La politesse : comment l’enseigner aux enfants ?

Apprentissage de la politesse

L’enseignement de la politesse est un thème qui tient à cœur à de nombreux parents. Effectivement, nous aimerions tous que nos enfants soient polis en société ! D’une part parce que cela renvoie une bonne image de nous-mêmes en tant que parents  (ah, la fameuse dépendance de l’approbation des autres !), et aussi parce que nous considérons que c’est un apprentissage important pour l’enfant. C’est vrai que maîtriser les codes sociaux est, à long terme, indispensable pour de bonnes relations sociales. Et nous souhaitons bien sûr que nos enfants disposent de tous les outils pour être à l’aise en société.

Je ne remets pas cela en cause. Effectivement, je pense que cet apprentissage est important pour l’enfant.

Par contre, je pense aussi qu’il est important de se pencher sur la question du COMMENT. Comment transmettre ces notions à l’enfant de manière respectueuse ? Comment lui transmettre ces notions de la manière la plus juste et authentique possible ? Comment lui transmettre ces codes pour qu’ils l’aident réellement dans ses relations aux autres ? Et surtout, que souhaitons-nous lui transmettre exactement ?

Cet article a été pensé en collaboration avec Coralie, du blog Les 6 doigts de la main. Le principe est simple : nous choisissons ensemble un thème que nous développons chacune de notre côté, exposant nos réflexions et expériences respectives. Je développe davantage le sujet autour des petits enfants, et Coralie élargit la question aux enfants plus grands et adolescents, forte de son expérience de maman de 4 enfants dont 2 ados ! Ainsi nos articles se complètent, chacune apportant son éclairage. Nous nous étions déjà prêté à cet exercice au sujet de l’autonomie.

C’est parti cette fois ci pour l’apprentissage de la politesse !

LA POLITESSSE EST UNE NOTION COMPLEXE

Je pense qu’à ce sujet, on en demande trop aux enfants. Trop et trop tôt. Souvent, dès que l’enfant commence à parler un peu, autour de 2 ans, c’est parti pour les « dis merci ! », « dis s’il-te-plaît ! », « dis bonjour ! », « qu’est-ce qu’on dit ? » à longueur de journée. L’autre jour, j’étais avec mon P’tit Loup à la maison verte, et une mamie accompagnait son petit-fils d’à peine 2 ans et demi. Un autre enfant lui a donné un jouet, et derrière la mamie a enchaîné pendant au moins une minute (promis je n’exagère pas !) : « et qu’est-ce qu’on dit ? Hein ? Qu’est-ce qu’on dit Raphaël ? Hein ? Hein ? Qu’est-ce qu’on dit ? On dit merci ! Tu dis merci ? Hein ? Tu dis merci Raphaël ? Dis merci ! Allez, dis merci ! Qu’est-ce qu’on dit ? » . Tout en le suivant partout et en lui parlant dans les oreilles. Moi je voyais un petit garçon qui avait surtout envie de continuer à jouer, qui ne comprenais pas le sens réel de ce qu’on lui demandait et honnêtement, ça ressemblait à une forme d’harcèlement ! Alors oui, il a fini par le dire le fameux mot magique, mais probablement pour être enfin tranquille ! Il me semble si peu probable qu’il ait tiré un quelconque enseignement de cette situation…

Il faudrait que l’on prenne conscience que ce n’est pas parce qu’un enfant est capable de dire les mots « bonjour », « s’ilteplaît » et « merci » avec sa bouche qu’il en comprend réellement le sens. La politesse et les codes sociaux en général sont des notions complexes, elles ne s’apprennent pas du jour au lendemain. Il faut du temps aux enfants pour les maîtriser. À cela s’ajoute la problématique du sentiment de timidité souvent présent face à un adulte inconnu. On ne peut attendre d’un enfant de 2 ans qu’il dise ces mots comme il se doit et à chaque fois que la situation se présente. Ce n’est tout simplement pas réaliste si l’on prend en compte son stade de développement.

