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Appliquer la pédagogie Montessori à la maison

Comment appliquer la pédagogie Montessori à la maison ?

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On entend énormément parler de la pédagogie Montessori de nos jours. Mais finalement, beaucoup de personnes connaissent ce nom « de loin », sans savoir véritablement de quoi il s’agit. D’emblée, on pense souvent, à tort, aux écoles spécialisées Montessori, aux jeux « labélisés » Montessori (certains pensent même qu’il s’agit d’une marque). Il ne suffit pourtant pas de posséder quelques jeux de ce type pour « faire du Montessori », et cette pédagogie est loin d’être réservée aux enfants qui ont la chance de fréquenter ces écoles, malheureusement très chères ! La pédagogie Montessori, c’est tellement plus que cela ! Plus qu’une pédagogie, c’est toute une philosophie, un état d’esprit, une façon de repenser totalement l’éducation. Il est tout à fait possible d’appliquer la pensée Montessori simplement à la maison !

Récemment, je vous expliquais les grandes lignes de la pédagogie Montessori avec cet article. Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous invite à le lire ! Cet article-ci vient en complément pour expliquer comment appliquer concrètement ces principes clés de la pédagogie Montessori à la maison, au quotidien. :)

Adapter l’environnement

La préparation de l’environnement est très importante pour Maria Montessori. Puisque le milieu impacte directement son développement, que l’enfant absorbe et s’approprie tous les éléments de son milieu, il doit lui être favorable. Ce n’est pas à l’enfant de s’adapter à l’environnement, mais aux adultes d’adapter l’environnement à l’enfant.

Elle précise que lors de la période de 0 à 3 ans, il est encore difficile pour l’enfant d’assimiler des consignes. Le meilleur moyen de lui enseigner est d’agir sur lui de façon indirecte, à travers son environnement.

Pour cela, l’environnement doit-être :

Beau et attrayant : pour que l’enfant s’y sente bien. Maria Montessori donne l’exemple des fleurs sur la terrasse, un petit quelque chose qui fait la différence. :)

Ordonné : pour respecter son besoin d’ordre, faciliter sa compréhension du monde, et favoriser sa concentration. Il convient de trouver une place pour chaque chose et de ranger chaque chose à sa place, au fur et à mesure (une habitude que l’on apprendra à l’enfant à faire dès son plus jeune âge). Pour éviter une accumulation de jouets qui noierait l’enfant dans un excès d’informations, il est recommandé de procéder à des rotations : au lieu de lui laisser la totalité de ses jeux à la fois en libre-service, on procède à des roulements. Cela permet en plus de renouveler son intérêt : le jeu qui le laissait parfaitement indifférent depuis des semaines redevient d’un coup très attrayant (je confirme que cela fonctionne chez moi !) !

Facilitant l’autonomie de l’enfant et la motricité libre : Maria Montessori appelle l’enfant le « citoyen oublié ». Elle dénonce le fait que peu de choses dans l’environnement soient réellement adaptées pour lui. Elle préconise d’aménager l’espace de manière à ce qu’il puisse faire un maximum de choses seul. Par exemple, elle recommande de disposer le matériel/les jeux de manière ordonnée sur des étagères basses, de manière à ce que l’enfant puisse y accéder et se servir par lui-même. Cette logique s’étend à l’aménagement de toute la maison : pour la chambre du bébé, elle suggère de remplacer le traditionnel lit à barreau par un matelas au sol, afin qu’il puisse s’y coucher et se lever seul. Pour manger, une petite chaise et une petite table lui permettront dès qu’il aura acquis la marche de s’installer sans solliciter l’aide d’un adulte. En disposant sa vaisselle dans un placard qui lui est accessible, il pourra même mettre lui-même son couvert. Une petite carafe et un verre sur une table basse dans la cuisine lui permettront de se servir à boire par lui-même s’il a soif. Un petit lavabo à sa hauteur dans la salle de bain lui permettra de se laver les mains et les dents seul. Un petit crochet dans l’entrée lui permettra d’accrocher son manteau au mur. Vous l’avez compris, il s’agit pour chaque pièce de repenser l’aménagement de manière à faciliter le quotidien de l’enfant, encourager ses initiatives et sa prise d’autonomie. De cette manière, on respecte aussi sa dignité en tant que personne. On permet également le libre-choix des activités, dont les bénéfices ont déjà été cités ici.

Sécurisé : afin de pouvoir laisser l’enfant le plus libre possible (je développerai ce point par la suite).

Maria Montessori préconise également de bien délimiter les espaces de la maison à une fonction précise, afin de donner des repères à l’enfant, et ce dès sa naissance. Ainsi, le bébé aura un espace dédié à l’alimentation, un autre aux activités, un autre au change, un autre au sommeil. La distinction est importante. Par exemple, elle préconise d’utiliser un matelas au sol pour le sommeil comme pour les activités, mais précise bien qu’il doit s’agir de deux matelas distincts, dans des espaces distincts, et que leurs fonctions ne doivent pas être mélangées (on ne joue pas sur le lit, il est réservé au sommeil…).

