cholestase gravidique

La cholestase gravidique : parlons-en !

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler d’une maladie de grossesse peu connue : la cholestase gravidique. J’ai à cœur d’en parler car étant relativement rare (de 0,1% à 1% des grossesses en France), elle n’est pas toujours bien diagnostiquée ni soignée. Or cette maladie, bénigne pour la maman, peut-être fatale pour le fœtus ! Au travers de mon expérience, j’espère y sensibiliser les futures mamans et leur entourage. Les issues tragiques qui auraient pu être évitées par une meilleure connaissance de la maladie, par les futurs parents comme par le corps médical, sont encore trop fréquentes…

cholestase gravidique

Qu’est-ce que la cholestase gravidique ?

La cholestase gravidique est une maladie qui touche le foie de la future maman. (« Gravidique » est un mot qui fait peur, mais cela veut simplement dire « de grossesse »). Elle survient la grande majorité du temps lors du 3ème trimestre de grossesse. Chez les femmes présentant une prédisposition génétique (pas de chance…), le foie est perturbé par certaines hormones de la grossesse. Alors, il ne parvient plus filtrer les acides biliaires, qui passent alors dans le sang au lieu d’être sécrétés dans la bile.

Quelles conséquences pour le bébé ?

Les acides biliaires passent la barrière placentaire, et sont toxiques pour le bébé. Ils peuvent altérer son rythme cardiaque, être responsable d’une prématurité, de complications post-natales, et, dans le pire des cas, entraîner une mort fœtale in utero. Cela fait froid dans le dos ! La mort fœtale in utero est d’autant plus redoutée qu’elle peut survenir à tout moment, même lorsque la surveillance est normale (monitoring du bébé ok, acides biliaires dans le sang inférieurs à 40  µmol/L). Le risque augmente très fortement au moment des 37 SA (il est presque décuplé !), et lorsque le taux d’acides biliaires est supérieur à 40  µmol/L. Pour ces raisons, un déclenchement de l’accouchement est préconisé à 37 SA (d’autant plus qu’à ce stade, le bébé n’est plus considéré comme prématuré : les risques de troubles liés à une naissance avancée sont minimes), ou dès que le taux d’acides biliaires dépasse 40 µmol/L.

Quels sont les symptômes ?

Il est très important de les connaître ! Le symptôme principal (90% des cas) est un prurit (démangeaisons) sur tout le corps, et/ou  particulièrement sur la plante des mains et des pieds, et souvent plus intense la nuit que le jour. En cas de démangeaisons de la sorte lors du 3ème trimestre de grossesse, il est impératif de consulter sans tarder ! Il est important de savoir que l’intensité des démangeaisons est directement lié à l’état d’avancement de la maladie. Un symptôme beaucoup moins courant (10% des cas) est le développement d’un ictère (jaunisse).

Comment se pose le diagnostic ?

En cas de suspicion de cholestase, un bilan hépatique est effectué : on vérifie les taux sanguins des transaminases, et des acides biliaires. Certains professionnels se contentent encore de mesurer uniquement les transaminases, et écartent à tort la possibilité d’une cholestase. Il est important de s’assurer que le taux d’acides biliaires soit également contrôlé ! Dans mon cas par exemple, lors de mon diagnostic, le taux de transaminases était bon, mais celui des acides biliaires trop élevé. Le taux d’acides biliaires ne doit normalement pas dépasser 10 µmol/L.

Quel est le traitement ?

Le traitement par l’acide ursodésoxycholique est le plus efficace. Il permet de réduire, ou du moins de stabiliser tant que possible le taux d’acides biliaires dans le sang. En France, il s’agit des médicaments Delursan et Ursolvan. Le Questran, utilisé par le passé, n’est plus aujourd’hui considéré comme efficace. Le traitement permet de « gagner du temps », mais un déclenchement de l’accouchement est presque inévitable en cas de cholestase.