Pour utiliser convenablement ces mots de manière spontanée, l’enfant a besoin de se les approprier. Il a besoin d’en comprendre fondamentalement le sens. Cela passera d’abord par une phase de familiarisation, où il fera connaissance avec ces mots. Puis, à force de les entendre dans leur contexte régulièrement dans sa vie quotidienne, cela fera petit à petit son chemin dans sa tête. Ces mots, leur sens, l’effet positif qu’ils produisent sur l’autre lorsqu’on les prononce…il intègrera tout cela en lui, l’imprimera petit à petit dans son esprit. C’est ainsi qu’il pourra s’approprier ces notions à son rythme. Et un jour, lorsqu’on ne s’y attend pas, l’enfant dira un beau MERCI ou S’IL-TE-PLAÎT tout comme il faut, dans son contexte. Ce mot sera dit de manière si sincère qu’il fera vibrer le cœur de ses parents, je vous assure qu’il n’y a pas plus belle récompense ! Et quand il verra son interlocuteur si heureux d’entendre ce mot, il aura envie de le redire la prochaine fois que l’occasion se présente. Je me souviens avec beaucoup d’émotion de la première fois où mon P’tit Loup, qui avait alors 23 mois, m’a demandé quelque chose en y ajoutant «s’il-te-plaît », sans que je ne lui ai rien demandé ! ❤️

« APPRENDRE » LA POLITESSE ?

Les adultes tiennent absolument à « apprendre la politesse aux enfants », mais en réalité, c’est comme beaucoup d’autres apprentissages : l’enfant est capable d’apprendre seul si l’environnement le lui permet. N’oublions pas qu’il est doté d’un esprit absorbant, d’une intelligence plastique, de neurones miroirs… Nous ne demandons pas à nos enfants de nous dire « je t’aime ». Pourtant, si nous leur disons régulièrement de manière sincère, arrive un jour où ils le disent d’eux-mêmes. Un « je t’aime » qui vient du cœur, utilisé parfaitement dans son contexte. Mon P’tit Loup de bientôt 4 ans commence à me le dire régulièrement, pourtant je n’ai absolument rien fait pour cela à part le lui dire moi-même… Si les enfants sont capables de cela, pourquoi ne seraient-ils pas capables d’intégrer de la même manière des mots tels que « s’il-te-plaît » ou « merci » ?

De même, il me semble que la plupart des parents ne tiennent pas à ce que leurs enfants prononcent de mots grossiers, et donc ne leur en « apprennent » surtout pas. Pourtant, viendra un jour où BIM, ils seront stupéfaits d’entendre leur enfant prononcer un « gros mot », là, parfaitement dans son contexte, et même avec le ton qui va bien ! Personne ne lui aura « appris » ni demandé de le dire. Et pourtant… Pourquoi serait-il capable d’apprendre à utiliser parfaitement les « gros mots », et non les mots de politesse ?

L’enfant, par son esprit absorbant et son intelligence plastique, modélise les comportements survenant de manière régulière dans son environnement. Pour enseigner à nos enfants les codes de politesse, il suffit simplement de leur montrer l’exemple en les utilisant quotidiennement avec eux et le reste de leur entourage !

Je suis intimement convaincue que la « méthode traditionnelle » d’apprentissage de la politesse vient au contraire freiner cet apprentissage naturel et spontané. Elle est si négative ! Souvent, on « force » l’enfant à dire des mots qu’il ne veut pas prononcer, en lui demandant avec insistance, voire en faisant du chantage (je ne te donnerai pas ce que tu m’as demandé tant que tu n’auras pas dit s’il-te-plaît/merci). Face à cela, l’enfant a tendance à développer une résistance et du coup, refuse de prononcer ces mots ! Il s’oppose simplement parce qu’il ressent une énorme pression de l’adulte pour l’obliger à faire quelque chose qu’il n’a pas envie de faire. Qui a envie de faire les choses sous la contrainte ? Notez que généralement, les enfants refusent de dire « bonjour » ou « merci » lorsque les adultes insistent, et au contraire répètent à la chaîne les gros mots lorsque les adultes leur disent de ne pas les dire ! Au final, on obtient, par ces méthodes si négatives, exactement l’opposé de ce que l’on recherche… Et des conflits à la clé…

QUE VOULONS-NOUS TRANSMETTRE ?

