Les lois naturelles de l'enfant

Les lois naturelles de l’enfant selon Céline Alvarez

Les lois naturelles de l'enfant

Quelles sont les lois naturelles de l’enfant ?

Si vous me suivez, vous avez dû comprendre que je suis totalement fan et admirative du travail de Céline Alvarez. Pourtant, je n’ai pas encore pris la peine de le présenter véritablement ! C’est le moment d’y remédier avec cet article ! 

Indignée par notre système éducatif actuel quel juge totalement inadapté aux besoins des enfants, Céline Alvarez a mené pendant 3 années scolaires une expérience passionnante dans une classe de maternelle en zone d’éducation prioritaire à Genevilliers, en région parisienne. Son idée était d’adopter une démarche pédagogique fondée sur les connaissances du développement humain, et de vérifier si cela réduirait les difficultés pour tous : élèves et enseignants. Elle se basa des travaux de Maria Montessori (qu’elle a étudié pendant 7 ans), qu’elle a ensuite enrichis des connaissances scientifiques actuelles (notamment les neurosciences, l’étude du développement du langage, et le développement humain en général).

Les résultats furent spectaculaires. Voici ce que concluait le rapport du ministre de l’académie suite à des tests réalisés sur les enfants, seulement à la fin de la première année scolaire : « Tous les élèves, sauf un, progressent plus vite que la norme, beaucoup connaissent des progressions très importantes. L’élève qui ne progresse pas par rapport à la norme est celui qui a été le plus absent dans l’année. » La majorité des enfants de 4 ans étaient entrés dans la lecture. À la fin de la deuxième année, le rapport indique que non seulement tous les enfants de grande section étaient lecteurs, mais qu’ils « affichaient une compréhension du texte qu’ils viennent de lire aussi bonne qu’un élève de CE1 ». La casi totalité des enfants a obtenu le score maximal à l’épreuve de décision numérique, qui est étalonnée par des élèves de CE2 ! Ils étaient capables de faire des additions à 4 chiffres. Et surtout, ces progrès exceptionnels se sont produits dans la joie, la bonne humeur, et la facilité !

Les élèves ont même développé d’autres qualité que les compétences purement académiques, telle que la capacité à se concentrer, l’autonomie, l’autodiscipline, la bienveillance spontanée envers les autres enfants, et de manière plus générale l’altruisme ! Les parents ont rapportés de grands changements dans le comportement général de leurs enfants, tel que leur calme général, leur volonté d’aider les autres, et leur enthousiasme face aux apprentissages !

La conclusion de Céline Alvarez suite à cette expérience est sans appel : si nous respectons leurs mécanismes naturels d’apprentissage, les enfants sont capables d’aller bien plus loin que ce qu’on n’oserait attendre d’eux.

Alors, quelles sont ces lois naturelles de l’apprentissage ?

APPRENDRE PAR DES EXPÉRIENCES ACTIVES

Pour apprendre, l’être humain doit être actif et engagé. Il doit pouvoir, par des expériences actives, faire des prédictions, se faire surprendre par le décalage entre ses prédictions et la réalité, puis réajuster ses prédictions pour préciser ses connaissances. C’est comme cela que l’intelligence humaine fonctionne ! L’enfant est particulièrement fort pour cela, car il ne se laisse pas influencer par ses connaissances/croyances antérieures, contrairement à nous adultes. Il est toujours prêt à remettre ce qu’il sait en question suite à de nouvelles expériences !

La nature a bien prévu les choses : elle pousse l’enfant dans ses apprentissages en lui donnant une envie puissante et intrinsèque d’apprendre : lorsqu’il se trompe, son cerveau génère la production de dopamine, l’hormone qui active les circuits du plaisir, de la récompense, et même de la mémoire ! Donc, lorsqu’il s’aperçoit d’une erreur, il ressent du plaisir à l’idée d’en apprendre plus, et il retient mieux ! Et plus sa curiosité est forte, mieux il retient.

Avant 6 ans, le cerveau de l’enfant est particulièrement plastique : il absorbe tout ce qui se passe dans son environnement, et c’est ainsi qu’il construit son intelligence. De la naissance à 5 ans, 700 à 1000 nouvelles connexions neuronales se créent chaque seconde dans son cerveau ! C’est-à-dire que si l’enfant a, dès la naissance, un immense potentiel, c’est son environnement qui permet le plein développement de son intelligence. (La responsabilité des parents et des personnes travaillant au quotidien auprès de jeunes enfants est donc immense !). Et la nature est tellement bien faite que lorsqu’une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour ses apprentissages, le tout petit se sent naturellement animé d’une vive passion pour l’exploration. Il a envie de toucher, sentir, expérimenter… de manière active bien entendu ! C’est ce que Maria Montessori appelait les « périodes sensibles ». Lorsqu’il explore, ainsi poussé par cet élan naturel, il créée des milliers de connexions neuronales, construit son intelligence ! Il est donc capital de ne pas entraver ces conquêtes vitales pour son développement. Malheureusement, c’est ce que le système éducatif classique fait en permanence : « arrête de parler », « ne touche pas à ça », « assied toi »… L’enfant, pour développer pleinement son intelligence, a impérativement besoin d’agir activement sur son environnement, selon les directives de ses périodes sensibles.

