Le cododo : mythes et réalités

« C’est là qu’il dort, le petit ?

Et, devant l’acquiescement muet, il insiste :

La nuit aussi ? …

Mais – il explose d’indignation –

Ça veut dire qu’ici, à Milan, les tout-petits ne dorment pas avec leurs parents ?

Qui est-ce qui s’en occupe alors ? »

José Luis Sampedro, Le sourire étrusque

Le terme « cododo », aussi appelé « co-sleeping » ou « sommeil partagé », est un terme récent qui qualifie le fait de dormir avec son bébé/bambin. Ce peut-être en faisant dormir le bébé dans un petit lit posé à côté du lit des parents, dans un petit lit accolé au lit parental et ouvert dessus pour plus de proximité (souvent appelé lit en « side car »), ou encore directement dans le lit parental (« partage de lit »).

Bien que cette pratique ancestrale soit considérée tout à fait normale et naturelle dans la majeure partie du monde (expliquez à un chinois ou un japonais qu’en France, la grande majorité des bébés font chambre à part, il sera très surpris voire choqué !), elle fait l’objet de violentes critiques dans nos sociétés occidentales, si bien que nombreux sont les parents qui n’osent pas avouer en être adeptes. Pourtant, le cododo est une pratique parfaitement saine, qui présente de nombreux avantages et bienfaits !

Le point, entre mythes et réalités, sur le cododo…

cododo

MYTHES

« Le cododo augmente le risque de mort subite du nourrisson »

On parle souvent du risque d’écrasement du bébé par l’un des parents, ou du risque d’étouffement dans les couettes ou oreillers. C’est un argument massue pour faire peur aux parents, mais il n’est pas valable ! Effectivement, des règles de sécurité sont à respecter… tout comme pour le sommeil solitaire ! Le cododo dans le lit parental ne devrait pas être pratiqué si la maman n’allaite pas, si l’un des parents est fumeur, a consommé de l’alcool ou des drogues, est excessivement fatigué. Il faut faire attention à la literie : un matelas suffisamment ferme, pas de lourde couette, pas d’oreiller à proximité du bébé, placer le bébé du côté de la mère allaitante (sa vigilance étant plus grande que celle du père grâce aux hormones induites par l’allaitement), prévoir une barrière de lit ou un mur du côté du bébé, veiller à ce qu’il n’y ait pas de trou entre le lit et le mur dans lequel le bébé pourrait tomber/se coincer. Dans l’immense majorité des accidents qui ont eu lieu dans le lit parental, ces règles n’étaient pas respectées, ce qui fausse certaines études sur le sujet. Le sommeil partagé n’est pas un facteur de risque de mort subite du nourrisson. C’est sa mauvaise pratique qui peut être dangereuse. Quand une telle tragédie sévit en sommeil solitaire, on dit que c’est une mort inexpliquée, ou alors que les règles de sécurité n‘avaient pas été respectées (présence d’un tour de lit, matelas trop mou, ou température de la pièce trop élevée par exemple). On ne remet pas en cause le sommeil solitaire en lui-même. Mais lorsque cela arrive dans le lit parental, c’est immédiatement le sommeil partagé qui en est la cause ! Pourtant, si l’on fait bien attention aux règles mentionnées plus haut, le cododo, au contraire, diminue le risque de mort subite du nourrisson ! Je reviendrai plus en détail sur ce point par la suite. Pour tordre le cou aux idées reçues, je me permets de préciser que l’OMS, l’UNICEF et la COFAM (coordination française pour l’allaitement maternel) recommandent le partage de chambre pendant les 6 premiers mois pour diminuer le risque de mort subite du nourrisson, et fournissent une liste détaillée des règles de sécurité à adopter pour le partage de lit en toute sécurité…

 « Le cododo entrave la vie de couple »

Quand des parents « avouent » pratiquer le cododo, ils voient souvent leur entourage s’inquiéter ou juger de la qualité de leur vie intime. Pourtant, il n’y a pas que la chambre parentale dans une habitation, ni que les nuits dans une journée de 24 heures! L’arrivée d’un enfant change de toutes façons les choses à ce niveau, cododo ou non. Les parents doivent attendre que le bébé dorme pour pouvoir se retrouver. Qu’importe alors, qu’il dorme dans la chambre parentale ou ailleurs ? Dans les deux cas, il suffit juste d’aller là où il n’est pas ! De nombreux parents pratiquant le cododo affirment même que cela leur a permis de pimenter leur vie sexuelle, en les obligeant à faire preuve de plus d’imagination !

« Le cododo empêche l’enfant de grandir et de devenir autonome »

Le cododo est largement pratiqué dans la majeure partie du monde, souvent pendant des années. Si tous les petits africains ou les petits asiatiques avaient des problèmes d’autonomie et restaient accrochés à leurs parents, cela se saurait ! Au contraire, le cododo permet de répondre aux besoins affectifs de l’enfant. Il lui permet de se sentir en sécurité, lui donne confiance, et c’est justement cette base de sécurité  qui lui permettra de développer son autonomie ! Selon la théorie de l’attachement : « ce n’est que quand ses besoins de proximité sont satisfaits qu’un individu peut s’éloigner de sa figure d’attachement pour explorer le monde extérieur ». Le cododo favorise un attachement sécurisé, tremplin vers l’autonomie :)

De plus, si on les laisse faire, tous les petits enfants manifestent un jour le besoin de prendre leur indépendance du lit de leurs parents. De même qu’on parle du sevrage naturel du sein, on pourrait parler de « sevrage naturel du lit parental » (en moyenne autour de l’âge de 3 ans). On n’a jamais vu d’adolescent ayant besoin de ses parents pour dormir !