Il convient aussi, comme souvent, de se demander ce que l’on souhaite réellement transmettre à l’enfant. Qu’est-il important lorsque l’on dit « bonjour », « s’il-te-plaît », « merci » ? Personnellement, je pense que la sincérité avec laquelle on prononce ces mots est plus importante que les mots eux-mêmes. Quelle valeur ont-ils s’ils sont prononcés sous la contrainte ? Aucune ! Il nous est tous arrivé de recevoir un merci dédaigneux lors d’un échange conflictuel, dont on se serait bien passés au final…

Un enfant que l’on oblige à dire « merci » par du chantage par exemple, le dira probablement pour obtenir ce qu’il désire. Mais qu’aura-t-il appris au juste ? Pas grand-chose. La maîtresse de mon P’tit Loup utilise cette méthode. Lors de la collation du matin, elle ne donne pas son goûter à un enfant tant qu’il ne lui a pas dit « merci ». Alors depuis septembre, mon P’tit Loup lui dit merci tous les matins… pour avoir sa collation. Mais cela ne lui a pas appris à le dire dans d’autres circonstances, bien sûr que non. Pourquoi dire merci quand il n’y a rien à obtenir de plus derrière ? Quand on demande à un enfant de « dire merci », il ne fait que répéter après nous comme un perroquet pour être tranquille/avoir ce qu’il demande. Quel intérêt ?

Lorsque l’on enseigne la politesse à un enfant simplement en lui montrant l’exemple, cela prend plus de temps certes. Mais lorsqu’il finit par dire ces mots de lui-même, cela a une toute autre valeur ! Depuis quelques semaines, mon fils a eu un vrai « déclic » avec le mot « merci ». Il le dit tous les jours, comme ça de lui-même, et d’une manière si sincère ! La première fois que j’ai eu un si beau « Merci » venant du cœur, c’était au moment du coucher. J’étais allongée dans le lit avec ma petite Louve qui tétait à ma gauche, et mon P’tit Loup qui me faisait un câlin pour s’endormir à ma droite. Comme j’allaitais ma petite Louve, je tournais à moitié le dos à mon P’tit Loup. Quand elle s’est endormie profondément, je me suis tournée complètement vers lui. Et c’est là qu’il m’a dit d’un ton plein de gratitude : « Merci ! Merci de te tourner vers moi ! Merci ! ». Je ne vous raconte pas comme j’étais émue ! ❤️ Depuis, il me le dit tous les jours des phrases comme « Merci maman d’avoir éteint la lumière et rangé le livre à ma place parce que j’étais trop fatigué, ça m’a bien aidé », « Merci maman pour ce bon repas », « Merci parce que tu as bien voulu qu’on fasse un détour par le toboggan »… À chaque fois cela fait fondre me cœur, et à chaque fois je me félicite du chemin que nous avons pris. 

D’ailleurs, à un moment donné, nous nous sommes un peu écartés de notre chemin. Mon P’tit Loup avait parfois tendance à demander les choses sur un ton désagréable. Au début, nous le reprenions en disant « je n’aimais pas ce ton, je préfère qu’on me dise « Est ce que je pourrais avoir du pain s’il te plaît ? » », n’en faisant pas une condition pour le donner ce qu’il demandait. Et puis son papa a de fil en aiguille « demandé » le « s’il te plaît » en ne le servant pas tant que ce mot n’avait pas été prononcé. J’ai laissé faire parce qu’à ce moment-là, j’avoue que je doutais de notre manière de faire. Ce n’est pas toujours évident de garder le cap ! Et bien le résultat, c’est qu’il a fini par dire ce « s’il-te-plaît » sur un ton exécrable. Et c’est là que j’ai pris conscience que non, notre chemin initial était le bon ! Qu’avait de valeur un
« s’il-te-plaît » prononcé avec agressivité ? Alors j’ai pris le temps d’expliquer à mon P’tit Loup que ce qui me dérangeait vraiment, c’était le ton employé, et non l’absence du « s’il-te-plaît ». Que je préférais qu’il me demande les choses avec une question, avec douceur, avec ou sans « s’il-te-plaît » . Que c’était là le plus important, même si un « s’il te plaît » en plus fait toujours très plaisir ! Nous en avons parlé avec le papa et avons convenu de veiller à ne plus faire du « s’il te plaît » une condition pour être servi. Il a du coup arrêté de le dire pendant un moment, nous n’avons jamais insisté. Maintenant, il recommence à le dire de temps en temps, avec sincérité ! C’est bien sûr loin d’être systématique, et ce n’est absolument pas un problème. J’ai confiance en lui, il est en train d’apprendre et viendra un jour où cela lui semblera plus naturel.