Pour éviter que l’enfant ne se disperse et ainsi favoriser sa concentration, Maria Montessori préconise de délimiter son espace d’activités. Pour le petit bébé, il s’agira d’un matelas moelleux, l’élément central du Nido Montessorien. Une fois que le bébé se met assis, on pourra changer le matelas d’activités pour un tapis plus rigide, en bambou par exemple (ceci est le modèle que j’utilise avec mon fils, il fait très bien l’affaire). On lui donnera l’habitude de s’installer sur ce tapis pour s’adonner à ses activités. Vers 18-20 mois, l’enfant pourra apprendre progressivement à dérouler son tapis en début d’activité, et à l’enrouler puis le ranger lorsque l’activité est terminée. À cet âge, certaines activités pourront également être présentées sur un plateau, que l’enfant pourra apprendre à installer puis ranger par lui-même. Le fait d’installer et de ranger permettra aussi de structurer son activité (il y a un début, un milieu et une fin), et donc d’éviter de s’éparpiller. Pour vous donner une idée, mon P’tit Loup de 19 mois a déjà bien compris le principe, il parvient depuis peu à enrouler et dérouler son tapis tout seul, et il adore ! Cette tâche l’intéresse parfois plus que l’activité en elle-même !

Bien choisir le matériel

Le matériel proposé à l’enfant doit répondre à des caractéristiques bien précises. Les objectifs étant qu’il lui permette d’atteindre la concentration, de développer sa pensée logique, d’affiner ses sens, de perfectionner sa motricité fine ou globale, de découvrir le monde et d’acquérir de nouvelles compétences.

  • Il est esthétique: il donne ainsi à l’enfant l’envie de s’en servir.
  • Il est sensoriel: en manipulant du matériel sensoriel, l’enfant apprend beaucoup sur son environnement extérieur. Cela lui permet également d’éveiller ses sens, et de perfectionner sa motricité fine.
  • Il isole la difficulté: trop de fonctionnalités en simultané noient l’enfant dans un excès d’informations, ce qui lui complique grandement la tâche. Il y a peu de chances qu’il réussisse à fixer son attention et se concentrer avec ce type de jeu « tout en un ». Un matériel Montessori, au contraire, comporte un objectif simple et unique, ce qui aide l’enfant à comprendre et assimiler la difficulté de la tâche dans toute sa subtilité.
  • Il est esthétiquement simple: le matériel Montessori est dépourvu de petits dessins, logos ou autres fioritures qui déconcentreraient l’enfant de son objectif premier. (Je trouvais cet aspect un peu poussé au départ, mais depuis que mon P’tit Loup a interrompu un exercice de transvasement sur lequel il était très concentré pour observer la poule dessinée sur le verre qu’il utilisait, je suis convaincue !).
  • Il est autocorrectif : avoir la possibilité de se rendre compte lui-même de ses erreurs rend l’enfant autonome et lui donne confiance en sa capacité à se corriger et à se perfectionner. Maria Montessori insiste sur l’importance d’apprendre à reconnaître ses erreurs. À ne pas les voir comme des échecs, mais plutôt comme des alliées qui permettent d’avancer et de progresser.
  • Il a un début, un déroulement et une fin pour permettre la « répétition de l’exercice », qui permettra à l’enfant de se perfectionner.
  • Il est adapté à l’enfant: d’une part, son ergonomie lui permet une manipulation facile et autonome. D’autre part, il permet de combler ses besoins intellectuels et psychiques, notamment lors de ses périodes sensibles. À condition bien sûr de bien choisir le matériel en fonction du stade de développement de l’enfant.

La pédagogie Montessori ayant le vent en poupe, il est aujourd’hui très facile de trouver des jeux répondant à ces critères. Des marques de jeux de plus en plus nombreuses créent même des collections spéciales « Montessori ». Et c’est très bien ! Attention cependant à garder un esprit critique, car certains de ces jouets ne correspondent pas tout à fait aux réels critères du matériel Montessori… De plus, nul besoin de se ruiner : certains sont superflus (les objets de la maison faisant très bien l’affaire), et il est également possible de fabriquer beaucoup de choses soi-même. Je prévois à ce sujet quelques articles d’activités Montessori à réaliser à la maison avec presque rien :) .

En ce qui concerne les livres, il est important selon Maria Montessori qu’ils soient représentatifs de la réalité pour le petit enfant. En effet, avant l’âge de 3 ans, l’enfant a encore du mal à faire la différence entre le réel et l’imaginaire. S’il se fait compter une histoire avec un chien qui parle, cela risque de semer la confusion dans son esprit qui essaie de se représenter le monde : les chiens parlent-ils parfois ? Toujours ? Pourquoi le chien du livre parle-t-il et pas celui du voisin d’en face ? On oubliera donc l’anthropomorphisme (ces livres où les animaux non seulement parlent, mais vivent comme des humains), ou encore les comptes avec des créatures imaginaires, pour privilégier des histoires réalistes. Après l’âge de 3 ans, l’enfant fait mieux la part des choses, et pourra mieux appréhender des histoires plus imaginatives. Je n’étais pas tellement convaincue par ce point au départ, mais maintenant je le suis ! Quand mon P’tit Loup a commencé à découvrir les animaux et leurs cris vers l’âge d’1 an, il faisait dire « ouaf » aux pigeons dans la rue. C’était déjà un travail de lui faire comprendre que les pigeons n’aboyaient pas, je me serais mal imaginée lui compliquer encore plus la tâche en lui lisant des livres avec des oiseaux qui parlent…