« Le cododo est malsain : il y a un risque de dérive incestueuse »

Il va loin celui-là, mais malheureusement ce mythe est répandu !

L’inceste est contre-nature, or le sommeil partagé est tout à fait naturel pour notre espèce. D’après les ethnologues, l’attachement rend la relation sexuelle impossible. Le cododo favorisant un lien attachement fort et sain, il serait donc plutôt un facteur de prévention. Les parents qui affligent des violences incestueuses à leurs enfants n’en arrivent pas là à force d’une trop grande proximité quotidienne ! C’est le résultat de troubles psychologiques bien à part. Un adulte qui a une personnalité équilibrée ne sera jamais attiré de cette manière par son enfant, même en étant très proche de lui… Partager le sommeil de son tout petit n’a rien de malsain ni d’incestueux !

 

REALITES

Le cododo est la norme biologique de notre espèce

Les bébés sont génétiquement programmés pour dormir en compagnie de leur mère. C’est le résultat de la sélection naturelle opérée sur des centaines de milliers d’années. Où pensez-vous que les bébés dormaient il y a 100 000 ans ? Contre leur mère bien sûr. On imagine mal des parents en pleine jungle laissant leur bébé 3 arbres plus loin pour qu’il dorme seul ! Qu’arrivait-il à ceux qui étaient laissés seuls et ne pleuraient pas ou peu à leur réveil ? Ils avaient toutes les chances de mourir sur place !

Le journalisme Robert Wright a joliment écrit à ce propos dans le Times en 1997 :

 « Peut-être bien que le cerveau des bébés a été façonné par des millions d’années de sélection      naturelle où les mères dormaient avec leurs bébés. Peut-être bien qu’autrefois, si un bébé se retrouvait tout seul la nuit, c’était souvent très mauvais signe (la mère avait pu être dévorée par une bête sauvage, par exemple). Peut-être bien que le cerveau des tout-petits est programmé pour réagir à cette situation en hurlant, de sorte que toute personne proche l’entende et puisse le trouver. Bref, peut-être bien que si les enfants laissés seuls semblent terrifiés, c’est tout simplement parce qu’ils sont naturellement terrifiés ».

Si l’on observe les chimpanzés à l’heure actuelle, espèce proche de l’homme, les petits dorment contre leur mère jusqu’à leurs 5 ans environ.

En Europe, faire dormir le bébé dans une chambre séparée est une pratique considérée comme « la norme » uniquement depuis seulement un siècle ! Et il y a un siècle, encore beaucoup de bébés dormaient dans un berceau posé à côté du lit de leurs parents, et rejoignaient le lit conjugal pour finir la nuit à l’occasion des tétées nocturnes. Alors, parler du sommeil partagé chez l’homme, une pratique vieille comme le monde, comme d’une nouvelle mode farfelue, voilà qui est fou !

Le cododo ailleurs dans le monde

Il n’y a vraiment que dans les sociétés occidentales que le sommeil partagé fait débat. Dans les sociétés traditionnelles (vivant en petits groupes sans eau courante ni électricité), aucun cas de séparation maman-bébé avant l’âge d’1 an n’a été recensé. Dans les sociétés industrialisées asiatiques, africaines, sud-américaine, le cododo est considéré comme la norme. En Chine par exemple, 90% des bébés de 3 mois dorment dans le lit de leur mère. Sur une étude coréenne portant sur des enfants âgés de 12 mois à 7 ans, 88% d’entre eux dormaient dans le lit de leurs parents. Au japon, le cododo est appelé « Kawa », ce qui signifie « rivière entre les berges » : la symbolique de l’enfant protégé par ses deux parents. Il est pratiqué par la grande majorité des familles pendant 2-3 ans, le bébé/bambin et ses parents partageant un futon. Je me souviens d’avoir vu dans une émission concernant le cododo une mère africaine vivant en France témoigner que d’où elle venait, il n’y avait même pas de terme tel « cododo » pour décrire le fait de dormir avec son bébé, tellement c’était « normal ». Dans ces sociétés, « étrangement », on ne recense pas autant de « problèmes de sommeil » des bébés que chez nous !