Mon expérience de la cholestase gravidique

Autour de mes 33 SA, j’ai commencé à souffrir de démangeaisons au niveau du crâne. Je me souviens que j’ai eu peur d’avoir des poux, j’ai demandé à mon homme de vérifier mes cheveux ! J’ai ensuite pensé que cela pouvait venir de mon nouveau shampoing, que j’ai changé. Mais les démangeaisons ont persisté, puis se sont étendues à la nuque, et ensuite au corps tout entier. Elles sont devenues de plus en plus intenses au fil des jours, et en particulier la nuit où cela devenait intenable. Un samedi matin à l’aube, après une nuit presque blanche, nous avons décidé avec le papa d’aller aux urgences de la maternité. J’avais entendu parler de cette maladie par une future maman d’un groupe sur internet, qui avait été atteinte. Je me souvenais aussi avoir lu dans un livre sur la grossesse qu’en cas de fortes démangeaisons, il fallait consulter aussitôt. Heureusement que j’avais eu ces informations ! Je m’attendais presque à ce qu’on me rit au nez, mais mes symptômes ont été pris très au sérieux. On m’a expliqué la suspicion d’une cholestase gravidique. On m’a fait passer aussitôt un monitoring pour vérifier que le bébé allait bien, puis on m’a fait plusieurs prélèvements sanguins. L’un pour le taux de transaminases qui s’est révélé satisfaisant, et l’autre pour le taux d’acides biliaires. Ce dernier ne pouvant être analysé sur place, on a envoyé mon prélèvement à un autre laboratoire, et j’ai dû attendre presque 5 jours avant d’avoir les résultats. On m’a également demandé d’être très vigilante aux mouvements de mon bébé, et de venir aux urgences sans hésiter s’ils me paraissaient anormaux (ce qui est évidemment très angoissant à entendre pour des futurs parents !). Le mercredi soir, la maternité m’a appelée pour m’annoncer que ma prise de sang avait révélé un taux d’acides biliaires trop élevé, et qu’il fallait que je vienne absolument le lendemain matin à la première heure. Je dois dire que là, c’était un peu la panique. Les informations que j’avais trouvées sur internet à propos de la cholestase ne me rassuraient pas du tout ! Au rendez-vous, on m’a expliqué plus de choses : mes acides biliaires étaient à 17 µmol/L, alors qu’ils n’auraient pas dû dépasser 10, ce qui confirmait la cholestase. On m’a parlé des risques pour le bébé. Même si j’avais bien conscience de n’y « être pour rien », je culpabilisais tellement « d’empoisonner » mon bébé ! On m’a expliqué mon suivi : monitoring tous les 2 jours pour vérifier le rythme cardiaque du bébé, et une prise de sang toutes les semaines pour vérifier le taux d’acides biliaires. On m’a également prescrit le traitement à l’acide ursodésoxycholique, ainsi qu’une crème pour calmer les démangeaisons. On m’a dit qu’un taux de 17 était une cholestase « légère », mais que ce taux pouvait augmenter très vite, et qu’il ne fallait surtout pas qu’il dépasse 40 µmol/L, auquel cas on me déclencherait en urgence. J’ai été rassurée par ce suivi : la maternité avait l’air d’être bien formée sur cette maladie, de la prendre très au sérieux. J’ai eu l’impression qu’on ne ferait prendre aucun risque à mon bébé. Ce qu’on me disait était conforme aux informations que j’avais pu récolter à droite et à gauche entre temps, ce qui était également rassurant.

Les semaines suivantes ont été extrêmement stressantes. Dès que mon bébé bougeait un peu moins qu’à son habitude, j’imaginais le pire. L’angoisse était à son paroxysme avant chaque monitoring. Au-delà de ce stress permanent, mes démangeaisons étaient insupportables, en particulier le soir et la nuit. Je me tartinais de crème à longueur de journée pour les calmer. Le soir, seule une douche les apaisait. Et je dormais évidemment très mal.

Lorsque je me suis rendue au labo pour y faire ma prise de sang suivante, j’avoue que j’ai commencé à douter de l’efficacité de mon suivi. Au moment de partir, j’ai demandé (juste pour être vraiment sûre), quand mes résultats d’acides biliaires seraient disponibles, puisqu’il fallait les envoyer ailleurs. Et là, regard interrogateur, on vérifie le papier, puis excuses confuses : on ne m’avait pas fait la prise de sang des acides biliaires ! Juste celle des transaminases, qui n’est pas la plus importante. Autant vous dire que pour les suivantes, j’ai posé la question à chaque fois !