Adapter son attitude vis-à-vis de l’enfant

Lui apprendre à faire seul

« Aide-moi à faire seul » est une phrase emblématique de la pédagogie Montessori. Il s’agit de fournir à l’enfant les outils qui lui permettront de prendre son autonomie quand il s’en sentira prêt. Donc bien sûr, sans jamais le forcer, et en respectant son rythme. Par exemple, concernant l’apprentissage de la propreté, on va présenter le pot à l’enfant, lui expliquer à quoi il sert et comment s’en servir, puis attendre qu’il manifeste lui-même l’envie d’essayer. Quand le moment arrive, on est là en « béquille » pour l’aider si le besoin se fait sentir, mais on ne va pas d’emblée le déshabiller, le mettre sur le pot… Maria Montessori explique qu’on a tendance à trop faire à la place de l’enfant, or il est capable de beaucoup de choses… Trop faire à sa place part souvent d’une bonne intention, mais cela le minimise et peut lui donner un certain complexe d’infériorité. Lui apprendre à faire seul au contraire l’autonomise, lui donne confiance en ses capacités, et lui donne de la dignité. Ce dernier point est important également ! Maria Montessori raconte dans L’Enfant que ses petits élèves de L’école des enfants ont applaudi en triomphe le jour où elle leur a simplement expliqué comment se moucher !

Dès 15-16 mois, on peut lui apprendre à accomplir seul un certain nombre de tâches quotidiennes : ranger ses jouets, jeter sa couche sale à la poubelle (en cas de couches jetables évidemment), mettre ses vêtements sales dans le panier à linge, se coiffer, se savonner dans le bain, s’étaler de la crème, manger seul avec des couverts, boire au verre, se laver et s’essuyer les mains, se brosser les dents, se déshabiller en partie… Entre 18 mois et 2 ans, il pourra apprendre à tartiner son pain, couper sa banane en rondelles, se servir de l’eau à l’aide d’une petite carafe, apprendre petit à petit à s’habiller par lui-même, mettre son couvert… Je précise qu’il s’agit là bien sûr d’âges indicatifs, chaque enfant ayant son propre rythme ! D’ailleurs, l’idée n’est absolument pas de faire une course à la performance. Au contraire, il s’agit de respecter et d’accompagner la volonté d’autonomie intrinsèque et naturelle de l’enfant.

Pour apprendre à l’enfant à faire seul au maximum, il suffit simplement :

  • D’être à l’écoute lorsqu’il manifeste une envie de prise d’autonomie. Par exemple, s’il s’intéresse aux couverts des adultes, cherche à les attraper, il est probablement prêt à manger avec des ustensiles ! Si, lorsqu’on lui lave les mains, il joue avec le robinet, cherche à se frotter les mains, à attraper la serviette, il est probablement temps de lui apprendre à le faire seul !
  • D’aménager l’environnement et de lui fournir les outils pour qu’il puisse accomplir cette tâche de manière totalement autonome. Pour les exemples cités, il s’agira dans le premier cas de lui fournir une petite fourchette et un petit couteau, dans le second de lui aménager une petite table avec une bassine d’eau/du savon/une serviette.
  • Lui montrer comment faire par une succession de gestes lents et précis, puis l’inviter à les reproduire par lui-même.
  • Le laisser faire sans intervenir, du moins dans un premier temps. Si le geste est simple, l’acquisition pourra être instantanée. Peut-être même qu’il le fera de lui-même par imitation, avant même qu’on lui montre quoique ce soit ! Ce fut le cas pour mon P’tit Loup pour se coiffer ou s’étaler de la crème ! Si le geste est plus compliqué ou en plusieurs étapes (comme s’habiller, se laver…), l’enfant le réalisera de manière partielle au début, puis il en fera de plus en plus et l’adulte de moins en moins, jusqu’à qu’il réalise l’ensemble seul.
  • Être patient ! La prise d’autonomie s’accompagne nécessairement par des essais/erreurs qui font partie intégrante de l’apprentissage. Ce qui veut dire que dans un premier temps, réaliser l’action sera plus long que d’habitude. Et aussi, que cela s’accompagnement sûrement de dégâts! Lorsque l’enfant apprend à boire au verre ou à se laver les mains, il met de l’eau partout, lorsqu’il apprend à manger seul, il met de la nourriture partout. Il faut vraiment décompresser là-dessus, et se dire que le retour sur investissement en vaut vraiment la peine ! :)

L’aider utilement

« Offrir notre soutien quand il peut aider l’enfant, et ne pas le lui imposer quand ce n’est pas nécessaire ».

Maria Montessori, L’esprit absorbant de l’enfant 

Maria Montessori insiste sur ce point : l’adulte a tendance à entraver le développement de l’enfant en voulant « l’aider » à outrance et en faisant trop de choses à sa place. Effectivement, c’est ce que nous avons tous tendance à faire ! Par exemple, récemment, sur un espace parent-bébé, mon fils était concentré sur une boîte à forme. Il voulait mettre une forme dans une autre, mais ce n’était pas la bonne. Une personne en charge s’est empressée de lui montrer la bonne forme. Cela partait d’une bonne intention, mais elle l’a empêché de réfléchir et d’obtenir la satisfaction d’avoir trouvé la solution tout seul ! Elle a également interrompu son état de concentration. Connaissant mon P’tit Loup, concentré comme il était, il n’avait vraiment pas besoin d’elle, et c’est même comme si elle lui avait enlevé tout le plaisir ! Après tout, est-ce que nous adultes, aimerions que quelqu’un nous souffle directement la solution d’une énigme sur laquelle nous butons un peu ? De telles interventions inutiles répétées peuvent véritablement ébranler la confiance de l’enfant en ses capacités. C’est comme lui dire « tu n’en n’es pas capable seul, tu as besoin de l’aide d’un adulte ». Elles risquent aussi d’affecter sa volonté et sa persévérance. L’approche Montessorienne, c’est de laisser l’enfant chercher seul, sans jamais l’interrompre lorsqu’il est concentré. Si par contre il sollicite notre aide, nous pouvons le mette subtilement sur la voie. L’idée étant de limiter les interventions (physique comme verbales) au stricte nécessaire, pour ne pas l’empêcher de faire ses propres expériences, d’apprendre, de se construire. En n’oubliant pas que l’erreur est partie intégrante du processus d’apprentissage !

