet de témoigner votre reconnaissance, sans mettre aucune pression et sans porter de jugement sur la manière dont l’enfant a réalisé cette action. Et puis, au passage, n’est-ce pas là une belle manière de lui apprendre à dire merci en toute sincérité ? :)

Dire « tu peux être fier(e) de toi » au lieu de « je suis fier(e) de toi »

Il est normal de se sentir fier, en tant que parent (et bien sûr il n’y a aucun mal à cela !). Mais face à l’enfant, je préfère nettement la formulation « tu peux être fier de toi », qui recentre l’enfant sur sa propre réussite et sa propre fierté, plutôt que la formulation courante « je suis fier de toi », qui met plutôt l’accent sur la fierté du parent.

« Tu es content » ? « Je suis contente pour toi, de te voir si content ! »

C’est là une phrase que j’utilise vraiment très régulièrement en ce moment avec mon P’tit Loup ! S’il a l’air vraiment très content et fier de lui, après avoir réussi quelque chose pour la première fois par exemple, je trouve qu’elle est vraiment très adaptée !

« OUAH, tu as mis tes chaussures TOUT SEUL ! Tu es content ? Oh oui tu as l’air content ! Ça me fait vraiment plaisir de te voir si heureux ! Est-ce que tu te sens fier ? ». De cette manière, on partage simplement sa joie et son enthousiasme ! :)

——

Pour conclure, j’aimerais apporter un peu de nuances à cet article. Si je suis convaincue de l’importance d’encourager son enfant en veillant à ne pas malgré soi l’enfermer dans une dépendance du regard de l’adulte, lui mettre une grosse pression ou encore d’affecter sa confiance en lui, j’aimerais préciser une chose : bien sûr, il vaut mieux complimenter son enfant « de manière maladroite » que de ne JAMAIS le complimenter ni l’encourager. Je pense que nombreux sont les adultes qui diraient : « j’aurais aimé, moi, que mes parents me disent qu’ils étaient fiers de moi ! Je ne m’en serais porté que mieux ! ». Et ils auront raison ! Loin de moi l’idée de diaboliser ces phrases qui sont toujours dites avec beaucoup de bienveillance. Mais tant qu’à faire, si l’on cherche à faire AU MIEUX, je pense qu’il est important de prendre conscience du réel impact de nos mots et de revoir notre manière d’adresser nos compliments/encouragements à nos enfants, afin de les aider vraiment.

Par ailleurs, si jamais vous aviez l’habitude de complimenter votre enfant en lui disant « c’est bien », il faut bien savoir que rien n’est irrécupérable ! Comme je vous le disais, j’ai fait de même pendant un an avec mon fils, puis avec un peu de pratique, j’ai pu rectifier le tir ! J’ai pu  finalement assez rapidement prendre les bons réflexes pour remplacer ces expressions maladroites. Et à force de persévérance, j’ai observé les résultats dans le comportement de mon fils : alors qu’avant, dès qu’il accomplissait quelque chose, il cherchait mon approbation du regard, il est parvenu à s’en détacher totalement. Quelle belle récompense pour moi (et son papa qui faisait tout autant d’efforts, je tiens à le préciser !). L’expérience de Céline Alvarez avec sa classe prouve également que même des enfants devenus totalement dépendants du regard des adultes peuvent retrouver leur pleine autonomie.

Alors, je ne peux qu’encourager les parents se reconnaissant dans ma description à changer leur manière d’encourager leur enfant. Promis, vous ne serez pas déçus ! :)

Sources et références :

J’ai tout essayé, Isabelle Filliozat, Marabout, 2013, p  159 à 163

Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Adele Faber et Elaine Mazlish, Editions du phare, 2016, p 221 à 253

Les lois naturelles de l’enfant, Céline Alvarez, Édition des Arènes, 2016, p 367 à 373

Crédit photo :

Photo de Jay. Licence Creative Commons.

9 réflexions sur “Encourager sans complimenter : l’art et la manière de faire !