Le résultat de la seconde prise de sang fut décevant : mon taux d’acides biliaires avait augmenté malgré le traitement, en passant de 17 à 20. Celui de la troisième était à 21, ce qui était plutôt rassurant : le taux semblait se stabiliser. Par contre, ce qui nous inquiétait beaucoup avec le papa, c’était le temps d’attente précédant chaque résultat ! Comme je l’ai déjà mentionné, le laboratoire de l’hôpital où j’étais suivie ne pouvait pas analyser mes prélèvements. Ils étaient donc envoyés dans un autre hôpital. Le temps d’attente entre une prise de sang et son résultat était de 5-6 jours ! Puisqu’on m’avait dit que si les acides biliaires dépassaient 40 µmol/L, le bébé serait trop à risque et qu’il faudrait déclencher l’accouchement en urgence, je me demandais bien comment dans ce cas nous pourrions agir à temps ! Autour de mes 35 SA, j’avais rendez-vous avec mon gynécologue pour faire le point. Il m’a dit qu’il ne valait mieux pas dépasser 37 SA, ce qui m’a beaucoup rassurée, puisque j’avais lu que le risque augmentait grandement à partir de ce stade de la grossesse. Je me disais que quand serait venu le moment le plus « critique », on me ferait accoucher. Mais au rendez-vous suivant, la semaine d’après, lorsque j’étais à presque 37 SA, quelle déception ! Il a jugé mon col trop fermé pour un déclenchement. Il m’a programmé un accouchement au plus tard à 38 SA + 5 jours, ce qui m’a semblé très tard, trop risqué ! Lorsque je lui ai parlé du risque, il m’a répondu « je ne vais pas vous mentir, il est bien présent ». Mais il ne voulait pas entendre parler d’un déclenchement avec un col fermé. Je lui avais pourtant signalé que mes démangeaisons étaient de plus en plus intenses. C’est ce jour-là que j’ai eu le résultat de ma prise de sang précédente (le taux à 21), sauf qu’elle avait été prise 7 jours auparavant ! Qu’en était-il de mon taux au moment de ce rendez-vous ? Impossible de le savoir, me disait-il, puisque les résultats de ma dernière prise de sang, faite le matin même, ne pouvaient pas être encore connus. Il m’a fixé un autre rendez-vous de contrôle pour la semaine suivante pour vérifier mon col, pour mes 37 SA + 5 jours. Je ne vous raconte pas mon état en sortant de ce rendez-vous. Je me suis sentie incomprise, on ne m’écoutait pas. J’étais terrifiée pour mon bébé. Je ne le « sentais » pas du tout. J’aurais sans doute accepté de faire durer ma grossesse un peu plus longtemps si le suivi avait été à la hauteur : passé les 37 SA, une prise de sang tous les 2 jours voire tous les jours, avec résultats immédiats ou presque (comme j’ai pu voir qu’il était pratiqué dans d’autres cliniques).

Les jours qui ont suivi ont été vraiment très difficiles. Les démangeaisons étaient de plus en plus insupportables. L’angoisse à son comble, surtout une fois passé ce fameux cap des 37 SA. Quand on lit des témoignages d’autres mamans étant passées par là, qui racontent que passé ce stade, leur taux a doublé en 1 jour, ou même en quelques heures, il y a de quoi s’inquiéter ! Quand on lit que certaines, avec un taux similaire au miens, étaient hospitalisées avec un monitoring tous les 3 heures, et une prise de sang tous les 2 jours avec résultats presque immédiats, il y a de quoi se poser des questions… Lors des 2 monitoring suivants, j’ai signalé au personnel qui s’occupait de moi ma crainte quand à mon taux d’acides biliaires, du fait que j’avais passé les 37 SA et que mes démangeaisons ne faisaient que s’empirer malgré le traitement. J’insistais pour connaître les résultats de ma dernière prise de sang. On m’a simplement répondu, après vérification, qu’ils n’étaient pas encore disponibles.