Pour ces raisons, on présente le matériel de la manière suivante. On le nomme, puis on dit à l’enfant qu’on va lui montrer comment s’en servir et qu’il doit regarder bien attentivement nos mains. On fait ensuite la démonstration par des gestes lents et précis, sans parler. Quand on a terminé, on l’invite à essayer par lui-même : « à toi ! ». On l’observe sans intervenir. Enfin, on lui montre où ranger le matériel à la fin de l’activité.

Cette philosophie s’applique également pour la motricité globale. Les idées de Maria Montessori rejoignent en effet celles d’Emmi Pikler sur la motricité libre (enfin, ce serait plutôt l’inverse !) : on laisse l’enfant totalement libre et autonome dans sa motricité. C’est-à-dire qu’on ne met pas un bébé assis ou debout tant qu’il ne s’y met pas seul, on n’essaie pas de lui « apprendre à marcher » en lui tenant les mains, etc. On ne fait rien qui le rendrait dépendant de nous. On se contente de lui fournir un environnement adapté et sécurisé, pour le laisser acquérir ses capacités motrices par lui-même et à son rythme.

Il est également recommandé de prendre du temps pour observer attentivement son enfant en action, en se faisant le plus discret possible. Cela permet de mieux comprendre et connaître ses centres d’intérêts, son degré d’autonomie, sa prise d’initiative, son audace, son plaisir à accomplir une tâche… Et en plus, c’est une expérience fascinante !

Le laisser agir au maximum

«  Il est clair que sous la surveillance incessante de l’adulte, ses réprimandes perpétuelles et ses ordres arbitraires, l’adulte dérange et empêche le développement de l’enfant. De cette manière, on étouffe toutes les forces positives qui sont en train de germer. »

Maria Montessori – L’enfant dans la famille.

Je l’ai déjà abordé ici, la liberté est un élément essentiel de la philosophie Montessori : liberté de choix, de mouvement, de manipulation sont capitales pour l’enfant. Elles lui permettent de construire sa personnalité et de développer son intelligence.

Appliquer la pensée Montessori à la maison, c’est donc laisser son enfant le plus libre possible dans ses explorations. Pour cela, il est primordial d’adapter l’environnement afin qu’il puisse le découvrir sans dangers (évidemment), mais aussi sans se faire interrompre sans cesse par un adulte qui aurait peur qu’il abime ou dérange quelque chose. Il convient donc de retirer de sa portée, et si nécessaire de sa vue, les objets dont on ne veut pas qu’il se saisisse. Il est également important d’avoir en tête que s’il casse quelque chose, ce n’est jamais par méchanceté ou par vice. Il ne s’agit pas d’une « bêtise ». Le « gronder » aura pour conséquence de briser ses élans de curiosité et sa soif de découverte. Mieux vaut lui expliquer calmement ce qu’est l’objet en question et pourquoi il est fragile ou dangereux, pourquoi il faut faire attention ou pourquoi on le lui retire pour l’instant. On entend souvent que l’enfant chercher à « tester » ses parents. Maria Montessori (comme d’autres spécialistes plus contemporains d’ailleurs) répond que ce n’est pas nous qu’il teste, mais son environnement. Il veut toucher à tout et manipuler pour comprendre, tout simplement. De plus, si on lui fait confiance et qu’on lui laisse le temps, qu’on lui explique bien les choses, il est vraiment capable de faire attention ! Ses intentions sont bonnes, il ne cherche pas à nous embêter ! Je peux en témoigner avec mon P’tit Loup de 19 mois qui prend tous ses repas avec de la vaisselle classique. En 4-5 mois de pratique, il n’a cassé qu’un bol et une tasse… Il débarrasse même le lave-vaisselle avec nous, très soigneusement, sans rien casser. Il a également très bien compris qu’il fallait faire attention aux livres. Depuis ses 15 mois environ, nous pouvons lire à côté de lui : il vient parfois près de nous regarder notre livre, tourner un peu les pages… en restant très délicat ! Maria Montessori donne de nombreux exemples similaires dans ses livres, qu’elle a observés avec des enfants du même âge. Bien sûr, il s’agit là d’un apprentissage, et si l’enfant n’a jamais le droit de toucher, il n’apprendra pas à faire attention ! S’il met du désordre, plutôt que de le réprimander, on va plutôt lui demander de remettre les choses à leur place. Si par exemple il a sorti toutes les chaussures du placard à chaussures, on lui demandera simplement de les ranger telles qu’il les a trouvées. Etant donné que c’est l’action de bouger les chaussures qui l’a intéressé sur le moment, il sera probablement très content de les remettre en place ! Par ailleurs, les bambins (souvent vers 18 mois) peuvent parfois avoir des comportements qui nous surprennent, comme faire des allers et retour pour déplacer des objets, ou encore transporter des objets lourds… Il est important de respecter leurs actions et de ne pas les interrompre. Pour eux, elles ont un sens ! Leur instinct les pousse à ce genre d’exercice, pour développer leurs capacités motrices, leur sens de l’équilibre… Donner un but défini à leurs mouvements leur est nécessaire et bénéfique : cela structure leurs déplacements, les aident à prendre conscience de leur environnement, leur permet d’exercer leur volonté. En ce moment, mon P’tit Loup va régulièrement faire des allers-retours dans le salon pour glisser une à une les cartes de son imagier sous le tapis, ou sous le canapé. Ou encore, il transporte les bouteilles d’eau à travers l’appartement. Sort un à un les sous-verres du placard. Ou encore récemment, il a déposé très soigneusement un petit pot en verre sur le siège de son cheval à bascule ! Je le laisse faire et ne cherche pas à comprendre plus, il a ses raisons ! 😉 Je lui demande simplement de remettre les choses à leur place lorsqu’il a terminé. Enfin, liberté de mouvement implique la notion de motricité libre : la pédagogie Montessori réprouve l’usage du transat ou du parc pour les bébés, qui non seulement entravent leurs mouvements et leur liberté, mais en plus les coupent du « monde réel » et leur envoient ainsi des messages négatifs (« le monde extérieur est trop dangereux » ; « tu en es exclu »…).