Ce n’est pas en écoutant passivement un enseignant assis sur une chaise que l’enfant apprend. C’est en vivant ! Pour ancrer en lui de nouvelles connaissances de manière efficace et durable, celles-ci doivent découler d’une expérience active !

« Aucun enseignant, aussi bon orateur et savant soit-il, ne pourra jamais transmettre directement ses connaissances dans le cerveau des élèves en parlant. »

« Nous apprenons difficilement des erreurs et expérience des autres. Nous devons les vivre nous- même. »

« L’être humain apprend en faisant, et non en écoutant. »

« L’enfant n’apprendra jamais aussi solidement que par les explorations spontanées qui le motivent. »

Pour Céline Alvarez, c’est simple : une pédagogie digne de ce nom est forcément active.

Finalement, tout cela semble assez évident si l’on y réfléchit. Le tout-petit, simplement en vivant et en expérimentant par lui-même, apprend une quantité phénoménale de choses ! Bien avant d’aller à l’école, il apprend à marcher, à parler, à manger seul en utilisant des ustensiles… Il réalise de tels exploits par lui- même, naturellement, sans efforts, dans la joie et la bonne humeur. En apprenant de manière autonome, simplement guidé par l’adulte qui échange avec lui, il se débrouille très bien ! Pourquoi cela devrait-il changer par la suite ? Pourquoi devrait-il s’assoir et attendre qu’on lui « serve » des informations qu’il est sensé retenir, alors qu’elles n’ont aucun sens à ses yeux ?

Lors d’une réunion d’information d’une (super !) école à pédagogie active à laquelle j’ai assisté récemment, le directeur expliquait que des élèves d’une classe de son école avaient passé plusieurs jours à construire un modelage géant représentant l’anatomie de l’oreille. Bien sûr, cela avait pris du temps, bien plus de temps que de donner un polycopié aux élèves contenant un schéma détaillé de l’oreille. Mais, comme il l’expliquait si bien, ce schéma, ils l’auraient probablement appris et retenu… pendant 2-3 jours ! Alors que là, par l’expérience qu’ils ont vécue au travers de ce modelage, les connaissances auront bien plus de chances de rester ancrées durablement…

Dans la classe de Gennevilliers, les élèves étaient constamment actifs. Non seulement ils étaient actifs dans leurs activités pédagogiques, mais ils l’étaient également pour s’occuper de l’entretien de leur classe via des activités de vie pratique, ou encore pour s’occuper d’eux-mêmes. En effet, un point d’honneur était mis sur le développement de l’autonomie individuelle des enfants au quotidien. On veillait à ne jamais entraver leurs initiatives spontanées. On leur montrait de manière précise les gestes du quotidien pour qu’ils puissent les reproduire seuls, comme mettre leurs chaussures, accrocher leurs manteaux, dérouler leurs tapis d’activité, nettoyer puis ranger après une activité… Et si certains avaient adopté une attitude passive parce qu’à la maison on faisait tout à leur place, on leur accordait une attention particulière pour leur redonner le goût de faire seuls.

L’INDISPENSABLE GUIDANCE DE L’AUTRE

« Le jeune être humain doit apprendre par lui-même, mais avec l’aide de l’autre ».

L’enfant est donc fait pour apprendre manière active et autonome, mais il a tout de même besoin d’un guide : l’adulte. Naturellement, les adultes ont envie de montrer des choses aux bébés : ils adoptent une sorte de posture pédagogie naturelle face à eux. De leur côté, les bébés ont envie de les écouter avec une grande attention. Les bébés apprennent à parler seuls, mais ils retiennent mieux les mots si on les leur a prononcé en pointant l’objet du doigt, ou en s’adressant directement à eux… (les études montrent qu’un dessin animé n’aura absolument pas le même effet !).

Céline Alvarez explique qu’elle ne croit pas aux méthodes de découverte pures, qui laissent l’enfant totalement livré à lui-même pour découvrir un domaine. Elle explique que de nombreuses études démontrent que ces enfants éprouvent de grandes difficultés à apprendre de cette manière.

L’enfant a besoin de l’adulte comme guide, mais l’adulte doit bien veiller à ne pas entraver les conquêtes naturelles de l’enfant : trop en faire pourrait atténuer son enthousiasme, trop faire à sa place pourrait empêcher ses expériences actives (et brider sa confiance en lui !)… La juste posture n’est pas évidente à trouver !

Par exemple, pour l’apprentissage de la lecture, il s’agira de donner à l’enfant les correspondances lettres/sons, mais ensuite le laisser décoder des mots/phrases par lui-même selon son rythme et ses envies. L’adulte est donc là pour lui servir de guide (en lui fournissant le code alphabétique), mais c’est par ses propres expériences et de sa propre initiative que l’enfant apprendra véritablement à lire…

L’INDISPENSABLE MÉLANGE DES ÂGES

« L’être humain est câblé pour apprendre avec d’autres humains plus jeunes et plus âgés que lui ».

La recherche a montré que les enfants d’âge différents adoptent entre eux cette posture pédagogie naturelle. Les plus âgés enseignent aux plus jeunes de manière tout à fait informelle, mais redoutablement efficace.

