Accoucher sans péridurale, physiologiquement

Pourquoi je souhaite accoucher sans péridurale

Accoucher sans péridurale, physiologiquement

À 2 mois de mon terme, je me suis dit qu’il était temps que je vous parle de mon projet d’accouchement ! Celui-ci est bien différent de celui de mon premier accouchement, il y a 3 ans. Cette fois-ci, je souhaite accoucher sans péridurale, de manière physiologique.

Je me souviens très bien qu’il y a 3 ans, je ne comprenais absolument pas celles qui faisaient ce choix. Pour moi, cela était proche du masochisme : pourquoi s’affliger une telle douleur, alors que des techniques de médecine moderne permettent de la supprimer ? Je voyais la péridurale comme une extraordinaire avancée de notre époque, dont je trouvais vraiment dommage de ne pas profiter. Mon projet d’accouchement, si on peut l’appeler ainsi, était d’ailleurs de « tenir au maximum jusqu’à ce que je puisse avoir la péridurale ». Je n’ai même pas cherché à me préparer davantage à la gestion de la douleur sur l’accouchement complet.

Aujourd’hui, mon opinion sur la question a bien changé. Après m’être bien documentée et avoir mûrement réfléchi, c’est très claire pour moi : si mon accouchement se déroule bien et qu’il n’y a pas de pathologie, je ne souhaite pas de péridurale. En tous cas je ne veux pas que l’on me la propose, mais qu’on m’aide à gérer la douleur autrement. Je suis donc passée « de l’autre côté », je fais maintenant partie de celles qui souhaitent accoucher sans. J’aimerais donc expliquer ce choix aux personnes qui pourraient à première vue avoir la même réaction que moi il y a 3 ans. Non pas que je cherche à convaincre tout le monde « qu’il ne faut pas prendre la péridurale » (chacune est bien libre d’accoucher comme elle le souhaite), mais juste pour expliquer les véritables raisons qui poussent à prendre ce chemin… J’espère également informer et amener une réflexion sur le sujet, ce qui pourra je l’espère aider des futurs parents à faire un choix éclairé quant à leur projet d’accouchement.

Voici donc les raisons qui motivent mon choix (et elles n’engagent que moi ! ^^ ).

JE VEUX RESPECTER LA PHYSIOLOGIE

Je n’étais pas comme cela avant d’accoucher il y a 3 ans, mais depuis que je suis maman, ma vision de la maternité a changé, mes convictions aussi. À force de me renseigner et d’essayer d’être à l’écoute de mon instinct, j’ai petit à petit cherché à me rapprocher de la physiologie dans toutes les facettes de la maternité : allaitement, cododo, portage physiologique, motricité libre, DME, sont des pratiques visant à respecter le rythme naturel de l’enfant, ses besoins physiologiques, et la manière dont tout ceci est sensé se passer naturellement, la manière dont cela s’est passé depuis le début de l’humanité. Alors, dans cette logique, quoi de plus naturel que de rechercher la physiologie dès le départ, au moment de l’accouchement ? J’en suis de plus encouragée par ma lecture du Concept du continuum : accoucher physiologiquement, c’est respecter le continuum de son bébé, c’est-à-dire répondre à ses attentes innées, liées à l’évolution de notre espèce.

Au début de l’été, alors que cette deuxième grossesse n’était encore qu’un projet, j’ai acheté puis lu le livre J’accouche bientôt : Que faire de la douleur ? de Maïtie Trélaün.

Elle y explique dans les moindres détails la physiologie de l’accouchement. Plus je lisais ses explications, et plus l’accouchement physiologique m’apparaissait comme une évidence. La nature est si bien faite ! TOUT a une importance pour favoriser la rencontre entre la maman et son bébé : les hormones sécrétées, les mécanismes du réflexe expulsif, et même la douleur.

Voici comment se déroule un accouchement physiologique :