Le cododo permet de répondre parfaitement aux besoins nocturnes du bébé…

Le bébé humain est particulièrement immature et vulnérable. Les spécialistes affirment qu’il naîtrait « prématuré d’un an », si l’on compare son niveau de développement à la naissance à celui des autres mammifères. D’où son grand besoin de contacts physiques, particulièrement avec sa mère, pour assurer la transition entre le monde intra-utérin et le monde extérieur ! La chaleur de son corps, le bruit des battements de son cœur, son odeur, sont pour lui d’un grand réconfort. Le néo-natologiste sud-africain Nils Bergman affirme que le corps de sa mère est « l’habitat naturel » du bébé. L’homme est un animal dit « primate porté », ce qui signifie que le bébé a besoin d’être contre le corps de sa mère pour se sentir en sécurité. Par opposition aux espèces dites « nidicoles », où les petits sont laissés de longues heures seuls dans des nids ou terriers. Ce besoin de proximité est physiologique et ne se limite pas au sentiment de réassurance. Chez le très jeune bébé, cette proximité contribue à régulariser sa respiration, son sommeil, ses modes d’éveil, son rythme cardiaque et sa température ! Une étude a montré en 1998 que le contact en peau à peau de la mère et son bébé pouvait réduire la production d’hormones de stress de 74% ! Or un stress élevé chez le bébé peut avoir un impact sur ses capacités digestives, sa croissance, et même son développement cérébral. Au contraire, des contacts physiques fréquents sont bénéfiques pour lui tant sur les sur plans physique (une meilleure croissance), qu’émotif (une plus grande sécurité affective) et intellectuel (un meilleur développement cérébral), comme l’affirme le Dr Ashley Montagu dans son livre « Les bienfaits du toucher ». Le besoin de proximité du bébé est donc réel. Pourquoi disparaîtrait-il pendant 10 heures chaque nuit ? Le cododo assure la continuité de cette proximité la nuit J Ou, si la maman reprend le travail, il permet de rattraper le temps perdu le jour ! Le bébé fait ainsi le « plein de sa maman » la nuit (et la maman le « plein de son bébé ») :)

Le bébé a également besoin de tétées fréquentes, y compris la nuit. Les bébés qui dorment à proximité de leur mère ont tendance à téter plus souvent que ceux dormant dans une pièce séparée, sans se réveiller vraiment, ce qui est excellent pour leur prise de poids (le lait maternel étant d’ailleurs plus nourrissant la nuit) comme pour leur sommeil ! Ces tétées nocturnes sont également importantes pour la mise en place et le maintien de la lactation les premiers mois, conditions d’un allaitement réussi ! (Il est intéressant de noter que les femmes pratiquant le cododo allaitent statistiquement plus longtemps que les autres…)

Il faut prendre conscience qu’il est complètement illusoire et erroné de penser qu’un bébé devrait dormir des nuits complètes à partir de l’âge de 3 mois/à partir du moment où il pèse 5 kg, comme on peut fréquemment l’entendre. Le bébé a besoin de se réveiller la nuit bien au-delà, pour diverses raisons (se nourrir, se rassurer, en protection de la mort subite du nourrisson, pour son développement cérébral…). Je vous invite à lire mon article sur le sommeil des bébés, ou j’en parle plus longuement. Pour son bien-être et son bon développement, mieux vaut ne pas lui mettre de pression pour qu’il « fasse ses nuits » et respecter son rythme. Or ce rythme peut être très difficile à tenir si l’on dort dans une pièce séparée ! Il est alors tentant de suivre les méthodes de type « 5-10-15 » qui prônent de laisser pleurer le bébé pour qu’il « apprenne à faire ses nuits ». Attention, ces méthodes, en plus d’être abominablement cruelles, ne sont pas sans conséquences sur le bien-être psychologique futur du bébé. Je vous invite à lire mon article sur le sujet. Le cododo, au contraire, permet de respecter le rythme et le développement de l’enfant, de répondre à ses besoins sans restrictions, sans subir la fatigue qui pourrait en découler.

Le Dr William Sears, pédiatre canadien, dit dans son livre « Être parent la nuit aussi » :

« Le bébé humain fait partie d’une espèce qui a besoin de contact continu. La composition du lait de chaque espèce donne des indices sur le type de soins maternels spécifiques à cette espèce. Les animaux qui laissent leurs petits pendant des périodes prolongées produisent un lait riche en matières grasses et en protéines, qui satisfait les besoins du petit pendant une période relativement longue entre les tétées. Le lait humain est plutôt pauvre en matières grasses et en protéines, ce qui nécessite des tétées fréquentes, apparemment continuelles. Le bébé humain est fait pour être porté le jour et blotti contre sa mère la nuit, et non pour dormir séparé d’elle avant d’y être prêt. »

… tout en étant bien reposé (ou en en limitant la fatigue) !

La mère qui allaite et dort avec son bébé voit ses cycles de sommeil se synchroniser sur ceux de son bébé. Oui, la nature est bien faite ! Ainsi, lorsque le bébé se réveille à la fin d’un cycle de sommeil, il est fort probable que sa mère soit en phase de sommeil léger ou transitionnel, ce qui lui permet d’aider son bébé à se rendormir (la plupart du temps en l’allaitant) sans que son sommeil n’en souffre. De plus, la tétée en elle-même, de par les hormones qu’elle libère chez la mère, favorise sa détente et l’aide à se rendormir ! La mère comme le bébé se réveillent à peine et se rendorment presque aussitôt pendant la tétée. Et puis parfois, une simple main posée sur le bébé qui commence à se réveiller suffit à l’apaiser et à le rendormir. Le père dort mieux également, puisqu’en général tout cela se fait presque sans bruit. Souvent, il ne se réveille pas du tout ! Je peux témoigner que le papa de mon P’tit Loup m’a souvent dit avoir dormi d’une traite et pensait au matin que bébé avait fait sa nuit, alors qu’en réalité il avait tété plusieurs fois…