Le matin de mes 37 SA + 5 jours, je me suis rendue à la maternité pour mon monitoring. J’ai encore une fois signalé mon inquiétude, qui a été ignorée. Et puis, par chance, l’assistante de mon gynécologue, la personne qui m’avait diagnostiquée la cholestase, est passée par là. Elle m’a reconnue et m’a demandé des nouvelles. Je lui ai fait part de mes inquiétudes, de mes démangeaisons croissantes. Elle m’a demandé où j’en étais dans ma grossesse. Quand je lui ai répondu, elle a eu l’air indignée et m’a dit qu’il serait grand temps de déclencher l’accouchement, que ce stade était trop risqué ! Je lui ai parlé de ma dernière prise de sang faite 6 jours auparavant, pour laquelle j’attendais toujours les résultats. Elle est allée se renseigner, et à son retour, m’a annoncé qu’on allait me déclencher le soir même ! Mon taux avait grimpé à 57 µmol/L, 6 jours auparavant! Selon elle, mon taux actuel pouvait bien avoir dépassé les 100 ! J’étais donc en cholestase sévère depuis au moins une semaine, ma grossesse était devenue très risquée, il fallait déclencher ! Étrangement, j’étais soulagée par la nouvelle. C’était comme si on m’annonçait quelque chose que je savais déjà. Comme si enfin, on m’écoutait ! J’étais outrée d’apprendre que les résultats de ma prise de sang étaient en fait disponibles depuis 3 jours, mais que le laboratoire avait oublié de les faire parvenir à la maternité ! L’assistante avait trouvé étrange de ne toujours pas voir de résultats, et c’est la seule qui s’est donné la peine de téléphoner au laboratoire pour vérifier. Je n’ai pas revu cette assistante, mais je lui dois tellement…

On m’a renvoyée chez moi pour l’après-midi, je devais revenir à 21h pour le déclenchement. Forcément, l’après-midi a été long et stressant : sachant l’état d’avancement de ma cholestase, j’avais hâte d’être sous monitoring pour que mon bébé soit en sécurité ! Finalement, l’accouchement s’est très bien passé et a été « rapide » (du moins pour un déclenchement), malgré mon col toujours bien fermé lorsque je suis arrivée. Mon P’tit Loup était en pleine forme ! Il a juste déclaré un léger ictère dans les jours qui ont suivi, mais le lien avec la cholestase n’est pas certain. Il n’a pas eu besoin de passer sous les lampes. Autant vous dire que les jours suivant sa naissance ont été libérateurs ! Au-delà du bonheur immense qu’est la naissance d’un enfant, quel soulagement ! Pour l’anecdote, mon gynécologue est venu nous voir dans notre chambre de maternité, et nous a avoué avoir eu peur. Il a admis que mon taux était vraiment très haut, et qu’ « il était grand temps que cet enfant naisse ». Quand à mes démangeaisons, elles ont cessé comme par magie juste après sa naissance.

Le besoin de sensibiliser sur la cholestase gravidique

Si je raconte mon histoire aujourd’hui, c’est pour sensibiliser à cette maladie réellement méconnue. Lorsqu’on est enceinte, on entend beaucoup parler de la pré-éclampsie ou du diabète par exemple, mais pas (ou très peu) de la cholestase. Cette maladie étant rare, elle est malheureusement mal connue du personnel médical. J’ai lu des témoignages effarant à ce sujet. Par exemple, une future maman dans son 3ème trimestre de grossesse atteinte de fortes démangeaisons à qui l’on dit de consulter un dermatologue ! Une autre, à 38 SA passées atteinte de cholestase sévère mais qu’on refuse de déclencher ! Suite à des conseils sur un site de soutien concernant cette maladie, elle a fini par se rendre d’elle-même aux urgences d’un autre hôpital, qui après lui avoir fait des analyses, a décidé de la faire accoucher sur le champ ! Ou encore ce témoignage, que je viens de découvrir en rédigeant cet article. Et je vous passe les terribles témoignages de ceux qui ont eu moins de chance, ceux pour qui le manque de prise en charge adaptée a entrainé la perte du bébé :’(

Si je n’avais pas su que les démangeaisons étaient un signe de complication de grossesse, si je n’avais pas été diagnostiquée, ou même si je n’avais pas eu la chance de croiser cette assistante le jour de mon monitoring, l’issue aurait pu être catastrophique. Rien que d’y penser, j’en ai des sueurs froides. Mes pensées les plus sincères vont aux familles qui n’ont pas eu la même chance que nous…

Que faire en prévention ?