La classe de Genevilliers regroupait trois niveaux d’âge, et Céline Alvarez explique à plusieurs reprises dans son livre à quel point ce mélange des âges et cette émulation entres enfants furent bénéfiques pour leurs apprentissages ! Les plus jeunes, fascinés par les enfants plus grands, écoutaient très sérieusement leurs explications. De leur côté, expliquer aux plus jeunes permettaient à ces enfants de consolider leurs connaissances. Ils développaient aussi des compétences essentielles telles que la patience, le contrôle de soi, l’empathie…

Par ailleurs, les plus petits, par leur esprit absorbant, s’imprègnent des gestes plus matures des enfants plus grands qu’ils observent au quotidien, de leur langage plus évolué, de leurs signes d’autonomie plus avancée… C’est bien plus efficace pour eux que d’être entouré d’enfants tout aussi immatures qu’eux, et de n’avoir que l’enseignant comme « source d’absorption », ce qui d’une part est bien trop pauvre pour l’esprit de l’enfant avide d’être nourri (l’enseignant est trop peu disponible !), et bien trop pesant pour l’enseignant qui doit à lui seul nourrir tous ces esprits avides d’expériences.

Enfin, le mélange des âges permet aux enfants d’être confrontés à une plus grande diversité sociale, et donc de développer des compétences sociales plus avancées. Céline Alvarez explique que les enfants de sa classe étaient capables d’apporter une aide appropriée à un autre enfant comme à un adulte. Ils n’étaient pas démunis ni timides face à des personnes d’âge différent des leurs. Elle raconte aussi avoir été touchée par de nombreuses scènes d’entraide spontanée entre les enfants, bien plus que lorsqu’elle travaillait avec des enfants « classés » par année de naissance : le respect des lois naturelles de l’enfant, du point de vue du lien social, étaient surprenants !

LA MOTIVATION ENDOGÈNE

Les enfants sont capables d’apprendre une quantité phénoménale de choses, mais pour cela, une condition est essentielle : ils doivent être motivés par ce qu’ils apprennent. On aura beau les engager de manière active dans une activité, adopter la bonne posture pour les guider, si le sujet de les intéresse pas, ce sera voué à l’échec ! Au contraire, si l’activité les passionne, leur motivation intérieure leur donnera des ailes ! Non seulement ils seront capables de comprendre et assimiler de nombreuses informations, mais en plus, celles-ci se fixeront dans leur mémoire pour le long terme !

Céline Alvarez précise qu’il est capital que la motivation soit endogène, c’est-à-dire qu’elle vienne de l’enfant lui-même. Apprendre simplement pour avoir une bonne note à un contrôle, c’est faire preuve d’une motivation exogène, et c’est surtout oublier la majeure partie des connaissances apprises aussitôt le devoir rendu !

Ces conclusions me font écho par rapport à ma propre expérience. Je pense ne pas avoir été la seule à mémoriser une quantité phénoménale d’informations qui ne m’intéressaient absolument pas juste pour un contrôle scolaire, pour tout oublier à la minute où l’examen était passé ! En revanche, je me souviens très bien que je parvenais à mémoriser sans aucun effort des paroles de chansons que j’adorais en anglais, où des répliques de films. Et mes parents me disaient : « si seulement tu retenais aussi bien tes cours ! ». Forcément, ces films et ces chansons me passionnaient, je les « vivais » pleinement et de ma propre initiative, alors les retenir ne me demandais aucun effort…

Dans la classe de Gennevilliers, tout était pensé pour que les élèves puissent travailler en étant réellement motivés. Par exemple, pour l’apprentissage de la lecture, on donnait aux enfants des petits messages « secrets » sur des bouts de papier, qu’ils devaient décoder. Forcément, la motivation, et donc les résultats, étaient au rendez-vous ! C’est tout de même bien plus amusant que de déchiffrer des syllabes dans un manuel scolaire !

Par ailleurs, les enfants étaient libres de choisir eux-mêmes leurs activités. Ils se sont ainsi passionnés pour des matières « académiques » tels que les mathématiques, la lecture ou la géographie, autant que pour le dessin, la musique ou les jeux libres ! En choisissant eux-mêmes leurs activités, ils pouvaient chacun suivre leurs élans intérieurs, et forcément, n’évoluaient pas au même rythme sur les différentes matières. Alors que certains pouvaient passer une semaine à ne faire que des puzzles ou des origamis, d’autres passaient des jours à lire ou à apprendre à compter. Mais lorsqu’un enfant se mettait à une activité, il s’agissait là d’un véritable désir de sa part, et donc son investissement était total ! Céline Alvarez raconte qu’un élève de 4 ans s’était mis en tête de compter des perles qui se déroulaient sur une chaîne, jour après jour. La chaîne contenait 1000 perles. Il était tellement déterminé qu’elle et son assistante ont dû trouver un tapis un soir en catastrophe pour qu’il puisse dérouler cette chaîne longue de 7 mètres et aller au bout de son entreprise ! Elle mentionne également une petite fille de 4 ans et demi qui, de sa propre initiative, avait recopié un album jeunesse dans son intégralité ! Les objectifs que se fixaient parfois les enfants dépassaient largement ce qu’on aurait osé attendre d’eux. Voilà ce qui se passe lorsque les enfants sont libres de suivre leurs élans de motivation naturels !

Je pense qu’il est important de préciser que les enfants n’étaient jamais forcés à faire quoi que ce soit. Ils étaient non seulement libres de s’adonner à l’activité de leur choix, mais ils étaient également libres de ne rien faire, de dormir même s’ils le souhaitaient. Toute entreprise découlait de leur volonté propre.