Lui proposer de participer aux tâches de la vie courante

Maria Montessori recommande de proposer à l’enfant de participer aux activités dites de « vie pratique » : comme par exemple, remplir et vider la machine à laver, étendre le linge, laver les légumes, arroser les plantes, passer l’éponge/le torchon/le balai/le plumeau à poussière… Au-delà de lui permettre d’exercer sa motricité par des mouvements structurés et volontaires, cela lui permet de mieux comprendre le fonctionnement de la maison. Et puis, il sera si heureux et fier d’aider ! Je confirme que ce genre d’activités remporte un énorme succès auprès de mon P’tit Loup! Quand je lui propose de m’aider à vider le lave-vaisselle ou le lave-linge, il accourt avec un grand sourire ! :)

Lui donner le choix

Je l’ai déjà mentionné, dans un environnement « Montessori », les jeux (ou « matériel de travail » pour parler strictement « Montessori » 😉 ) sont disposés de manière ordonnée sur des  étagères basses afin que l’enfant puisse y accéder librement et en toute autonomie. Un tel aménagement permet donc le libre-choix des activités, si important dans cette pédagogie.

On pourra aussi lui proposer régulièrement des activités qui ne sont pas en « libre- service » (Par exemple, les activités qui se font ensemble, les activités salissantes, ou encore qui doivent impérativement être réalisées sous surveillance). Mais « proposer » ne veut pas dire « imposer » : s’il ne montre pas d’intérêt, on n’insiste pas… S’il détourne le but premier de l’activité, libre à lui ! L’objectif étant qu’il prenne du plaisir, apprenne, se concentre. Alors si les images d’animaux destinées aux mises en pair sont finalement utilisées pour faire leurs cris (ou encore soigneusement mises une à une sous le tapis !), ou si les perles destinées à être enfilées sur une ficelle sont finalement utilisées pour nommer les couleurs, c’est bien aussi !  😉 (Les exemples viennent de chez moi ! 😉 )

Par ailleurs, le libre-choix ne se limite pas aux activités. A partir de l’âge de 18 mois environ, on pourra lui offrir régulièrement plusieurs alternatives (qui nous conviennent toutes évidemment), afin de l’autonomiser, le responsabiliser, lui permettre de s’affirmer, et lui apprendre à choisir ! Il pourra choisir par exemple son livre pour l’histoire du soir, son fruit pour le dessert, son pantalon et/ou pull du jour… Au début, on ne lui laissera que deux alternatives par choix pour lui simplifier la tâche. Là aussi, je confirme que mon P’tit Loup ADORE quand je lui donne le choix ! Il dit « ça ! » en pointant du doigt ce qu’il a choisi avec un grand sourire. Bon, il change souvent d’avis la seconde suivante, mais c’est normal, il apprend :) .

L’ouvrir au monde

« Lâcher les enfants ; qu’ils courent dehors quand il pleut, qu’ils enlèvent leurs souliers quand ils trouvent un peu d’eau et, quand l’herbe des prés est humide de rosée, laissez leurs pieds nus la fouler ».

Maria Montessori, Pédagogie scientifique tome 1

Maria Montessori insiste sur la nécessité de « donner le monde » aux enfants, c’est-à-dire de leur offrir des moments de liberté dehors, de préférence dans la nature, pour marcher, courir et observer à leur rythme. En général, nous sommes trop pressés et leur demandons de se dépêcher. Mais pour eux, tout est nouveau et fascinant, la moindre petite sortie prend des tournures de grande aventure ! Quand c’est possible, prenons le temps ! Décrivons et nommons leur ce qu’ils nous montrent, montrons ce qu’ils n’avaient pas vu, expliquons leur le fonctionnement du monde. Observer les fourmis ou regarder les feuilles tomber des arbres est si enrichissant pour eux ! En ville, on pourra s’arrêter devant les vitrines des petits commerces pour observer et décrire ce qui s’y trouve, observer les pigeons, sentir les odeurs en passant devant la boulangerie… Laissons leur faire leurs expériences : sauter dans les flaques, cueillir des fleurs, ramasser les feuilles, les bouts de bois, les marrons. L’autre jour dans les bois, mon P’tit Loup n’était VRAIMENT pas pressé, trop occupé à escalader les bancs, puis à observer les oiseaux, ensuite à ramasser les petits bâtons par terre, et enfin à courir dans l’herbe d’une prairie. Il se faisait un peu tard et je commençais à perdre un peu patience, puis je me suis demandée : « sommes-nous vraiment si pressés » ? La réponse était non, nous n’étions pas à une demi-heure près. Et il avait l’air si heureux ! Alors pourquoi le priver ? Alors je suis entrée pleinement dans son jeu, je l’ai observé, et j’ai vécu l’instant présent avec lui. J’ai passé un excellent moment ! Des fois, nos enfants nous ramènent simplement à l’essentiel ! ❤️