Si seulement j’avais su certaines choses dès le début de ma grossesse !

Sur un terrain génétique « favorable », certains facteurs favorisent le déclenchement d’une cholestase gravidique. Notamment, certains médicaments, pourtant prescrits pendant la grossesse, peuvent favoriser son apparition !

Le plus grand coupable est l’Utrogestan. C’est un médicament à base de progestérone, communément prescrit en cas de contractions fréquentes lors de la grossesse. Mon gynécologue m’en a prescrit autour de mes 5 mois de grossesse, car je contractais énormément. J’ai donc pris consciencieusement mes petites capsules, souvent allant jusqu’à la dose quotidienne maximale, terrifiée par l’éventualité d’un accouchement prématuré. Un jour, en lisant plus attentivement la notice du médicament, j’ai vu qu’il n’était pas recommandé passé le premier trimestre de grossesse. Puis, en faisant mes petites recherches, je suis tombée sur cette phrase, sur un bulletin d’information interne au CHU de bordeaux, datant de 1998 :

«  Le problème de ce qui était considéré comme un médicament d’appoint, voire un placebo, est qu’il entraine régulièrement des anomalies du foie avec parfois de véritables cholestases hépatiques chez la mère, théoriquement mal supportées par le foetus. »

Une mise a jour a été publiée en 2003 :

« Les histoires passées, aussi dramatiques fussent elles, ne servent pas toujours de leçon. Il suffit de voir le véritable délire de prescription d’un médicament tel que la progestérone (Utrogestan ®) qui, pendant longtemps, a été prescrite en France à toute femme qui avait des contractions au cours de la grossesse, y compris près du terme, alors que l’indication obstétricale était : menace d’avortement ou prévention d’avortement à répétition par insuffisance lutéale jusqu’à la 12 e semaine de grossesse ».

Cela ne peut être plus clair ! J’ai donc arrêté l’Utrogestan, autour de mes 7 mois de grossesse. Mon gynécologue m’a répondu avoir conscience des risques hépatiques, mais selon lui ils étaient faibles. Il faut croire que sur moi, ça n’a pas loupé ! Ma cholestase s’est déclarée peu après…

Un autre responsable potentiel, pointé du doigt par certains professionnels serait le fer en complément, et particulièrement le Tardyferon. J’en prenais également à cause d’une légère anémie. Après avoir déclaré la cholestase et obtenue cette information, j’ai dû insister auprès de mon gynécologue pour analyser mon taux de fer afin de pouvoir arrêter mes compléments au possible. On ne m’a pas proposé d’alternatives. J’ai pourtant appris par la suite que même dans les cas où les compléments en fer sont indispensables, d’autres marques posent moins de problèmes au foie…

Et enfin, le paracetamol. Une semaine avant de déclarer ma cholestase, une grippe m’a amenée à en consommer. J’ai découvert ensuite qu’il pouvait également jouer un rôle dans le déclenchement de la cholestase.

Ayant de très fortes chances de déclarer à nouveau une cholestase lors d’une prochaine grossesse, voici mes résolutions de prévention pour tenter d’y couper. Ce sont également mes recommandations pour toutes les futures mamans :