L’IMPORTANCE DE L’ERREUR

L’erreur est à tort perçue comme négative, surtout en éducation. Pourtant, elle est indispensable aux apprentissages !

Voici ce que disent les chercheurs :

« Un individu apprend uniquement lorsqu’un évènement viole ses prédictions ».

Selon Céline Alvarez, sanctionner les erreurs, souvent dès la maternelle (par des appréciations) nuit gravement au processus naturel d’apprentissage. Un enfant qui ne fait pas d’erreurs ne devrait pas être félicité, simplement invité à réaliser des activités plus difficiles, au risque de s’ennuyer et de se comparer inutilement aux autres. Par ailleurs, un enfant ne devrait pas avoir peur de se tromper, puisque c’est cela même qui lui permet d’apprendre. L’erreur devrait simplement être neutre : il s’agit d’une information importante pour l’enfant qui la commet, qui lui permettra d’avancer. Voilà pourquoi le matériel de travail de la classe de Gennevilliers (principalement du matériel Montessori) permettait un autocontrôle de l’erreur. Ainsi, les enfants pouvaient travailler de manière tout à fait autonome, trouver eux-mêmes leurs erreurs (sans se sentir honteux ni mauvais !), les corriger par eux-mêmes, et ainsi progresser de manière très efficace.

Les mots de Céline Alvarez sont sans appel :

« Notre système éducatif traditionnel a tendance à faire exactement ce qu’il faut pour que l’être humain n’apprenne pas : il impose des activités aux enfants qui ne les motivent pas, et lorsque les enfants font l’effort de s’y engager, leurs inévitables erreurs sont jugées : ce jugement paralyse la prise de risque et bloque ni plus ni moins le mécanisme naturel d’apprentissage. »

LA RICHESSE DU MONDE RÉEL

Céline Alvarez déplore que les écoles traditionnelles soient si coupées du monde réel. Être enfermé toute la journée dans un bâtiment isolé (souvent austère et bétonné !)  ne permet pas à l’intelligence de l’enfant de se développer ni de s’épanouir. L’enfant a besoin d’être en contact avec la vie, la vraie ! Il a besoin de participer à des activités du quotidien telles que faire la cuisine, cultiver le potager, nourrir les animaux, jouer dans la nature. Il devrait pouvoir manipuler librement les objets du quotidien (qui souvent lui sont inaccessibles ou interdits !), grimper aux arbres, escalader des murets…

RENOUER AVEC LA NATURE

La nature ! Où est-elle dans les écoles?

Dans l’immense majorité, tout est bétonné. Pourtant, la recherche indique clairement que les bénéfices d’un contact quotidien avec la nature sont réels sur les enfants.

« De nombreuses études indiquent aujourd’hui très clairement que le contact avec la nature calme, galvanise, revivifie les esprits, alcalise les organismes acidifiés par les stress sociaux ou environnementaux, développe les capacités motrices, cognitives, stabilise l’humeur, régule les émotions négatives et favorise même le développement de la créativité. »  Céline Alvarez

Et puis, quoi de mieux que le contact réel avec la nature pour s’en imprégner, la comprendre, l’apprivoiser ? La majorité des enfants apprend à distinguer les fleurs et les insectes simplement en consultant des images. Mais pour retenir vraiment, il faut encore une fois vivre des expériences !

Dans l’école à pédagogie active où j’aimerais inscrire mon fils, il y a un potager et un poulailler (dont les enfants s’occupent !), et surtout les enfants sortent énormément ! Que ce soit dans les bois aux alentours de l’école, ou encore pour visiter une ferme, ils sont quotidiennement en contact avec la nature ! Ils sortent, observent, vivent pleinement toutes sortes d’expériences, et c’est comme cela qu’ils apprennent ! En rentrant en classe, ils discutent de ce qu’ils ont vu, restituent leurs connaissances sous forme de croquis, de maquettes ou de modelages. Et je suis absolument convaincue que cette approche active en lien avec la nature et le monde réel est bien plus efficace que l’enseignement uniquement via des livres ou des images !

Céline Alvarez déplore que l’école de Gennevilliers n’ait pas permis d’offrir aux enfants de sa classe un contact suffisant avec la nature, et selon elle cela constitue une limite de son expérience.

UN ENVIRONNEMENT RICHE, MAIS PAS SURCHARGÉ

Pour que l’enfant puisse conserver toutes ses facultés d’attention, son environnement ne doit pas être surchargé. Des études ont montré que l’environnement actuel des enfants avait tendance à surcharger leurs neurones d’informations, ce qui était pour eux non seulement source de stress, mais nuisait grandement à leurs capacités d’attention. Les jouets de toutes les couleurs qui clignotent, les écrans, où simplement le fait d’être surchargé d’affaires paralysent leur système attentionnel : étant habitués à la sur stimilation, ils ne sont ensuite plus capables de se concentrer sur l’essentiel.

Si l’enfant a besoin d’être stimulé, la sur-simulation est elle aussi nuisible. Ce qui compte, ce n’est pas la quantité des activités proposées, mais la qualité ! L’environnement doit rester épuré pour permettre à l’enfant de se concentrer sur ses activités. L’enfant doit aussi avoir la possibilité de ne rien faire, de rêvasser, et de jouer librement !