En tout début de travail, de l’ocytocine est sécrétée en petite quantités, et entraîne ainsi des contractions différentes de celles ressenties lors de la grossesse. Cela entraîne la sécrétion de cortisol, et donc une sensation de stress chez la mère. Ce stress a pour fonction de pousser la mère à mobiliser son énergie, et surtout à mettre en place les conditions indispensables pour se sentir en sécurité. Une fois cela fait, le cortisol disparaît, et l’ocytocine augmente. Cette augmentation de l’ocytocine induit à la fois une augmentation des contractions, mais aussi détente, calme, confiance, courage, et une diminution de la sensation de douleur. (L’ocytocine est une hormone assez « magique » que l’on surnomme « l’hormone de l’amour ». Nous en sécrétons lors du contact avec une personne aimée, pendant les relations sexuelles, pendant l’allaitement, et de manière générale dès que nous nous sentons bien avec quelqu’un. Elle procure un profond sentiment de bien-être, et de détente.) La sécrétion d’ocytocine s’accompagne de la sécrétion d’endorphines, qui agissent comme analgésiants naturels, et diminuent donc la douleur. Elles permettent d’optimiser la détente entre les contractions. Elles permettent également à la mère de lâcher prise : celle-ci se déconnecte de la réalité et entre dans sa bulle. Son néocortex (la partie du cerveau qui guide le raisonnement rationnel) se « déconnecte » et c’est son cerveau reptilien, le cerveau primitif, qui prend le dessus. Ainsi, elle ne réfléchit plus et se laisse porter par son instinct, devenant parfois de plus en plus animale… C’est cet instinct qui laisse émerger son savoir-faire inné de l’accouchement.

Car oui, nous savons toutes faire ! Si les bonnes conditions sont réunies, chaque femme détient au fond d’elle les clés de l’accouchement. Une fois que son cerveau primitif peut s’exprimer, elle sait mieux que quiconque comment respirer, quelles positions adopter pour se soulager et permettre à son bébé de descendre efficacement. Elle le sent en elle, dans son corps. Maïtie Trélaün raconte avoir accompagné une maman qui à la fin du travail, s’est propulsée d’un coup sur un petit matelas par terre, dans une position étonnante et improbable. Elle s’est demandé ce qui lui arrivait. À la contraction suivante, le bébé était là. Il pesait 4,5 kg, et cette sage-femme a appris pas la suite que c’était là la meilleure position pour faire sortir un gros bébé. Ça, personne ne l’avait dit à cette maman. Elle s’est mise dans cette position de manière totalement instinctive, sans réfléchir. Elle l’a simplement senti dans son corps, c’est son savoir-faire inné qui a parlé.

La douleur n’est pas là pour meurtrir la maman, mais pour la guider dans sa tâche. Elle est utile puisqu’elle permet à la maman de sentir ce qui se passe dans son corps. La maman adoptera alors naturellement les positions qui la soulagent, et ce sont ces mêmes positions qui favoriseront la descente de son bébé. En acceptant la douleur plutôt qu’en luttant contre, en l’accueillant, en lâchant prise, elle pourra s’ouvrir au passage de son bébé de manière très efficace.

Un véritable cercle vertueux se met ainsi en place : la sécrétion d’ocytocine entraîne la sécrétion d’endorphines, qui permettent à la maman de lâcher-prise. Ce « lâcher-prise » favorise l’ouverture du bassin et l’appui de poche des eaux sur le col, qui augmente encore la sécrétion d’ocytocine… Et ainsi de suite ! Cela induit ce que Maïtie Trelaün appelle la « montée en puissance physiologique de l’accouchement ». La maman ne ressent à ce moment-là pas de stress, juste une sensation de maîtrise.

Par contre, ce cercle vertueux n’est possible que si la maman se sent en confiance, en sécurité, et ne ressent aucun stress. Car les hormonent de stress inhibent la sécrétion d’ocytocine et peuvent entraîner la femme dans un cercle vicieux : la douleur, au lieu d’agir comme un guide, provoque de l’angoisse, qui transforme la douleur en souffrance. La souffrance provoque encore plus d’angoisse, et donc encore plus de douleur, et ainsi de suite. On sort alors de la physiologie, et la maman a besoin d’aide. Si rien ne fonctionne, la péridurale peut dans ce cas, être salutaire. Maïtie Tralaün insiste sur cette différence entre douleur et souffrance. La douleur de l’accouchement est normale, pas la souffrance. La douleur de l’accouchement guide et aide à avancer, elle fait grandir aussi. La souffrance bloque le processus et brise la femme qui en gardera un souvenir traumatique, au point parfois de ne plus jamais vouloir d’autres enfants. Je pense que lors de mon premier accouchement, j’avais clairement atteint ce stade de souffrance. J’en reparlerai plus loin, mais à un moment donné la douleur m’a totalement dépassée, et aucune sage-femme n’était là pour m’aider. Je me sentais abandonnée, absolument pas en sécurité. On venait en plus à ce moment-là  de me changer de pièce. Lorsque j’ai enfin reçu ma péridurale, j’étais dilatée à cinq. Une demi-heure après, j’étais à dilatation complète ! Avec le recul, je crois que je m’étais tellement enfermée dans la souffrance, ne pensant qu’à supprimer la douleur plutôt qu’à l’accueillir pour faire descendre mon bébé, que j’avais complètement bloqué le processus. La péridurale l’a débloqué…

Pour que tout se passe bien, la maman doit donc se sentir en sécurité, et pour cela l’environnement est très important. Un lieu familier, un milieu relativement clos, une lumière tamisée, une douce musique, des petits bruits agréables tels que le bruit de l’eau qui coule, auront d’autant plus de chances d’amener la femme à lâcher prise et à se laisser porter par son accouchement. Pour mieux se rendre compte des conditions nécessaires à un accouchement, le Dr Michel Odent suggère d’imaginer celles qui favorisent un endormissement. Car finalement, ce sont les mêmes. (Cela donne à réfléchir sur les conditions réelles des salles d’accouchement en France…) .