Oublier les attentes

La philosophie de Maria Montessori repose sur le respect du développement naturel de l’enfant. Ce qui veut dire que le parent « Montessorien » doit vraiment s’affranchir des attentes qu’impose la société. En effet, on attend généralement qu’il marche vers 1 an, parle et soit propre vers 2 ans… Mais certains enfants marchent à 18 mois et parlent avant 2 ans, d’autres marchent à 11 mois mais ne sont propres qu’à 3 ans… Et ce n’est pas grave, ce rythme leur est propre ! Ces acquisitions se feront bien un jour ou l’autre ! 😉 En ayant des attentes précises, on peut vraiment ébranler la confiance en lui de l’enfant, qui ressentira cette pression, pourra se sentir inférieur, décevant… Le lâcher prise et la confiance en l’enfant sont de mise en pédagogie Montessori ! On évitera également de comparer les performances de son enfant à celles des autres. Peu importe ce que font les autres, l’important étant que chaque enfant évolue et progresse à son rythme.

Eduquer en bienveillance

L’approche de Maria Montessori est clairement une approche très humaine, qui se place du point de vue de l’enfant. La bienveillance en est le socle ! Elle invite l’adulte à plus d’empathie et de respect envers l’enfant.

« L’esprit de l’enfant est disposé, jusqu’à ses racines, à l’obéissance. Seulement, quand l’adulte lui demande de renoncer à la commande du moteur qui le construit avec des lois inaltérables, l’enfant ne peut pas obéir. C’est comme si, à l’époque de la dentition, on lui demandait d’empêcher ses dents de sortir. Les caprices et la désobéissances de l’enfant sont les explosions d’un conflit vital entre sa poussée créatrice et son amour de l’adulte, qui ne le comprend pas ».

Maria Montessori, L’Enfant

Appliquer son approche à la maison, c’est donc avant tout faire preuve quotidiennement de bienveillance envers son enfant. D’admettre qu’il a lui aussi des sentiments, qui sont légitimes et méritent d’être entendus. D’essayer, en s’informant sur les lois naturelles de son développement, de mieux comprendre ses comportements, pour mieux les accepter et les accompagner. De ne pas exiger de lui des choses qu’il ne peut pas faire parce que son stade de développement ne lui permet pas encore (comme se tenir tranquille pendant des heures, résister aux tentations, prendre sur lui en cas de frustration, se calmer seul…). D’appliquer une discipline positive, sans  punitions ni récompenses, mais basée sur la compréhension et la confiance mutuelle. Il s’agira de bien expliquer le sens des consignes, de veiller à ce qu’elles soient cohérentes par rapport au stade de développement de l’enfant, et d’être patient quant au respect de celles-ci (Maria Montessori explique que l’obéissance est un apprentissage comme un autre!). En cas de « bêtise », plutôt que de se fâcher et de punir, on expliquera (encore !) à l’enfant pourquoi on aurait préféré qu’il agisse autrement, et surtout on lui apprendra à réparer la conséquence de son action. Pour qu’il apprenne de ses erreurs, et que tout cela ait un sens pour lui. Le but à atteindre n’étant pas l’obéissance par soumission, mais l’obéissance par volonté : l’enfant n’obéit pas sous la contrainte, il obéit parce qu’il comprend la consigne, la trouve juste, et fait confiance à l’adulte qui la lui a donné.

Je ne vais pas développer plus ici car le sujet est vaste et qu’il sera l’objet d’un futur article ! Je vais juste donner un exemple concret qui résume bien tout cela je pense. Prenons donc l’exemple d’un bébé d’1 an qui mange seul. Il ne sera pas question, selon l’esprit Montessori, de le réprimander parce qu’il en met partout. On admet  que ses habiletés motrices ne sont pas encore bien au point d’une part (il en met partout principalement par maladresse, mais elle reflète le fruit de ses efforts !), et que son cerveau encore en développement ait du mal à maîtriser certaines pulsions d’autre part (dont celle de jeter ou laisser tomber de la nourriture pour la voir s’écraser par terre !), qui peuvent également être le reflet de périodes sensibles (observer un objet tomber par la gravité est pour le bébé comme une expérience scientifique fascinante !). S’il jette par terre, que ce soit volontaire ou non, on ne va donc pas le réprimander, mais plutôt lui expliquer que la nourriture devrait rester sur la table. S’il a tendance à jeter parce qu’il a terminé (ce qui était le cas de mon P’tit Loup), on pourra lui donner un autre moyen de communiquer cette information (en ce qui nous concerne, nous utilisons le langage des signes), et pourquoi par lui fournir un récipient pour mettre ses restes (chez nous, il y a toujours un petit bol sur la table pour mettre les restes, cela fonctionne très bien !). Enfin, on l’invitera à la fin du repas à venir ramasser et nettoyer avec soi les restes de nourritures qu’il aura jeté au sol. Voilà l’esprit !