PRENDRE LE TEMPS DE NE RIEN FAIRE ET DE RÊVASSER

Pour l’enfant comme pour l’adulte, rêvasser n’est pas une perte de temps, au contraire ! Si nous avons l’impression de ne rien faire, notre cerveau, lui, continue d’être actif, et met même de l’ordre dans nos idées. N’est il pas fréquent d’avoir soudain une idée lumineuse en rêvassant sous la douche, ou au lit juste avant de s’endormir ?

Les enfants ont besoin de ce temps pour rêvasser, ils devraient pouvoir « ne rien faire » s’ils en ressentent l’envie, le besoin.

Dans la classe de Gennevilliers, un espace avec un coussin était prévu à cet effet. Et comme je l’ai déjà évoqué, les enfants étaient libres de simplement observer leurs camarades à l’œuvre, se reposer, rêvasser. Ils n’étaient pas contraints de toujours faire quelque chose.

L’IMPORTANCE DU SOMMEIL

« Le sommeil est un élément pleinement inhérent au mécanisme d’apprentissage »

Lors des périodes de sommeil, le cerveau se réorganise. Des expériences montrent que si le petit enfant a la possibilité de satisfaire son besoin de sommeil juste après un enseignement, à son réveil, ces nouvelles connaissances sont consolidées. Par contre, si juste après un enseignement, on l’empêche de dormir alors qu’il manifeste des signes de fatigue, ou alors si l’on écourte son sommeil, la réorganisation des connaissances ne se réalise pas correctement, et celles-ci ne sont pas assez consolidées.

Le tout est de respecter le besoin de sommeil propre à chaque enfant, indépendamment de leur âge : si un enfant tient la journée sans être fatigué, il n’a pas besoin de faire de sieste et il n’y a pas lieu de le forcer. Les études montrent que dans ce cas, ils n’ont simplement pas besoin de dormir pour retenir les nouvelles informations. Par contre, si un enfant tombe de sommeil, il devrait avoir la possibilité de dormir, même s’il est 10 heures du matin.

Dans la classe de Gennevilliers, les enfants avaient la possibilité de dormir quelque soit leur âge et le moment de la journée.

L’ENFANT RETIENT CE QUI FAIT SENS

« Que notre école l’entende : le cerveau humain est merveilleux. Il cherche le sens, la vie, l’intelligence et la profondeur. Il est câblé pour retenir du beau, du grandiose, du vivant, du dynamique et de l’inspirant. Offrons-le-lui. »

Si l’enfant est câblé pour apprendre, il ne retient facilement que ce qui fait a du sens à ses yeux. Céline Alvarez explique qu’elle a constaté à de nombreuses reprises que la grande majorité des enfants avaient de grandes difficultés à retenir les 26 lettres de l’alphabet. Pourtant, ils retenaient leurs sons sans problème. Pourquoi ? Parce que leurs sons leurs donnent  accès à la lecture, l’accès à une capacité nouvelle qui va leur ouvrir plein de portes. Alors que les noms des lettres n’ont à leurs yeux aucun intérêt.

Il est donc capital d’offrir aux enfants des activités concrètes, attachées au réel et au monde qu’ils connaissent, pour qu’elles suscitent leur intérêt.

L’IMPORTANCE DU JEU LIBRE

La recherche montre que le jeu libre (tel que se raconter des histoires, rire entre enfants, se rouler par terre, faire des constructions…) est bénéfique au bon développement du cerveau.

Céline Alvarez regrette qu’à Gennevilliers, la structure ne permettait pas d’offrir aux enfants la possibilité de prendre des pauses pour les jeux libres selon leurs rythmes et leurs envies. Par contre, elle n’hésitait pas à prolonger le temps de récréation si elle sentait que cela leur était nécessaire, ce qu’ils appréciaient beaucoup.

LA TOXICITÉ DU STRESS

Céline Alvarez explique ce que j’ai déjà développé dans cet article sur les tempêtes émotionnelles, ou dans celui-ci sur l’apprentissage des émotions : le cortex préfrontal du tout petit n’étant pas encore mature, il est incapable de prendre du recul sur une situation, et surtout de se calmer seul. Lorsqu’il est triste, a peur ou est en colère, il traverse de véritables tempêtes émotionnelles et a impérativement besoin de l’aide bienveillante d’un adulte pour les traverser. De plus, le cortisol, hormone sécrétée en grande quantité lors d’une situation stressante, est toxique pour son cerveau immature : il détruit des neurones dans des structures cérébrales très importantes, notamment l’hippocampe, zone de la mémoire, et le cortex préfrontal, qui permet de raisonner, prendre du recul, faire des choix, et manifester de l’empathie.

Un enfant régulièrement exposé à des situations de stress voit donc ses capacités d’apprentissage ainsi que ses compétences sociales essentielles directement impactées, à court et long terme. La maturation de son cortex préfrontal en sera retardée, et il aura bien du mal  gérer ses émotions négatives une fois plus grand, et même adulte.

Voilà pourquoi il ne faut jamais laisser pleurer un bébé ni isoler un petit enfant en pleine tempête émotionnelle : cela abîme son cerveau en développement, ni plus ni moins ! Pour protéger son cerveau, il convient d’une part d’éviter au maximum toute situation stressante, et d’autre part d’accompagner les tempêtes émotionnelles avec bienveillance quand elles se produisent. En lui parlant calmement, en le réconfortant par un câlin, en nommant les émotions qui le traversent, en faisant preuve d’empathie.