  1. Claire dit :

    Bon, il faut que je te pique ta phrase « Je suis contente pour toi de te voir si contente  » !
    J’aime beaucoup aussi ta nuance à la fin. Sinon bien évidemment, je partage ton point de vue. La description et le Merci tiennent une bonne place chez nous :-)

  2. MUMU dit :

    Wahou quelle révélation pour moi cet article,merci!je suis maman d’un ptit bout de 2 mois,mon 1er,et il est vrai qu’on aimerait faire au mieux pour qu’il puisse grandir et s’épanouir dans de bonnes conditions.
    Aurais-tu des livres a me conseiller stp?

  3. Marco dit :

    Merci pour votre article… que j’ai toutefois envie de nuancer un peu.

    L’être humain est un animal grégaire par nature (même si nous avons souvent de la difficulté à l’accepter). Ce qui le définit est non seulement son soi mais aussi son lien à l’autre. Si je vous rejoins sur la côté malsain d’un référentiel uniquement externe qui pourrait amener l’enfant et plus tard l’adulte à s’évaluer et agir en fonction du regard des autres seulement, à l’inverse un référentiel uniquement interne peut potentiellement l’amener à s’évaluer et agir uniquement selon ses propres valeurs et désirs. Or, le fonctionnement commun de la société nécessite que l’action individuelle se situe sur la base d’un subtil équilibre entre la prise en compte des valeurs individuelles et celles qui sont commune à une famille, une communauté, un village, une nation, etc. Dès lors, de la même manière que vous mettez en garde contre les phrases qui maximisent le référentiel externe, j’ai envie de mettre en garde contre une « surdose » de commentaires et actions qui maximisent le référentiel interne.

    J’ajoute que la construction du cadre interne de l’enfant est aussi un processus d’internalisation qui part de l’extérieur (injonctions et exemple parental). Ce cadre est aussi une nécessité favorisant l’équilibre émotionnel de l’enfant (ça le rassure), sans même parler de ses aspects éducatifs. Le risque d’un discours axé sur le référentiel interne uniquement est que l’enfant soit déstabilisé parce qu’il ne connaît jamais l’opinion ce ceux qu’il érige en exemples.

    Pour terminer, à chaque âge ses besoins : l’enfant a besoin de certitudes, de structure, de repères, et d’un cadre (non oppressant) pour s’épanouir. Le propre de l’adolescent est qu’il cherche à se construire par-delà ce cadre et le regard parental. Ce qu’on appelle la crise de l’adolescence est en fait une tentative de ré-équilibrage (en tout cas dans sa finalité, moins dans le processus) entre le référentiel interne (qui se renforce) et externe (qui diminue et se déplace sans disparaître). Ce que les chercheurs appellent « l’estime de soi sociale » (p. ex. http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1162908806000193) se construit selon cet équilibre entre le regard externe et le regard interne.

    En conclusion, il me semble que le compliment n’est en rien néfaste – bien au contraire, il est très rassurant (s’il est sincère, et vous avez raison d’insister là-dessus) voire nécessaire – mais on aurait tout à gagner à l’alterner avec les phrases qui font référence à soi.

    • actimomes dit :

      Bonjour Florence,

      Merci pour cet article bien construit avec des ressources citées. Mon point de vue rejoint celui de Marco qui évoque une balance à tenir entre référencement interne et externe. J’ai tendance à faire des compliments descriptifs à mes enfants et à mes élèves. Dans toute action ou intention de l’enfant, il y avait une graine positive qu’il est encourageant pour l’enfant de saluer. En tout cas, je vous remercie à nouveau pour cet article.
      A bientôt,

      Jean-Philippe

  4. Devaux dit :

    Justement je me posais la question sur ma réaction envers mes deux filles 3 et 6 ans et demi. Je suis pour l’ éducation positive mais peut être maladroite. Mes compliments et réactions et de leurs impact, sur l’ego et la transmission qu’on effectue consciemment ou insconciement d’ailleurs.
    Merci, article très intéressant avec des explications Claire !!

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