Il est évident qu’il est bien moins fatigant de s’occuper de son bébé la nuit sans se lever de son lit ni sans s’éveiller complètement, plutôt que d’être tiré d’un sommeil profond et de devoir changer de pièce pour allaiter dans un fauteuil ou préparer un biberon ! Avec le cododo, sauf cas exceptionnels (maladie, douleurs…), pas de crises de pleurs, la nuit n’est pas coupée par des réveils prolongés si épuisants pour les parents ! Dormant toujours partiellement avec mon bébé de 15 mois (toutes les nuits après son premier réveil), je peux honnêtement dire que la grande majorité du temps, je suis incapable au matin de savoir de manière certaine combien de fois il a tété, ni même s’il s’est réveillé ou non ! Il m’est arrivé un certain nombre de fois d’affirmer très sûre de moi qu’il ne s’était pas du tout réveillé, et d’être contredite par son papa qui m’avait vu l’allaiter ! C’est que cela ne devait pas être trop dérangeant pour moi 😉 Ou encore, le coucher dans un petit lit près du nôtre, et le câliner au matin dans notre lit sans aucun souvenir, ni pour moi ni pour le papa, du moment où il est venu nous rejoindre 😉 En revanche, en cas de réveil prolongé (dû par exemple à des douleurs dentaires), je sens nettement la différence au niveau de la fatigue ! Je précise que cette harmonie prend un peu de temps à se mettre en place. Evidemment, les premières semaines, on n’a pas encore acquis l’aisance suffisante pour allaiter couchée sans vraiment se réveiller, et du coup les réveils sont plus pénibles…

Et le meilleur pour la fin : les grasses matinées ! Jusqu’aux 4-5 mois de mon P’tit Loup (et parfois même après occasionnellement), je me réveillais pour de bon et me levais pour commencer ma journée à 10 heures passées ! Voire parfois 11 heures ! Alors qu’on m’avait tellement dit que les grasses matinées seraient de l’histoire ancienne avec un bébé 😉 Lorsqu’il se réveillait au petit matin, je le prenais dans mon lit, le mettais au sein, et c’était reparti pour quelques heures de sommeil supplémentaire :) Lorsque j’entendais d’autres mamans se plaindre de fatigue parce que leur bébé s’était réveillé à 6 heures du matin, je me disais que je ne connaissais vraiment pas ce problème… Forcément, s’il faut se lever, il est difficile de se rendormir ensuite, même si le bébé se rendort une heure plus tard pour une sieste (ce qui est courant à ces âges)… Tous petits, ils dorment une bonne partie de la journée. Plutôt que de les lever, les nourrir et les recoucher, autant les nourrir couchée si c’est possible !

En bref, le duo cododo/allaitement permet aux parents de dormir des nuits complètes (ou presque), même si le bébé ne « fait pas ses nuits ». C’est donc à la fois un moyen de répondre au plus près aux besoins de son bébé, et d’être bien reposé. N’est-ce pas merveilleux ?

Des nuits plus sereines pour tout le monde

Pour le bébé…

De nombreux adultes avouent avoir peur du noir, une appréhension pour dormir seuls… J’avoue moi-même mieux dormir en compagnie de mon mari que seule ! Alors pourquoi attendre des bébés de vaincre ces craintes, alors qu’ils sont encore si petits ? Pourquoi leur demander de dormir seuls, alors que nous les parents dormons ensemble ? Quoi de plus rassurant pour eux que de dormir au contact de leurs parents, au bruit de leurs respirations ? De plus, ils n’ont pas encore acquis la notion de permanence de l’objet, notion qu’ils commencent à acquérir à la fin de la première année, mais qui ne sera totalement acquise vers 18 mois-2 ans seulement. C’est elle qui leur permet de comprendre que leurs parents sont présents dans la pièce voisine lorsqu’ils se réveillent seuls. Avant cet âge, ils paniquent rapidement (notamment lors des épisodes « d’angoisse de séparation ») car celui qui n’est pas près d’eux n’existe pas pour eux. Ils craignent à chaque fois d’être abandonnés pour toujours… En partageant le sommeil de leurs parents, les bébés sont rassurés par leur présence et dorment mieux. La plupart du temps, ils se rendorment avant de s’être réveillés complètement. Ils n’ont pas besoin de pleurer pour voir leurs besoins satisfaits. Un éventuel problème inhabituel (nez obstrué, fièvre, douleur dentaire, …) sera détecté et traité très vite par les parents, ce qui rendra l’expérience pour le bébé bien moins stressante et douloureuse.

Et pour les parents !

Combien de parents avouent s’être levés plusieurs fois lors des premières nuits de leur bébé, inquiets, pour vérifier qu’il respirait toujours ? Ou s’être rués dans sa chambre, paniqués, la première fois qu’il a dormi une nuit complète ? Le cododo rassure le bébé, mais aussi les parents 😉 On entend sa respiration, on le voit, on peut mettre une main sur lui pour vérifier qu’il n’a pas trop chaud ou trop froid… tout cela sans se lever :)

Pratiqué dans les règles de sécurité, le cododo diminue le risque de mort subite du nourrisson

Lors des premiers mois, la respiration du bébé est encore immature : elle est irrégulière, avec des épisodes d’apnée du sommeil. Le bébé est pourvu d’un réflexe protecteur qui l’aide à se réveiller en réaction à une apnée qui le mettrait en danger. La mort subite du nourrisson serait la conséquence d’un mal-fonctionnement de ce réflexe : le bébé ne parvient pas à se réveiller lors d’un problème respiratoire.