À Gennevilliers, la gestion d’une situation stressante était une grande priorité. Chaque conflit était l’occasion d’aider les enfants à développer leur autonomie émotionnelle. Céline Alvarez explique qu’au bout de quelques mois déjà, ils savaient gérer seuls leurs conflits sans faire appel à l’adulte, en identifiant et en exprimant leurs émotions, puis en proposant une solution constructive.

Si seulement plus d’écoles fonctionnaient de la sorte ! A la réunion d’information de celle dont je vous ai parlé, qui adopte une approche similaire sur ce point, il a été expliqué que 80% des conflits, en classe de maternelle, étaient résolus par les enfants eux mêmes. Je trouve cela énorme ! Encore une fois, cela prouve à quel point les enfants sont capables de plus que ce que l’on attendrait d’eux, à condition que l’on respecte les lois de leur développement.

LA BIENVEILLANCE

« À tous ceux qui pensent que la bienveillance est un supplément pédagogique optionnel sympathique et un brin farfelu, je tiens à dire : vous faites erreur. Le lien social positif entre deux êtres, l’empathie, les comportements altruistes et généreux favorisent le développement de nouveaux neurones et augmentent les connexions synaptiques. […] Vous souhaitez aider vos enfants à augmenter leurs capacités d’apprentissage ? Aimez-les. Tout simplement, aimez-les : soyez chaleureux, aimants, empathiques, affectueux. Notre bienveillance nourrit le développement cérébral de l’enfant de manière extraordinaire. »

Les neurosciences nous apprennent des choses fascinantes sur le fonctionnement du cerveau de l’enfant. Elles montrent qu’une attitude bienveillante génère de nouvelles connexions neuronales dans son hippocampe, et permettent ainsi le bon développement de sa mémoire et de ses capacités d’apprentissage.

Mais aussi, puisqu’elle permet à son cortex orbito-frontal de bien se développer, cette bienveillance aide l’enfant à devenir bienveillant à son tour, en développant des compétences sociales essentielles telles que l’empathie et le sens moral. Par ailleurs, la bienveillance déclenche la sécrétion d’ocytocine dans son cerveau, qui elle aussi favorise l’empathie, l’attachement, le lien humain, la confiance. Cette sécrétion d’ocytocine libère elle-même de la dopamine et des endorphines, qui entraîne la motivation, la créativité, l’enthousiasme, la bonne humeur, le bien être.

Dans la classe de Gennevilliers, les conflits étaient gérés dans la bienveillance (ce qui n’empêchait pas la fermeté si nécessaire !). Céline Alvarez et son assistante Anna prenaient soin d’utiliser toujours devant les enfants le langage de la Communication Non Violente, afin de leur donner le bon exemple. Aucune punition ni menace n’était pratiquée sur les enfants.

Céline Alvarez et son assistante Anna n’étaient pas leurs « maîtres », mais leur guide. Les enfants les appelaient pas leurs prénoms, les tutoyaient… La relation était totalement horizontale, et non verticale.

Les résultats sur les enfants furent exceptionnels tant leurs qualités socio-relationnelles furent développées bien au-delà de ce qui était espéré. L’harmonie de la classe était totale. Les enfants étaient empathiques et solidaires les uns envers les autres, ils cherchaient et trouvaient eux même des solutions en cas de conflits. Et surtout, ils étaient clairement épanouis  à l’école ! Céline Alvarez raconte que certains enfants qui ne pouvaient pas aller à l’école parce qu’ils étaient malades, suppliaient leurs parents de les y amener tout de même…

Que cela fasse réfléchir les plus fervents défenseurs des violences éducatives à l’école ! Certains pensent qu’il est impossible de gérer 30 enfants sans ces « outils », et nous avons bien là la preuve que si… La clé, c’est que dans de telles conditions, les enfants apprennent à se gérer eux même, et cela est non seulement source de bonheur et d’épanouissement pour eux, mais également un grand soulagement pour l’enseignant qui ne doit pas, à lui tout seul, « canaliser » 30 enfants à coups de menaces de punitions… Et c’est là sans parler des bénéfices en termes d’efficacité d’apprentissage…

« La bienveillance n’est donc pas une option pédagogique. Il s’agit là d’un véritable catalyseur d’épanouissement ».

Pour conclure…

Comment ne pas être convaincu face aux résultats de cette expérience ? Qu’attend l’éducation nationale pour revoir totalement le mode d’éducation, pour l’adapter au développement naturel des enfants, à leurs besoins réels et au fonctionnement de leurs cerveaux ? Quand on sait que 40% des élèves sortent du CM2 avec de graves lacunes, notamment en lecture, en écriture et en calcul, cela fait réfléchir…

Heureusement, de nombreux professeurs des écoles sont déjà engagés activement pour faire changer les choses. Petit à petit, ils instaurent des changements au sein de leurs classes. Ils doivent souvent se battre pour le faire, mais ils le font. Et les résultats sont là.

Céline Alvarez invite l’ensemble des enseignants à adopter cette démarche à la fin de son livre. Son site internet ainsi que sa chaîne Youtube donnent énormément d’informations pour mettre en place sa méthode au sein d’une classe. Et bien sûr, toutes ces informations, en plus d’être simplement passionnantes, sont également très utiles pour les parents à la maison !