  • Dès le début de la grossesse, veiller à manger des aliments naturellement riches en fer, pour prévenir une anémie qui m’obligerait à prendre des compléments.
  • NE SURTOUT PAS PRENDRE D’UTROGESTAN (d’autant plus que d’après certains professionnels, son efficacité quant aux contractions n’est pas prouvée)
  • Eviter au maximum le paracétamol en le remplaçant tant que possible par des remèdes naturels : manger des amandes en cas de mal de tête, me passer un gant d’eau froide sur le front en cas de fièvre…
  • De manière générale, je serai extrêmement prudente avec la prise de médicaments, même ceux autorisés pendant la grossesse. J’essaierai de m’en passer tant que possible, le moins est le mieux… (On le sait déjà, mais on a tendance à l’oublier trop vite).
  • Manger régulièrement du pamplemousse, bon pour le foie :) (Cela m’a été conseillé pendant ma cholestase !)
  • Guetter les démangeaisons, et consulter rapidement au moindre doute pour un bilan hépatique, particulièrement lors du 3ème trimestre de grossesse (mais il me semble qu’ayant déjà eu une cholestase, j’aurai de toutes façons des bilans sanguins réguliers).
  • Choisir, pour mon suivi, un hôpital capable d’analyser les acides biliaires sur place, en peu de temps ! (Je recommande fortement de faire de même à toutes les mamans ayant déjà développé une cholestase lors d’une précédente grossesse).
  • Et bien sûr, pas de contraception hormonale, déconseillée après une cholestase (cela pourrait accroître les risques de récidive pour la grossesse suivante).

Voilà pour mon expérience. Ce n’est pas gai comme sujet, mais j’espère que cet article pourra aider des futures mamans…

Sources et liens pertinents sur le sujet :

A propos de la maladie, des risques et du traitement :

Revue du syndicat national des gynécologues obstétriciens de France : http://syngof.fr/dossiers/cholestase-gravidique/  

http://www.doctissimo.fr/html/grossesse/patho_femme_enceinte/15039-cholestase-gravidique.htm

A propos des médicaments à éviter pendant la grossesse :

http://cholestase-gravidique.blogspot.fr/p/medicaments-eviter-pendant-une-grosesse.html  

A propos de l’utrogestan en particulier : http://www.esculape.com/gynecologie/gorssesse-utrogestan.html

Crédit photo :

Photo de ___steph___. Licence Creative Commons.

 

 

18 réflexions sur “La cholestase gravidique : parlons-en !

  1. Pommereau dit :

    Bonjour
    Moi aussi j’ai eu une cholestase il y a 1an et demi et les sages femmes de chartres ont été géniales surtout une en particulier. Ils m’ont pris en charge tout de suite en découvrant mon problème et m’ont garder pendant1 semaine avant de déclencher mon accouchement. Même si pour les sels biliaires étaient envoyé à Paris, ils ont été parfait avec mon fils et moi et je les remercie. Et bon courage à toutes celles qui subissent cette maladie je sais que c’est dure il faut en parler
    Bisous

  2. Isa dit :

    Bonjour, n’étant qu’a 20 semaine (22 sa) on ne prend même pas la peine de faire un contrôle sanguin. Pourtant depuis quelques jours sans raison apparente démangeaisons et bouton qui s’étend peu à peu. Je ne dors quasiment plus. Les démangeaisons sont insoutenable. J’ai lus le témoignage d’une fille qui l’a eu pour son 1 er enfant à 2 mois. Et comme moi on lui riait au nez. Je suis désespérée, à bout de nerfs, épuisée. Qui plus est je suis une grossesse a risque et j’ai de légère contraction. J’ai ordre de me reposer un max mais comment le faire dans ses conditions… Je n’en peux plus et j’ai peur pour mon bébé.

    • Floriane dit :

      À ta place je « taperais mon scandale » pour l’avoir, mon contrôle sanguin… non mais ! J’ai aussi lu des témoignages de cholestases en début ou milieu de grossesse, c’est tout à fait possible contrairement à ce que disent certain ! Insiste, quitte à faire le pied de grue aux urgences de la maternité ! Courage !

      • Isa dit :

        Coucou Floriane, ça y es, en urgence gynéco-obstétrique ils m’ont fait le bilan sanguin hier tout est bon MAIS comme je n’était pas ajeun je suis revenu ce matin a 7h pour l’analyse acide biliaire. J’ai essayé de les appelé mais pas de réponse. J’ignore quand ils auront les résultat car eux semble vraiment pense à la cholestase. Si c’est ça ils ont dit que je serais hospitalisé. Mon état ne s’est absolument pas amélioré c’est l’horreur. Heureusement hier on m’a donné quelque chose pour dormir et c’est ce que j’ai enfin réussi a faire en étant complètement assommé, mais j’ai enfin pu dormir une nuit. Je te tiendrais au courant. Mon homme et moi sommes très inquiet, dur l’attente. Merci de m’avoir répondu. Hier nerveusement j’étais à bout, j’ai peur pour mon bébé.
        A bientôt.
        Isa