Les bébés n’ont pas les mêmes cycles de sommeil selon qu’ils dorment seuls ou avec leurs parents. Les bébés dormant seuls ont davantage de phases de sommeil profond et cumulent des plages de sommeil plus longues, à un âge où leurs mécanismes d’éveils ne sont pas encore au point. Au contraire, les bébés qui dorment dans la même pièce que leurs parents cumulent plus de phases de sommeil léger (aussi appelé « actif ») et ont ainsi tendance à se réveiller plus souvent. De plus, le sommeil actif stimule la respiration et le rythme cardiaque. Il a ainsi un effet protecteur important sur la mort subite du nourrisson. De plus, lorsque les parents sont proches de leur bébé, leurs propres respirations stimulent celle du bébé, et celui-ci a moins de risques d’ « oublier de respirer ». Enfin, en dormant près de leurs bébés, les parents sont évidemment plus vigilants et détectent bien plus facilement et rapidement une anomalie ! Une main sur lui suffit à sentir s’il n’a pas trop chaud ou trop froid, un nez obstrué est vite détecté, et dans les cas les plus critiques, il y a bien plus de chances de sauver le bébé (je me souviens encore de mon P’tit Loup s’étouffant dans du liquide amniotique à la maternité, heureusement qu’il était tout près de moi !)… Des études ont montré que le taux de morts subites du nourrisson est environ 3 à 4 fois plus élevé dans les cultures où les mères ne dorment pas avec leurs bébés ! Pour ces raisons, l’OMS et l’UNICEF recommandent de garder le bébé dans la chambre parentale les 6 premiers mois ! En 1996, une étude néo-zélandaise portant sur 2000 bébés a conclu que si tous les bébés partageaient la chambre de leurs parents pendant au moins 6 mois, un quart des morts subites du nourrisson pourraient être évitées ! Certains spécialistes vont même plus loin en recommandant de partager la chambre de son bébé pendant au moins 1 an.

Un lien d’attachement sécurisé

Le cododo, comme les autres pratiques de maternage proximal (portage, allaitement à la demande, réponse prompte aux pleurs…) contribue à établir une relation harmonieuse et de confiance entre le bébé et ses parents. Comme expliqué précédemment, cela contribue à développer un attachement sécurisé, qui aidera l’enfant à prendre son autonomie le moment venu :) Á plus long terme, les bébés ayant développé un lien d’attachement fort avec leurs parents deviennent des enfants puis des adultes plus confiants, moins anxieux, et ayant une meilleure estime d’eux même. Le cododo est également associé à une meilleure qualité de sommeil une fois adulte, le sommeil étant lié dans l’inconscient à un moment agréable et non à une séparation effrayante. Des études menées sur des adultes ayant partagé le sommeil de leurs parents étant petits le confirment. Une étude anglaise a conclu que les enfants qui n’avaient jamais dormi dans le lit de leurs parents avaient tendance à être « plus durs, moins heureux, à faire plus de crises de colère, à être plus craintifs, à moins bien gérer le stress et à être plus dépendants » que ceux qui partageaient le lit de leurs parents toute la nuit. Une autre étude plus récente portant sur 1400 enfants américains de 5 groupes ethniques différents a conclu que quelque soit le groupe ethnique, les adultes qui avaient partagé le sommeil de leurs parents se sentaient plus satisfaits de leur vie. Quelle belle conclusion !

Apprendre à s’attacher aux personnes plutôt qu’aux choses

Un avantage « pratique » du cododo, est que l’arrangement de sommeil n’est pas difficile à transposer lorsque l’on passe une nuit en dehors de la maison ! Du moment que papa et maman sont là, le bébé a ses repères et ne se laisse pas perturber outre mesure :) L’oubli du doudou, du mobile ou de la veilleuse (s’il y en a) n’est généralement pas dramatique ! Plus sérieusement, apprendre à son enfant à partager son sommeil avec les personnes qu’il aime n’est-il pas un merveilleux cadeau pour l’avenir ? Nous ne lui souhaitons pas un sommeil solitaire une fois adulte, n’est-ce pas ?

Je vous laisse méditer sur cette citation du Dr Sears (Du livre « Être parent la nuit aussi» ) :

« […] les adolescents et les adultes d’aujourd’hui ont souvent de la difficulté à établir d’authentiques relations intimes avec une autre personne. Les oursons de peluche et les biberons nous ont aidés à élever une génération de personnes attachées avant tout à des biens matériels. Le sommeil partagé apprend à l’enfant à se sentir confortable lorsqu’il est en contact physique avec une personne ; il ne remplace pas les personnes par des objets. »

Quelques études menées sur des adultes ayant dormi avec leurs parents étant petits tendent à confirmer l’impact positif du cododo sur la vie intime future des enfants en ayant bénéficié. Une étude réalisée chez des étudiants a ainsi conclu que les jeunes hommes ayant bénéficié du cododo avaient une vie sexuelle plus riche. Pour les jeunes femmes, le sommeil partagé était associé à une moindre gêne face aux contacts physiques et aux marques d’affection.