Je pense sincèrement que son formidable travail porte ses fruits, petit à petit. Son livre a connu des ventes exceptionnelles, on parle beaucoup d’elle, de plus en plus d’enseignants s’inspirent de son travail, de plus en plus de parents sont sensibles à son approche. Il reste encore énormément de travail pour changer certaines mentalités bien ancrées, mais je trouve que cela invite à l’optimisme !

Si le sujet vous intéresse, je vous invite vivement à lire l’intégralité de son livre Les lois naturelles de l’enfant, vous ne serez pas déçus !

Personnellement, c’est l’un des livres les plus passionnants que j’ai pu lire cette année, et même que j’ai pu lire tout court !

Je vous invite également à regarder les vidéos suivantes, il s’agit d’une interview commune de Céline Alvarez et du Dr Catherine Gueguen, dont je parle également beaucoup sur ce blog. J’adore, je crois que pourrais les écouter parler pendant des heures !

J’espère que cet article vous a plu. Je m’excuse pour sa longueur, mais il y avait tant à dire…

Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

11 réflexions sur “Les lois naturelles de l’enfant selon Céline Alvarez

  1. Guillaume dit :

    Bonsoir, et merci beaucoup pour ce fabuleux article.

    Une question, si cela ne vous dérange pas, existe-t-il un calendrier d’apprentissage du cerveau de l’enfant?

    Je sais que cela sonne cru comme ça et je comprends tout à fait que l’enfant apprend ce qu’il a envie au moment où il en a envie.
    Cependant, y-a-t-il un âge où débuter des activités de sciences humaines? Peut-on par exemple « suggérer » des activités de mathématique même en bas âge (avant deux ans)?
    Ne faut-il pas avant lui apprendre à mieux contrôler ses envies et désirs?

    D’ailleurs pouvez-vous me dire quel âge avez les enfants de céline au début de l’expérience? (je viens d’acheter le livre sur Internet, mais il n’arrive pas avant quelques jours).

    Merci beaucoup pour vos réponses.
    Et surtout n’arrêter pas de publier des articles :)

    • Floriane dit :

      Bonjour et merci pour ce commentaire !
      Alors pour les périodes sensibles, Maria Montessori recense ces principales entre 0 et 6 ans :
      Les périodes sensibles principales sont, de la naissance à 6 ans :

      La période sensible de l’ordre
      La période sensible au mouvement (motricité fine et globale)
      La période sensible au langage
      La période sensible au raffinement sensoriel
      La période sensible au développement social
      La période sensible aux petits objets

      Et oui, on sait que dans les grandes lignes, la période sensible de l’ordre se produit entre 6 mois et 2 ans, la période sensible aux petits objets entre 12 et 18 mois, la période sensible du langage dans la période 0-3 ans avec un pic autour de 2 ans…
      Mais tout ceci n’est évidemment qu’indicatif, pour avoir une idée globale. Chaque enfant évolue selon un rythme qui lui est propre. En observant mon fils, je constate qu’il est encore clairement dans sa période sensible de l’ordre, mais cela me semble tout de même moins marqué que lorsqu’il avait 18 mois…

      Je pense que la clé est d’observer l’enfant pour lui proposer des activités susceptibles de l’intéresser. Ensuite, en cas d’erreur, ce n’est pas grave : si l’activité de l’intéresse pas, on range et on la ressortira quelques temps plus tard, lorsqu’on sentira qu’il est prêt…

      Pour les activités de mathématiques, je ne sais pas auxquelles vous pensez exactement, mais si l’enfant avant 2 ans se met à compter tout ce qu’il trouve autour de lui, pourquoi pas… Je pense que dans ce cas, il serait trop tôt pour commencer les barres rouges ou les barres numériques Montessori (le matériel préconisé pour commencer), parce que le contrôle de l’erreur n’est pas évident sur ce matériel, et qu’il demande une bonne maîtrise de la discrimination des tailles… Par contre, on peut tout à fait compter de manière informelle, à chaque occasion de le faire… C’est ce que nous faisons avec mon fils, depuis ses 2 ans je dirais (et cela est vraiment venu de lui !) : on compte les morceaux qu’il reste dans son assiette, les oeufs que l’on casse pour faire une omelette, les hélices des drônes de son livres (il adore les drônes ^^). Il n’y a pas d’âge requis pour cela, du moment que l’enfant est intéressé !

      Concernant le contrôle des envies et des désirs, je ne pense pas qu’il y ait de rapport. Au contraire, les activités qui suscitent la concentration permettent à l’enfant de travailler son contrôle inhibiteur (C. Alvarez l’explique dans son livre). Mais la maîtrise des émotions se fait très tard, avant 6-7 ans l’enfant est encore sujet à de violentes tempêtes émotionnelles du fait de l’immaturité de son cerveau, je ne pense pas que cela soit une raison pour ne pas répondre à ses besoins d’apprentissage…

      De manière générale, C. Alvarez dit dans son livre que selon elle, avant 2 ans, nul besoin d’activités didactiques : il suffit de « vivre »avec l’enfant, de répondre à ses questions…