Dans le cas où tout se passe bien, les sécrétions d’ocytocine et d’endorphines entraînent la sécrétion de prolactine. Cette hormone, à ce stade, donne une touche de maturation supplémentaire aux poumons du bébé d’une part, et d’autre part réveille chez la maman les récepteurs à prolactine des glandes mammaires, ce qui va optimiser la qualité de sa lactation sur le long terme. C’est pour cela qu’un accouchement physiologique favorise un allaitement de longue durée.

Le bébé continue de descendre, et à un moment donné arrive sur le transverse périnéal. À ce moment-là, toutes les sensations de la mère changent. Elle perd d’un coup tous ses repères et sort de sa « bulle ». Une forte décharge d’adrénaline provoque chez elle un grand stress, qui va souvent jusqu’à la peur de mourir. C’est ce que l’on appelle la « phase de désespérance ». La décharge d’énergie qu’elle reçoit alors l’aidera à expulser efficacement son bébé.

L’arrivée du bébé sur le muscle transverse du périnée déclenche une sécrétion très importante de noradrénaline (hormone proche de l’adrénaline), qui va l’aider à s’adapter à la vie aérienne. Celle-ci entraîne :

  • La mobilisation de ses réserve afin qu’il soit actif pendant l’expulsion
  • La résorption du liquide pulmonaire
  • La prédilection de la circulation sanguine pour le cœur et le cerveau, ce qui les protégera d’un éventuel manque d’oxygène
  • La stimulation des lobes olfactifs, car c’est l’odorat qui le guidera vers le sein pour sa première tétée
  • La stimulation de l’acuité visuelle, pour rencontrer pleinement sa maman à la naissance (l’adrénaline produit le même effet chez la maman).

Chez la mère, l’arrivée du bébé sur ce muscle provoque également des réactions mécaniques qui favoriseront une expulsion efficace : relâchement et ouverture du périnée qui diminuera le risque de déchirures, raccourcissement de l’utérus qui permettra une force contractile plus importante, contraction réflexe des abdominaux qui va accentuer les contractions utérines… Tous ces mécanismes composent le réflexe expulsif, si puissant quand on le laisse s’exprimer au bon moment.

Lorsque le bébé est enfin là, un long moment en peau à peau avec sa mère lui permettra de se rassurer, se sécuriser, se réchauffer. De plus,  à ce moment-là, la maman et son bébé baignent tous deux dans les sécrétions d’ocytocine, d’endorphines et de prolactine, qui renforcent leur amour et leur attachement mutuel. L’effet de ces hormones est très important, à court et long terme.

« Leur action conjointe induit le besoin d’aimer, l’altruisme, l’attachement, un comportement maternel, la confiance en soi et en l’autre.

Il se trouve que l’ocytocine induit cela à elle toute seule, son action sera simplement renforcée par les endorphines et la prolactine. Les endorphines potentialisent l’attachement ; la prolactine induit un comportement maternel. »

« Cet effet de l’ocytocine agit sur le long terme ; il permet d’établir des liens de qualité et de façon durable. De plus, si la femme allaite, des petites touches de rappel seront sécrétées à chaque tétée. L’effet de l’ocytocine est également contagieux, il gagne l’entourage par le biais du système olfactif ».

Lorsque le bébé est né physiologiquement et laissé ensuite en peau à peau prolongé avec sa mère, il manifestera à un moment donné le besoin de téter. Son odorat, stimulé par la noradrénaline, le guidera vers le sein, qu’il trouvera et prendra seul ! Cela s’appelle le « breast crawling ». En cliquant sur ce lien vous pourrez visionner une vidéo (magique n’est-ce pas ?).