Un bonheur partagé !

Il ne s’agit là que de mon opinion personnelle, mais je ne peux m’empêcher de penser que les parents qui ne pratiquent pas du tout le cododo passent à côté de quelque chose avec leur(s) enfant(s). Comment décrire le bonheur de sentir son bébé se blottir contre soi pendant son sommeil, de le sentir s’apaiser à notre contact, de voir son sourire et son regard illuminé à son réveil quand il nous voit là tout près de lui ? Au matin, les câlins au lit, le bébé qui nous grimpe dessus, les batailles de chatouilles aussi :) Ces moments tendres et complices à 3 qui resteront à vie des souvenirs si forts. En ce moment, mon P’tit Loup de 15 mois fait régulièrement la chose suivante : il se réveille légèrement, s’assoit, se recouche en posant sa tête sur mon ventre et se rendort. Á son réveil le matin, il nous grimpe dessus et nous fait des bisous ! Récemment, j’ai eu l’heureuse surprise de me réveiller en le trouvant endormi sur moi dans mes bras. Que de marques d’amour ! Comment ne pas fondre ?

Le cododo en pratique : combien de temps cela va-t-il durer et comment va se faire la transition?

Nous l’avons vu, il existe différents arrangements possibles, qui peuvent eux-mêmes être cumulés entre eux (par exemple, le bébé dort dans un lit séparé en début de nuit, puis rejoint le lit parental au premier réveil). Les possibilités sont nombreuses ! En général, les arrangements du sommeil partagé évoluent au fil du temps. Les parents les adaptent en fonction de l’évolution des besoins de leurs bébés et des leurs. En effet, ce qui convient pour un bébé de 3 mois ne conviendra peut être plus à 6 mois ou à 12. Pour diverses raisons, on peut à un moment ou à un autre ressentir le besoin de faire autrement : le bébé prend trop de place dans le lit, bouge trop, a besoin de plus d’espace, les parents ont envie de retrouver plus d’intimité dans leur chambre le soir… Il est important que tout le monde y trouve son compte et d’écouter les besoins de chacun ! Les arrangements en cododo sont propres à chaque famille et à chaque situation. Il n’y a pas de recette toute faite, à chacun sa solution. L’essentiel étant qu’elle convienne à tous.

Quand et si l’on ressent le besoin d’arrêter (il est important de reconnaître ses limites et de ne pas se forcer pour l’enfant si l’on n’est plus heureux de la situation), il n’est évidemment pas question d’envoyer du jour au lendemain le bébé habitué au lit parental seul dans sa chambre pour toute la nuit ! Je le précise car c’est souvent un argument avancé contre le cododo : « le bébé ne voudra jamais rejoindre sa chambre ». La coupure se fait progressivement, et pour cela il y a une multitude de solutions possibles : dans un premier temps, le bébé peut être transféré dans un petit lit ou un matelas à côté du lit parental, commencer la nuit dans sa chambre et rejoindre ses parents au premier réveil, être rejoint dans sa chambre en cours de nuit par l’un des parents, ou encore, s’il est plus grand, dormir dans sa chambre mais en ayant la permission de venir se coucher quand il le souhaite sur un matelas au sol dans la chambre parentale… Il pourra y avoir des retours en arrière ponctuels en cas de cauchemars ou maladie, ils sont tout à fait normaux. Pour les parents aussi, cette transition progressive est souvent bénéfique : on s’habitue très bien à avoir notre petit bout près de nous, et il laisse un vide derrière lui ! En général, les choses se font très naturellement, tout en douceur, et tout se passe bien :)

En ce qui concerne la durée, les 6 premiers mois sont nécessaires pour prévenir la mort subite du nourrisson, au moins en partage de chambre. Ensuite, c’est un choix personnel. Pendant les périodes d’angoisses de séparation, qui vont et viennent entre l’âge de 9 et 18 mois environ, le sommeil partagé est d’une grande aide. Certaines familles pratiquent le cododo pendant des années, parfois même après l’arrivée d’un second bébé ! A quatre dans un lit King Size par exemple, ou alors le bébé dans le lit parental et l’aîné sur un matelas au sol à côté ou un lit, ou encore un grand matelas au sol pour toute la famille auquel ou ajoute des « extensions »… Un avantage du cododo pour les petits enfants est qu’ils sont rapidement et facilement rassurés lorsqu’ils font des cauchemars. Tant que toute la famille y trouve son compte, il n’y a pas de raison particulière d’arrêter. Je l’ai déjà évoqué, tous les enfants manifestent un jour ou l’autre le besoin de dormir seuls. Certains parents attendent simplement ce « servage naturel » du cododo pour y mettre fin :) Souvent dans ce cas, les enfants quittent la chambre parentale en même temps, et en réalité continuent le cododo, mais entre frères et sœurs !