L’esprit Montessori, ce n’est pas…

Voici une petite liste non-exhaustive de comportements courants allant complètement à l’encontre des principes fondateurs de la pédagogie Montessori. Cette liste n’a bien entendu pas pour vocation de « donner des leçons » ou de dire que telle ou telle personne « fait mal ». Et évidemment, certains points sont bien plus critiques que d’autres. Je ne pense pas personnellement qu’il soit catastrophique de faire dormir son enfant dans un lit à barreau (si cela lui convient) ou de lui lire « Petit ours brun » de temps en temps ! 😉 Et puis, certaines choses sont malheureusement difficilement compatibles avec nos rythmes de vie (parfois, on n’a simplement pas le temps d’attendre que l’enfant lasse ses chaussures tout seul parce qu’on va être en retard à l’école, ou qu’il fasse le trajet à pieds parce qu’on va être en retard chez le médecin…). L’idée est simplement de montrer ce qu’est vraiment « l’esprit Montessori », et de donner des axes d’amélioration pour s’en approcher. Je sais par exemple que chez nous, nous devons travailler sur le rangement, le tri de nos affaires et l’agencement de notre appartement pour être plus en phase avec la pédagogie. Nous y travaillons beaucoup en ce moment ! Nous essayons aussi de limiter davantage nos interventions verbales.

Voici donc ladite liste :

Les entraves au développement de la motricité globale (et au développement intellectuel)

  • Mettre le bébé dans un transat de manière prolongée, ou dans un parc.
  • Mettre le bébé dans une position qu’il n’a pas acquise par lui-même (assise, debout…)
  • Mettre le bébé dans un trotteur ou tout autre gadget du genre.
  • « Faire marcher le bébé » en lui tenant les mains.
  • Imposer systématiquement au bambin la poussette ou le porte bébé pour la promenade alors qu’il manifeste l’envie de marcher.
  • Empêcher le bébé/bambin d’explorer les limites de sa motricité, par exemple en ne le laissant jamais grimper (même s’il convient évidemment de veiller à ce que ce soit sécuritaire). Le pire étant la fameuse phrase « Arrête, tu vas tomber ».

Les entraves au développement de la motricité fine (et au développement intellectuel) 

  • L’empêcher de manipuler les objets de la maison.
  • Les jeux tout-en-un qui clignotent et font du bruit.

Les entraves à l’autonomie 

  • Nourrir le bébé à la cuillère alors qu’il cherche à manger par lui-même (c’est souvent le cas « pour être sûr qu’il mange assez », « pour aller plus vite », « pour ne pas qu’il en mette partout »).
  • De manière générale, empêcher l’enfant de faire par lui-même alors qu’il manifeste l’envie d’essayer (souvent pour aller plus vite).
  • Donner à boire de l’eau au biberon ou à la tasse à bec de manière prolongée (les bébés sont très tôt capables de boire au verre, or il est fréquent de voir des petits de 18 mois voire plus boire de l’eau au biberon).

Le désordre 

  • Une chambre d’enfant qui « déborde » de jouets.
  • Une maison non ordonnée.

Le non-respect du rythme de l’enfant 

  • Lui imposer d’aller se coucher parce que « c’est l’heure » alors qu’il n’a pas sommeil.
  • Le forcer à manger alors qu’il n’a pas faim.
  • Lui imposer l’apprentissage de la propreté alors qu’il n’est pas prêt…

L’isolement du monde et l’exclusion de la vie familiale 

  • Le faire dormir dans un lit à barreaux (Maria Montessori le qualifie de « prison »).
  • Le mettre dans un parc (encore !).
  • Ne jamais l’inclure aux repas familiaux.

Les violences éducatives en tout genre 

  • Laisser pleurer.
  • Violences physiques.
  • Violences verbales.
  • Isolement (exemple : mise au coin).
  • Récompenses et chantage (exemple : « si tu fais pipi dans le pot, tu auras un bonbon » ; « si tu es sage, tu auras des cadeaux à Noël »…).

L’idée de cette liste est aussi de souligner l’importance de s’inspirer de la philosophie Montessori dans sa globalité. Cette liste souligne nettement que contrairement à ce que beaucoup pensent, c’est loin d’être simplement une histoire de matériel. L’attitude du parent est au moins aussi importante, tout comme la préparation de l’environnement. Acheter des jeux « labélisés » Montessori, mais les laisser s’entasser dans la chambre de l’enfant, ou interrompre l’enfant sans arrêt lorsqu’il essaie de s’en servir ne revient pas à appliquer la pédagogie Montessori, ni même s’en inspirer… Il en serait de même pour des parents qui installeraient une chambre « Montessori » à leur enfant, mais le puniraient en qualifiant ses maladresses de « bêtises » et ses colères de « caprices »… Sans en arriver à l’extrême de se mettre une immense pression pour appliquer à la lettre chaque détail de la pédagogie en toute heure comme un dogme, il me semble qu’il soit nécessaire d’adopter une démarche cohérente.