        • Floriane dit :

          Oh comme je te comprends, courage, je suis de tout coeur avec toi, vraiment ! Dur l’attente ! Mais si ça peut te rassurer, j’ai lu de nombreux témoignages de cholestases s’étant déclenchées tôt dans la grossesse avec une fin heureuse. Il y a un groupe Facebook dédié qui pourrait t’aider, ils s’appelle : « cholestase intérépathique gravidique ». Encore une fois, courage ! Et c’est déjà bien d’avoir pu dormir ! Ils ne t’ont pas donné quelque chose pour soulager les démangeaisons ?

          • Isa dit :

            Merci je vais y aller avec plaisir. Non ils ne m’ont rien donné. C’est mon docteur qui n’en revenait pas qu’ils m’aient laissé comme ça qui m’a donné quelque chose pour dormir pour femme enceinte et du dexeryl mais il a été honnête, cette crème ne ferait pas de miracle. A l’hôpital ce matin les infirmières aussi été étonné qu’ils ne m’aient rien donné pour les démangeaisons. La seule chose qui me calme et que j’ai trouvé toute seule c’est le brumisateur, l’effet du froid. J’ai lu hier soir qu’effectivement le froid aidait. Merci pour le groupe .
            Merci de ton soutien
            Heureuse que pour toi tout ce soit bien fini
            Isa

  3. Mathilde dit :

    Bonjour,

    Tu dis, je cite: . Cela fait froid dans le dos ! La mort fœtale in utero est d’autant plus redoutée qu’elle peut survenir à tout moment, même lorsque la surveillance est normale (monitoring du bébé ok, acides biliaires dans le sang inférieurs à 40 µmol/L). Le risque augmente très fortement au moment des 37 SA (il est presque décuplé !)

    D’où tiens tu ces informations ? Sont elles scientifiques, sourcées ?

    Je suis a 39 sa aujourd’hui et on m’a découvert une cholestase il y a un peu plus d’un mois: prise de sang (transaminases + acides bilaires) tous les lundis, ainsi que 3 monitorings par semaine.

    Les monitos sont bons, et mes résultats sanguins en amélioration depuis que je prends Deruslan (même si les taux restent un peu élevés par rapport à la norme).

    Bref, à l’hôpital où je suis suivie il n’est pas question de déclenchement car la cholestase a été détectée à un stade avancé, et mon suivi semble rassurant ou pour le moins encourageant…

    Mais à lire tous ces témoignages sur le net, on est plus que sur le qui vive alors que spontanément je suis de nature à faire confiance au corps médical.

    Donc, je me répète, d’où tiens tu cette info que malgré une surveillance normale il peut bel et bien avoir mort foetale ?

    Merci.

    • Floriane dit :