Oui, la manière de dire ces mots est vraiment importante. Je constate d’ailleurs avec amusement que mon P’tit Loup a 2 manières bien différentes de dire MERCI. Lorsqu’il le dit de lui-même, c’est à chaque fois un grand MERCI qui vient du cœur, cela se ressent tellement… En revanche, si quelqu’un lui demande de le dire, il va le dire soit sur un ton assez timide s’il s’agit d’une personne qu’il connaît peu, ou alors sur un ton à moitié « mécanique » et à moitié moqueur, comme s’il montrait bien qu’il répétait comme un robot pour faire plaisir sans prendre la chose au sérieux. Pour moi, cela veut tout dire…

Et puis, il n’y a pas que ces mots qui permettent de créer le lien social. Il arrive que mon fils ne dise pas « bonjour » quand arrivent son papi et sa mamie. Il ne dit pas bonjour non, mais il prend son papi ou sa mamie par la main et l’entraîne dans sa chambre pour lui montrer ses jouets et lui raconter plein de choses. Au final, cela ne vaut-il pas mieux qu’un « bonjour » ? Il me semble que le « bonjour » est comme une manière de montrer à l’autre qu’on est là, qu’on fait attention à lui, qu’on est heureux de le voir… D’engager la relation avec lui. Toutes ces cases ne sont-elles pas cochées lorsque l’enfant va spontanément voir quelqu’un et créé du lien avec cette personne ? Est-ce si grave si le mot « bonjour » n’a pas été prononcé ?

Aujourd’hui je ne doute plus, plus du tout. Mon P’tit Loup dit régulièrement de magnifiques MERCI avec le cœur et c’est un bonheur. À côté de cela, il ne dit pas toujours « bonjour », « au revoir » ou «s’il te plaît » et ce n’est pas un problème. Il refuse de parler au téléphone parce qu’il n’est pas à l’aise avec ce mode de communication, ce n’est pas non plus un problème. Tant pis si on peut parfois sembler laxistes aux yeux de certaines personnes, l’important est d’être en phase avec notre conduite. On le laisse apprendre à son rythme, sans pression aucune, et viendra certainement un jour où il aura le déclic pour le reste !

LA JUSTE POSTURE

Voilà ce que peut faire le parent, à mon avis, pour encourager l’apprentissage naturel de la politesse de son enfant :

  • Remercier sincèrement l’enfant à la moindre occasion, remercier sincèrement les autres aussi tout en expliquant les choses à l’enfant « je dis merci à tata parce que je suis touchée qu’elle m’ait offert ce beau cadeau ! », « je dis merci à mamie parce qu’elle a passé beaucoup de temps à nous cuisiner ce bon repas ! ». Quand mon P’tit Loup me dit ses beaux mercis venus de nulle part, je reconnais la formulation que j’emploie quotidiennement avec lui, comme « merci d’avoir patienté tranquillement pendant que j’endormais ta petite sœur, ça m’a bien aidé ! ». Comme quoi, ce n’est jamais vain 😉
  • Lui expliquer le sens réel des mots. Par exemple, quand mon P’tit Loup avait autour de 2 ans, je lui avais dit que « Merci » était un mot que l’on prononce lorsque l’on est reconnaissant envers quelqu’un. Des livres peuvent être un bon support. Nous avions utilisé « Merci » de la collection Bébé Baltazar, que je trouve très chouette ! On  voit Baltazar dire de beaux « Merci » reconnaissants dans diverses circonstances. À la fin de ce livre, on peut décrocher une petite pomme en carton, la donner à l’enfant, et lui dire, « est-ce que tu veux toi aussi dire « Merci » ? ».  Mon P’tit Loup aimait beaucoup, et à presque 4 ans aime toujours beaucoup !
  • Instaurer des petits jeux de rôles, où l’on donne quelque chose à l’enfant et on l’invite à dire Merci. Puis on inverse les rôles… Comme dans le livre de Baltazar cité plus haut !
  • Lorsqu’une occasion se présente, on peut dire « Merci » à la place de l’enfant. Je le faisais systématiquement lorsqu’il était tout petit, lorsque je savais qu’il n’était pas du tout prêt à le dire lui-même. C’est je pense une bonne prévention au « dis merci » qui risque de suivre, cela empêche un potentiel malaise…
  • On peut inviter l’enfant à le dire, mais sans pression aucune. La phrase que j’aime utiliser, c’est (par exemple s’il reçoit un cadeau) : « tu es content ? Qu’est-ce que tu peux dire si tu es content ? ». Je lui demande d’un ton enthousiasment, avec le sourire. Généralement, il répond un grand « Merci ! » avec le sourire également ! Et si jamais il ne veut pas, je n’insiste pas et le dis à sa place.
  • Lorsque l’enfant dit un merci spontanément, bien lui montrer à quel point cela nous touche, nous fait plaisir. Je pense que faire cela encourage mon P’tit Loup à recommencer, car il voit l’impact positif de ces mots et cela lui fait plaisir !