Il est aussi important de se laisser du temps, à soi comme à l’enfant. Décider de s’inspirer de la pédagogie Montessori à la maison est une excellente initiative, mais bien entendu, on ne peut pas tout changer du jour au lendemain. Le parent apprendra progressivement, avec la pratique, à ajuster son attitude. Si l’enfant a été trop aidé jusque-là, il est possible qu’il ait développé une certaine passivité. On lui redonnera en douceur le goût de l’autonomie. S’il n’a pas l’habitude de choisir lui-même ses activités et de se concentrer longtemps sur une tâche, il aura besoin probablement besoin d’être guidé (subtilement) au départ. Il apprendra à être à l’écoute de ses besoins pour choisir les activités adéquates.  Maria Montessori raconte d’ailleurs dans L’enfant et L’esprit absorbant de l’enfant les difficultés qu’ont pu rencontrer de nouvelles maîtresses montessoriennes avec des enfants débutant avec cette pédagogie. Une période d’ajustement, à la fois pour la maîtresse et pour les enfants, était nécessaire. De mon côté, j’ai pris conscience en m’intéressant au travail de Maria Montessori que j’intervenais trop auprès de mon fils lorsqu’il était en activité. J’intervenais par des félicitations ou des commentaires, alors qu’il ne me demandait rien. A force, il était devenu dépendant de mon regard : après avoir accompli quelque chose, il avait tendance à me regarder pour que je le félicite ! J’avais aussi tendance à l’aider trop vite lorsqu’il rencontrait un obstacle sur une activité. Et du coup, il avait tendance à me solliciter rapidement, plutôt que de continuer à chercher par lui-même. J’ai réajusté mon attitude, et il est maintenant plus persévérant. Mais évidemment, l’ajustement a dû se faire pour lui comme pour moi, et progressivement.

Finalement, je pense que l’un  des éléments les plus importants est la remise en question perpétuelle du parent : son humilité, ses efforts pour se questionner et ajuster son attitude envers son enfant afin de respecter au mieux sa personnalité ainsi que son envie d’apprendre. Je pense qu’avec un tel état d’esprit, on ne peut que progresser !

Note : 

Pour écrire cet article, je me suis principalement servie des livres suivants, que je vous recommande chaudement si vous souhaitez approfondir ce sujet passionnant !

L’enfant de Maria Montessori

L’esprit absorbant de l’enfant de Maria Montessori

Vivre la pensée Montessori à la maisond’Emmanuelle Opezzo

Je vous conseille également le livre 100 activités d’éveil Montessori d’Ève Hermann, qui est une mine d’idées pour les activités de vie pratique, mais aussi pour les activités Montessori facilement applicables à la maison en général.

Sources et références :

A propos du libre choix :

L’enfant, Maria Montessori, Broché, 2006 p 42 à 43 ; p 112-114

A propos des caractéristiques du matériel :

http://www.apprendre-autrement.biz/le-materiel-montessori

Vivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016, p 165 à 167 et p 176 à 179

A propos du contrôle de l’erreur : L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori, Broché, 2003, p 202 à 204 

A propos de l’aménagement de la maisonVivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016, p 133 à 139

A propos du « citoyen oublié » :

L’enfant, Maria Montessori, Broché, 2006 p 42 à 43 ; p 11 à 17

A propos des enfants d’1 an et demi ayant tendance à transporter des objets lourds, faire des allers-retours :

Vivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016 p 91-92,

L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori, Broché, 2003, p126-127

A propos de la dignité (exemple du mouchage) : L’enfant, Maria Montessori, Broché, 2006, p121-122

A propos de l’environnement préparé :

L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori, Broché, 2003, p 225-226

Vivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016, p 83 à 95

A propos de l’aide utile :

L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori, Broché, 2003, p 126, p 226 à 233 (entre autres)

Vivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016, p 111 à 118

A propos de l’observation : Vivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016, p122-123

A propos des activités de vie pratique

L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori, Broché, 2003, p 227

Vivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016, p 103

100 activités d’éveil Montessori, Ève Herrmann, Nathan, 2013, p 20 à 87

A propos des livresVivre la pensée Montessori à la maison, Emmanuelle Opezzo, Marabout, 2016, p 181

A propos de l’ouverture sur le monde et de la nature :

L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori, Broché, 2003, p 97 à 99, p 100

100 activités d’éveil Montessori, Ève Herrmann, Nathan, 2013, p 201 à 213

A propos de la discipline :

L’enfant, Maria Montessori, Broché, 2006 p 42 à 43 ; p 125-126

L’esprit absorbant de l’enfant, Maria Montessori, Broché, 2003, p 205 à 213

Crédit photo :

Photo de Alex. Licence Creative Commons.

13 réflexions sur “Appliquer la pédagogie Montessori à la maison

  1. Morgane Lainé dit :

    Encore un superbe article très complet et super enrichissant qui permettra à pus de découvrir et d’appliquer cette superbe pédagogie !
    Je me rends compte en fait que sans avoir vraiment étudier les idées de Maria Montessori j’applique assez instinctivement plusieurs de ses conseils :)

  2. Roxane dit :

    J’adoooore ton article! En fait, j’ai découvert la pédagogie Montessori grâce à ton blog. Merci tellement pour ce partage! J’attends le prochain article avec impatience

  3. Erwan dit :

    Merci pour cet excellent article. J’ai découvert la méthode Montessori il y a peu, et j’aimerais la mettre en place à la maison pour mes filles de 2ans et 4ans.
    C’est vrai que ce n’est pas facile et comme vous dites c’est avant tout aux parents de se remettre en question. Je pense que cette méthode demande vraiment beaucoup de temps et d’expérience, avant de la mettre vraiment en place. Il faut y aller progressivement, et je trouve votre article un excellent point de départ.

    Merci beaucoup !

  4. Charlène dit :

    Je trouve cet article particulièrement clair et riche. On y retrouve tout, de façon limpide. Merci pour ce travail, pour sa construction et ses références. Il permet d’avoir les bases (et même plus) pour mettre en pratique avec nos enfants!
    Je pratique la pédagogie avec ma fille depuis sa naissance (elle va avoir 6 mois), ma famille et mes amis ne connaissaient pas forcément et je sais que grâce à cet article ils pourront avoir toutes les informations pour comprendre ma démarche (et en être convaincus!).
    Merci encore!

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