      Bonjour,
      Cette information provient d’une revue du syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France, que j’ai d’ailleurs citée dans mes sources : http://syngof.fr/dossiers/cholestase-gravidique/
      Je cite : « La MFIU est d’autant plus redoutée qu’elle peut survenir à tout moment chez un enfant eutrophe dont la surveillance est normale (RCF, mouvements fœtaux actifs, Manning, Sels biliaires maternels < 40 micromoles/L)." A propos du déclenchement, il est écrit : "La majorité des auteurs préconisaient donc un déclenchement à 37 SA lorsque les signes de maturité pulmonaires étaient atteints. Cependant, pour certains auteurs une remise en question de l’attitude prophylactique d’extraction systématique vers 37 SA a été discutée et cela avec l’apparition du traitement par acide ursodésoxycholique. Si celui-ci était efficacement mis en place et associé à une normalisation du tableau clinique et biologique, une attitude plus expectative était proposée. En faveur de cette attitude, on opposait la morbidité maternelle et fœtale induite par un déclenchement trop précoce ou les séquelles possibles d’une césarienne prophylactique pratiquée avant le terme. Actuellement, la prudence demeure et l’on s’oriente dans tous les cas vers une attitude prudente sans dépasser le terme de 39 SA, date à laquelle les conditions obstétricales sont en général réunies pour un déclenchement." A ta place j'insisterai pour être déclenchée, quitte à rendre l'avis d'une autre clinique, d'un autre médecin... J'ai lu le témoignage d'une maman dont l'hopital prenait le cas à la légère, elle est allée voir ailleurs et on l'a gardée sur place pour un déclenchement immédiat ! Pour ma part, mon gynécologue m'avait parlé d'un déclenchement à 37 SA, puis quelques jours avant, a décidé de reculer à 38 SA + 5 jours car mon col était vraiment fermé. (Dans tous les cas il n'a jamais parlé de dépasser 39 SA !) Je ne le sentais pas, j'ai insisté pour avoir mes résultats de prise de sang qui tardaient à arriver (une semaine de délai à chaque fois, je ne sais pas comment c'est chez toi...) Résultat : par chance une sage femme lors d'un monito m'a écoutée, a insisté pour avoir mes résultats, mes taux avaient flambés et on m'a annoncé dans la foulée le déclenchement pour le soir même ! J'étais à un taux de 57 une semaine auparavant, donc probablement au dessus de 100 ! Mon gynéco m'a ensuite avoué avoir eu peur, que ça avait été limite... Tout ça pour dire : à ce stade, oui ça peut flamber à tout moment. Le bébé est "fini", il peut vivre sans problème. Alors même si je préfère largement que l'accouchement se déclenche naturellement, si je refaisais une cholestase, je ne prendrais pas de risque, surtout pas au dessus de 39 SA... Je te souhaite beaucoup de courage pour cette fin de grossesse difficile !

      • mathilde dit :

        Merci pour ta réponse.

        Mes taux d’acides bilaires etant en baisse constante (12 puis 8 puis 7 jusqu’alors) j’ai fait confiance à l’équipe médicale jusqu’alors. J’ai quand même l’impression d’être bien suivie, de près/

        Par contre mais démangeaisons (qui s’étaient calmées très nettement, voire que je ne ressentais plus) repartent de plus belle depuis 2/3 jours.

        Par chance je n’attends jamais si longtemps pour avoir mes résultats de prise de sang! Cela ne demande que 24h, je serai donc fixée demain! S’ils ont augmenté, et ce malgré le traitement, je demanderai alors à être déclenchée, d’autant plus que mon col est court et ouvert presque à 3..

        Quelle angoisse cette fin de grossesse !

        • Floriane dit :

          Effectivement tes taux sont vraiment bas, c’est super ! (moi j’oscillais autour de 20, pour te donner une idée)… Et avec un résultat de prise de sang si rapide, effectivement je comprends la décision des médecins. Je pense que tu fais ce qu’il faut. Courage, je sais que ce n’est pas facile !

          • mathilde dit :

            Oui, c’est en effet une cholestase minime. Les médecins ne cessent de me le répéter. Mais il y a toujours un léger fond d’inquiétude malgré tout, et d’impatience avec la date prévue d’accouchement qui approche !!

            Je ne veux plus entendre parler de cholestase, mais juste tenir mon bébé dans mes bras maintenant.

            Merci en tout cas pour ton partage d’expérience !

  4. mathilde dit :

    Bonsoir,

    Comme je le pressentais, mes taux d’acides bilaires sont en augmentation… Je serai donc déclenchée jeudi matin. C’est une délivrance !

    Notre nouvelle vie (et oui, premier bébé) commence maintenant. Au revoir cholestase, bonjour bébé !!

    • Floriane dit :

      Je comprends ton soulagement, j’avais ressenti la même chose quand on m’avait annoncé le déclenchement !
      Je te souhaite un bel accouchement, et une superbe rencontre avec ton bébé ! :) Tu vas voir ca fait tellement de bien de dire au revoir à cette fichue cholestase 😉

  5. Alis dit :

    Bonjour J ai moi aussi une cholestase gravidique avec des monito tout les 48h parcontre pour la prochaine prise de sang je doit attendre lundi prochain( 2 semaines )sa me semble tellement long surtout que je suis déjà de 36sa qu en pensez vous ? Je m inquite énormément merci bcp

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