      Pour les activités didactiques, Montessori par exemple, sur des sujets tels que la géographie, les mathématique, la lecture etc, la pédagogie Montessori préconise la tranche d’âge 3-6 ans. Et bien sûr, selon l’intérêt de l’enfant… Mais si un enfant de 2 ans et demi semble passionné de géographie, qu’on lui présente le globe des continents, qu’il accroche et en redemande, il n’y a aucune raison de l’en priver « parce qu’il n’a pas l’âge », au contraire ! Je donne cet exemple parce que c’est le cas de mon P’tit Loup : nous faisons de la géographie depuis ses 2 ans et demi parce qu’il y montre un réel intérêt. Il est aussi en plein pic du langage, donc nous faisons de temps en temps des petites activités autour des phonèmes. I accroche beaucoup avec les phonèmes et se débrouille très bien. Il est aussi parfois intéressé par les lettres sur les emballages. Du coup l’autre jour, je lui ai proposé quelques lettres rugueuses pour voir s’il aimerait découvrir les lettres qui composent les sons qu’il connait et reconnait dans les mots. Et là… aucun intérêt ! Pas de problème, j’ai tout rangé et je lui proposerai à nouveau dans quelques mois…

      Les enfants les plus jeunes la classe de Gennevilliers avaient 2 ans et demi il me semble. Mais la plupart avaient plus de 3 ans : de 3 à 5 ans (3 niveaux d’âge).

      J’espère avoir répondu à vos questions, mais clairement vous en saurez plus en lisant le livre :) Et je m’excuse pour cette réponse si longue !

      • Guillaume dit :

        Ne vous excuser surtout pas. Votre réponse est parfaite et m’a éclairé sur pas mal de point.
        Je pense juste être un papa trop exigent, mon fils a 2 ans et 3 mois et j’aimerais lui proposer des activités adéquates à son développement. Le problème est que je choisi des activités qui POUR MOI ont un vrai valeur ajouté à son développement alors que lui n’a pas d’autre envie que de courir partout et fermer des portes. 😀

  2. Morgane dit :

    Je comprends mieux maintenant pourquoi il y a des choses que j’ai découverte à l’école, qui semblent pourtant futiles, dont je me souviens encore et d’autres choses que j’ai complètement oublié ! En y réfléchissant les apprentissages qui m’ont le plus marqués sont ceux qu’on nous avait donné de faire par nous même, par des activités actives, dont on avait fait nous même la découverte. Encore une preuve que les méthodes actuelles d’éducation qui consiste à apprendre par coeur un grand nombre d’informations, assis sur une chaise à écouter n’est pas la bonne !
    Je crois que je n’ai qu’une seule question, comme toi et comme beaucoup d’autres : qu’attends l’éducation nationale pour changer cela ?!!
    C’est clair qu’il faudrait tout changer radicalement, dès le début de la formation des enseignants (qui d’ailleurs devrait être formés à la pédagogie dès le départ et non pas être obligés de faire X années d’études très poussées sur un sujet avant de pouvoir basculer sur les sciences de l’enseignement, et puis une fois que ces nouvelles démarches d’apprentissage seront devenues naturelles, la formation pour devenir enseignant suivra), un changement de matériel, l’acceptation des parents aussi car à mon avis avant de voir les résultats un grand nombre serait totalement opposé à un changement aussi radical, un changement de « programme »….donc c’est vraiment un gros travail à faire, mais il serait tellement bénéfique pour tous, que ce soit pour les enfants, les parents, les enseignants et même après cela se répercutera sur la société toute entière !!!
    J’ai toujours été une bonne élève, intéressée par la plupart des matières et du coup avec une vision plutôt bonne de l’école, contrairement à d’autres personnes de mon entourage qui avait eu une mauvaise expérience et qui du coup ne veulent pas y mettre leurs enfants, pour moi il est « normal » qu’un enfant aille à l’école et je ne me sens pas du tout de faire de l’IEF. J’étais quand même de plus en plus consciente que le système éducatif proposé n’est pas le meilleur qui soit,par exemple que de noter les élèves, de donner des tonnes de devoirs, de demander d’apprendre par coeur des choses inutiles… n’étaient pas une bonne chose pour le développement des enfants, mais il y avait quand même des choses auxquelles je restais accroché, car je ne l’ai pas mal vécu (bien que ce ne soit pas une raison de continuer de le faire !) comme le fait d’être avec des élèves du même âge et de même niveau, qui me semblait plus facile pour les enseignants, ou que tous les élèves travaillent sur le même sujet (qui me semblait là aussi plus facile pour l’enseignant). J’avais même été étonné quand j’avais fait quelques recherches sur les écoles près de chez moi, de découvrir une école où toutes les tranches d’âges sont mélangées et où les enfants font les activités qu’ils veulent (comme dans l’expérience de Céline Alvarez en fait !) à ce moment là je n’en avais pas compris du tout l’intérêt et je me suis même demandé comment il était possible qu’une telle école existe ! Comment faire sans programme ? Qu’est ce que les enfants vont apprendre dans une école comme ça ! Et maintenant, après la lecture de ton article, je me dis « pourquoi toutes les écoles ne sont pas comme ça ? »

    Merci pour cette belle découverte, de prendre le temps de nous parler de sujets toujours très pertinents, et j’ai déjà mis le livre de Céline Alvarez sur ma liste de livres à lire !

  3. Sophie dit :

    Bonjour, Je suis ce que fait Céline Alvarez depuis quelques temps aussi. J’ai beaucoup apprécié votre article, très complet. Un tout petit bémol, il y a une faute très gênante en début d’article : « Indignée par notre système éducatif actuel, qu’elle juge totalement inadapté aux besoins des enfants… »

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