Mon expérience et celle d’autres mamans

Pour la naissance de mon P’tit Loup, nous avions prévu un « berceau cododo » (petit lit en side-car accolé à notre lit). Nous avions bien l’intention de l’y laisser toute la nuit, ayant des préjugés sur l’insécurité du partage de lit et ayant peur de lui donner de « mauvaises habitudes ». En pratique, la tétée agissant sur moi comme un somnifère, il m’est arrivé souvent de m’endormir en cours de tétée et de me réveiller quelques heures après en constatant que mon P’tit Loup était à mes côtés. Pour le coup, ce n’était pas sécuritaire, car il était trop couvert (turbulette avec parfois un bout de ma couverture), et je n’étais pas consciente de sa présence. J’ai essayé quelques fois de le remettre dans son lit à ce moment, et je le réveillais ! Par la suite, j’essayais à tout prix de ne pas m’endormir en cours de tétée, souvent sans succès ! Ou alors, je parvenais à rester éveillée, mais ensuite je devais m’y reprendre à 3 ou 4 fois pour le remettre dans son lit sans le réveiller. Quand j’y repense, que d’énergie gaspillée, que de fatigue inutile ! Ce n’est que vers ses 4 mois qu’après nous être mieux informés, nous avons opté pour un partage de lit « assumé » : au premier réveil, il venait dans notre lit, et je n’essayais plus de le transférer dans son lit. Quelle révélation ! Le plaisir et le confort de pouvoir enfin dormir des nuits complètes :) Quel dommage que ne n’ai pas été mieux informée avant ! Avant ses 4 mois, je partageais le lit avec mon bébé que pour les siestes et au petit matin (après la tétée de 5 heures). J’avais besoin qu’il fasse jour pour me l’autoriser, j’avais alors le sentiment de dormir moins profondément et de moins risquer de l’écraser…

Á ses 5 mois, il était devenu trop grand pour son berceau cododo. Nous l’avons donc changé pour un lit à barreaux classique, posé juste à côté de notre lit. Cela peut paraître étrange, mais j’ai été tout de suite frappée par la distance supplémentaire entre nous (je ne connaissais pas encore l’astuce de retirer les barreaux sur un côté !). Distance qui n’était que pour quelques heures, car au premier réveil, il venait dans notre lit pour le reste de la nuit ! J’ai également réalisé à ce moment que ni mon P’tit Loup ni moi n’étions prêts pour le mettre seul dans sa chambre pour ses 6 mois, comme nous l’avions envisagé au départ avec le papa. Heureusement, ce dernier ne voyait pas d’inconvénient à ce que nous continuions le cododo :)

Lorsque notre P’tit Loup a eu 10 mois, nous avons ressenti le besoin de changer les choses. En effet, nous le réveillions presque systématiquement lorsque nous allions nous coucher, ce qui devenait pénible pour lui comme pour nous. Nous avions envie de retrouver notre chambre à 2 le soir, sans craindre de le réveiller au moindre mouvement ou au moindre chuchotement. De plus, il bougeait énormément en dormant et nous sentions qu’il était à l’étroit dans son lit à barreaux. Pour autant, il était trop grand pour dormir dès le départ dans notre lit (risque de chutes), il nous aurait fallu un matelas au sol. Cela aurait pu être une solution, mais l’aménagement de la chambre ne s’y prêtait pas. Et puis, si nous l’avions mis dans notre lit dès le début de la nuit, au moment de nous coucher, nous l’aurions trouvé en étoile de mer au milieu 😉 Nous avions aussi le sentiment qu’il avait besoin de plus de place pour bien dormir : notre grand lit devenait trop étroit pour que nous y soyons tous les 3 confortables. Nous avons donc décidé de lui faire sa chambre d’inspiration montessorienne, avec un grand matelas au sol. Ainsi, il avait plus de place pour dormir et se sentait moins « enfermé », cela avait l’air de bien mieux lui convenir. Là aussi, les premières nuits, j’ai ressenti un gros manque de sa présence au moment du coucher ! Nous avions prévu de le coucher dans sa chambre pour la première partie de la nuit, et de le ramener dans notre lit à son premier réveil. Mais cela n’a pas fonctionné à cause de la distance trop importante entre nos chambres dans l’appartement : le temps de le « transférer », il était tout à fait réveillé et voulait jouer ! Nous avons donc opté pour une autre solution : à son premier réveil, je me couche avec lui sur son lit au sol et finis la nuit ainsi. Pour l’instant, cette solution est un compromis qui nous convient bien.

Je pense que mon expérience illustre bien à quel point le cododo est modulable et les arrangements adaptables à chaque situation particulière !

Je vous recommande de visionner cette vidéo dans laquelle 2 mamans témoignent de leurs expériences de cododo, encore différentes :

En conclusion

Alors, si votre cœur de parent vous souffle de vous lancer dans le cododo, ne doutez pas. Ne vous laissez pas décourager par ses détracteurs. Prenez simplement les précautions nécessaires et profitez de ces instants uniques avec votre bébé ! Il n’y a aucune raison de vous en priver, ni d’en priver votre bébé qui ne s’en portera que mieux !

Note importante :

Je précise que si j’ai essentiellement parlé des familles dont la maman allaite,  ce n’est pas pour exclure les autres, c’est simplement que la majeure partie des avantages du cododo en partage de lit est en lien avec l’allaitement. Pour des raisons de sécurité, le partage de lit n’est pas recommandé pour les jeunes bébés si la maman n’allaite pas, car les hormones de l’allaitement accroissent sa vigilance. Par contre, si le bébé n’est pas allaité, il est tout de même vivement recommandé de le faire dormir dans la chambre parentale (mais dans un lit séparé ou un lit « cododo»), en facteur de prévention contre la mort subite du nourrisson. 