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Voilà mes réflexions sur l’apprentissage de la politesse. J’ai conscience que c’est un sujet délicat, parce qu’au tournant il y a le jugement des autres qui est souvent sans appel. Pour autant, je pense que laisser l’enfant faire cet apprentissage à son rythme en vaut largement la peine, pour l’enfant et aussi pour nous, à court et long terme ! ❤️

Je vous invite à découvrir l’article de Coralie : Enseigner la politesse aux enfants et aux adolescents.

Note : Mon article a été écrit il y a un peu plus de 2 mois, je ne l’ai laissé tel quel pour plus d’authenticité mais depuis, mon P’tit Loup dit de plus en plus « s’il te plaît » et « au revoir » de manière spontanée 😊

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4 réflexions sur “La politesse : comment l’enseigner aux enfants ?

  1. chutmamanlit dit :

    Merci pour cet article ! Je regrette juste que politesse soit souvent réduit à « merci, bonjour et s’il te plaît ».
    Comme tu le mentionne à un moment, le ton est aussi très important pour moi. En ce moment, mon fils de trois ans a parfois tendance à exiger des choses de ma part sur un ton très désagréable, et c’est une attitude avec laquelle j’ai du mal à garder mon calme et ma bienveillance. D’autant que côté exemple, nous ne lui parlons justement pas de cette manière…

    Mais avec du recul, je réalise que ce que je désigne par le terme « exigence » est seulement un souhait très fort de mon fils, exprimé avec le mauvais temps et et les mauvais mots (un « je veux que tu… » au lieu de « j’aimerais bien que tu… » ), qui n’est probablement pas volontairement désagréable à trois ans… (ou du moins pas avec la même intensité avec laquelle je vis la scène)

    • Floriane dit :

      Oh je connais ce que tu décris, je suis passée par là avec mon fils, j’avais moi aussi beaucoup de mal avec ce ton exigeant, ces « je veux » en criant etc. Et puis j’ai réalisé qu’en fait, il n’avait pas conscience que c’était désagréable pour les autres. Il disait « je veux » parce que c’est comme ça qu’il demande les choses habituellement, et quand il se sentait mal ou était frustré il le disait en criant puisque incapacité à moduler ses émotions… ce qui ressort très mal pour un regard extérieur, mais aucune volonté de nuire de sa part ! Et nous nous sommes rendue compte que nous lui disions toujours « tu veux ça ou ça ? », alors forcément à son tour il disait « je veux ». Alors nous nous sommes mis à lui dire plus tôt « tu voudrais ça ou ça », « tu aimerais ça ou ça », et c’est tout naturellement qu’il est passé au conditionnel ^^
      Un souhait très fort mal exprimé, je pense que c’est tout à fait ça tu as raison !
      Tu peux lui expliquer avec toute ton empathie que c’est désagréable pour toi d’entendre les choses de cette manière, et lui expliquer comment tu aimerais qu’il formule sa demande.
      Tout en sachant qu’en cas de débordement émotionnel, il ne pourra pas le tenir et c’est OK, il apprend. Un jour mon fils m’a dit « quand c’est difficile je n’arrive pas à le dire avec douceur ! », c’était très pertinent comme remarque à mon sens !

  2. Nanakie dit :

    Merci pour cet article plein de bon sens !
    Ma fille a 21 mois et je ne me focalise absolument pas sur la politesse, car j’estime comme tu le dis, qu’elle doit en comprendre l’intérêt avant de dire ces fameux merci/bonjour/au revoir ! Merci fut le premier mot que l’on a beaucoup prononcé devant elle, et quand elle a commencé à le dire, nous étions ravis ; mais il était flagrant qu’elle n’en comprenait pas le sens, puisqu’elle le disait quand elle-même donnait quelque chose, et non quand elle recevait !
    Aujourd’hui elle sait que l’on dit au revoir quand on s’en va, elle n’a pas encore assimilé le but du « merci » ni du « bonjour », et elle prononce aléatoirement ces mots. Je sens que les gens commencent à attendre d’elle que ce soit systématique. J’utilise ta technique de dire moi-même « bonjour/merci » pour devancer les demandes intempestives !

    • Floriane dit :

      Merci pour ton retour et ton partage d’expérience ! Effectivement ta fille apprend doucement à son rythme, c’est super ! Je pense que tu as raison de le dire à sa place pour anticiper les demandes/remarques !

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