 

A propos du sommeil partagé en norme biologique de l’espèce humaine :

Dr Carlos Gonzales, Serre-moi fort, Éditions du hêtre, 2009, p 60 à 63

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p39-40

Nathalie Roques, Vivre la relation avec son bébé, 2005, p 76

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, p60 à 62, p190

A propos des débuts du sommeil solitaire :

Nathalie Roques, Vivre la relation avec son bébé, 2005, p 59

A propos du cododo ailleurs dans le monde :

Nathalie Roques, Vivre la relation avec son bébé, 2005, p59

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p29

A propos de la mort subite du nourrisson et des règles de sécurité :

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, p60 à 62, p188

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p46 à 48

COFAM (coordination française pour l’allaitement maternel) : 

http://coordination-allaitement.org/images/publications/sommeilpartag%C3%A9.pdf

UNICEF : 

http://www.unicef.org.uk/Documents/Baby_Friendly/Leaflets/Other%20languages/sharingbedleaflet_french.pdf

A propos de la théorie de l’attachement et de l’autonomie :

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p 41 et p 72

Conférence de la pédopsychiatre Nicole Guédeney : https://www.youtube.com/watch?v=Vg04KWHWH5o  31 à 38 mn

A propos du sevrage naturel du lit parental :

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, 2006, p58-59

Dr Carlos Gonzales, Serre-moi fort, Éditions du hêtre, 2009, p71-72, p135

Nathalie Roques, Vivre la relation avec son bébé, 2005, p84-85

A propos de l’inceste :

Nathalie Roques, Vivre la relation avec son bébé, 2005, p80

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p68-69

A propos de la permanence de l’objet et de l’angoisse de la séparation :

Dr Carlos Gonzales, Serre-moi fort, Éditions du hêtre, 2009, p 44 à 48

A propos de l’allaitement nocturne

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, 2006, p 48, 104-105

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p 49

Nathalie Roques, Vivre la relation avec son bébé, 2005, p 62-63

A propos des bienfaits du contact physique sur le bébé :

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, p50-51

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p 42 à 44

A propos des bienfaits du cododo sur le long terme (études citées) :

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005 p 74-75

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, 2006, p 29-30

A propos de la qualité de sommeil sur le long terme :

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, p 54

A propos de la qualité des relations intimes sur le long terme :

Dr William Sears, Etre parent la nuit aussi, Ligue La Leche, p54

Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Partager le sommeil de son enfant, Jouvence,2005, p74

 

13 réflexions sur “Le cododo : mythes et réalités

  1. Aurélie dit :

    Pratiquement 18 mois de cododo, elle s’endort avec nous, puis nous la mettons dans son lit une fois endormie (lit à côté du notre), elle y reste généralement jusqu’au matin, sauf en cas de maladie ou de poussées dentaires où elle réintègre notre lit pendant la nuit. Cette façon de faire s’est faite naturellement et est celle qui nous convient. Nous ne sommes pas prêt d’en changer. Je me retrouve bien dans votre dernier chapitre, au moment où nous sommes passés du couffin devenu trop petit au lit à barreaux, la distance paraît vraiment plus grande !
    Très bel article, bien documenté, vous avez fait un beau travail. Bravo et merci.
    Bonne continuation et bons cododos !

  2. Marine dit :

    C’est marrant car j’étais très formatée par la société concernant le sommeil des bébés. Si avant mon accouchement on avait quand même décidé de mettre le lit de notre fille dans notre chambre, exit le cododo. J’étais bêtement contre… Et puis ma fille est arrivée. Et dès le tout premier jour j’ai ressenti ce besoin animal de l’avoir contre moi. Ma fille a 5 mois et demi, et ça fait 5 mois et demi qu’elle dort avec moi. Allaitement exclusif, tétées allongées. C’est tellement marrant de lire votre témoignage. Je m’y retrouve à 100%. Ne plus se souvenir de ce qu’il s’est passé dans la nuit (s’est-elle réveillée ? combien de tétées ?), faire des grasses matinées jusqu’à 11h toutes les 2, avoir la pêche et étonner tout son entourage.. (« mais comment tu tiens alors que tu allaites toujours et que ta fille ne fait pas ses nuits ??? » Ah ah ah, justement !). Je SENS qu’elle doit dormir avec moi. Je sais que je ne l’écraserai pas. Depuis qu’elle bouge dans tous les sens, je dors avec elle sur un matelas au sol et mon mari juste à côté dans notre lit (mari qui est à 100% avec moi !). Nous conservons nos moments d’intimité (faut juste avoir plus d’imagination que les autres). Bref, je suis tellement heureuse d’avoir suivi mon instinct de maman, de découvrir que ce que je fais est naturel et normal. Ma fille est éveillée, en pleine forme, merveilleuse. Merci pour votre témoignage.

    • Floriane dit :

      Un besoin animal, c’est exactement ça :) Moi aussi, si on m’avait dit avant la naissance de mon fils que je l’allaiterais encore la nuit à 16 mois et que je dormirais encore un bout de nuit avec toutes les nuits… 😉 Effectivement, l’arrivée d’un bébé peut vraiment faire basculer notre vision « formatée » de la parentalité! Merci pour votre magnifique témoignage !

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