Je ne sais pas vous mais moi, tout cela me donne tellement envie de respecter la physiologie ! Tous ces mécanismes s’enchaînent si bien, chaque étape semble si importante, les hormones qui se succèdent en cascade ont des fonctions si précises que cela ne me donne pas envie d’aller perturber cette magie de la nature…

Et puis, à force de lire des témoignages d’accouchement physiologiques (il y a de très beaux récits dans ce livre de Maïtie Trelaün), à force d’en voir dans des reportages (je recommande vivement le documentaire Entre leurs mains), je sens en moi que c’est ce que j’ai envie de vivre ! Ces accouchements sont si beaux … Il en ressort une telle intimité, un tel respect de la mère et du bébé… Les lumières sont tamisées, l’ambiance feutrée, et tout est si calme et paisible. La maman est tapie dans un coin dans la position qu’elle a choisie, et le peu de personnes présentes (souvent le papa et une sage-femme) l’aident par leur présence et leurs massages, mais ne lui imposent rien. Ils suivent sa danse à elle. Oui il y a de la douleur, mais on ne ressent pas de souffrance. L’accueil du bébé se fait souvent par la maman elle-même ou le papa, tout en douceur, et cela semble vraiment magique. On est si loin du schéma si connu de la maman les pieds dans les étriers, sous les néons de la salle d’accouchement, avec 5 personnes autour d’elle, et qui accouche sous les « poussez madame », « soufflez », « arrêter de pousser », etc. Le contraste entre ces deux types d’accouchement est d’ailleurs si saisissant qu’il pousse à se demander comment on en est arrivés là, comment les femmes ont pu se faire déposséder à ce point de ce grand moment de leur vie…

JE NE VEUX PAS ÊTRE DÉPENDANTE D’UN ANESTHÉSISTE POUR ME SOULAGER

Pour l’accouchement de mon fils, j’ai été déclenchée suite à une complication, la cholestase gravidique. Les contractions générées par l’ocytocine de synthèse sont devenues très rapidement extrêmement intenses et rapprochées (pour ne pas dire continues !), et assez vite j’ai demandé la péridurale (ce que j’avais prévu de faire de toutes façons, déclenchement ou non). Le problème, c’est qu’entre le moment où je l’ai demandée et le moment où je l’ai reçue, il s’est écoulé…1h30 ! 1h30 pendant lesquelles j’avais perdu tout contrôle sur la douleur, 1h30 pendant lesquelles je pensais être soulagée à tout instant (je ne vous raconte pas les bons que je faisais lorsqu’une sage-femme entrait dans la pièce juste pour prendre du matériel, pensant que c’était l’anesthésiste !), 1h30 de véritable souffrance. Et clairement, je pense que j’aurais bien moins souffert si je n’avais pas tout misé sur cette péridurale qui n’arrivait pas pour me soulager. Au moment où ma demande a été acceptée, c’est comme si j’avais capitulé face à la douleur et je ne cherchais plus d’autres moyens pour la surmonter. J’ai même refusé la baignoire au profit de cette péridurale !

Plus tard, avec le recul, je me suis rendue compte que c’était un immense inconvénient de la péridurale auquel on ne pense pas assez : elle rend la femme totalement dépendante de cette anesthésie. La femme perd ses propres ressources, ne les cherche même plus en elle, rend les armes, et attend que l’anesthésie fasse le travail pour elle… Mais parfois, tout ne se passe pas comme prévu. La péridurale peut ne pas fonctionner, fonctionner seulement d’un côté, cesser de fonctionner avant que le bébé ne soit né, l’anesthésiste peut mettre des heures à arriver parce qu’il est occupé ailleurs… Et dans ces cas, que devient la maman ? Elle souffre ! Elle est dépendante, et elle souffre terriblement ! Je suis certaine que si j’avais su dès le départ que l’anesthésiste mettrait 1h30 à venir, j’aurais beaucoup moins souffert. J’aurais sûrement accepté de prendre un bain, j’aurais cherché à me soulager autrement (changements de position/massages/musique ou autres…), j’aurais su que j’allais avoir encore mal pendant au moins 1h30 et j’y aurais été préparée dans ma tête… Mais attendre en pensant être soulagée d’une minute à l’autre et continuer d’avoir si mal, c’est juste de la torture psychologique… Et je ne vous parle pas de ma dignité à ce moment-là ! La patiente folle de l’étage qui appuyait presque en continu sur le bouton rouge tout en sachant que ça ne servait à rien, c’était moi… Ma santé mentale était entre les mains de cet anesthésiste, et je l’ai d’ailleurs accueilli comme le messie quand il est ENFIN arrivé…

Cette fois-ci, je ne veux pas m’en remettre entièrement au personnel médical pour me soulager. Je veux me faire confiance, écouter mon corps, et trouver mes propres ressources. Je veux être un maximum autonome dans la gestion de ma douleur. Je ne veux pas me retrouver dans cette situation, jamais !

JE VEUX VIVRE PLEINEMENT CETTE EXPÉRIENCE, ET ACCOMPAGNER MON BÉBÉ JUSQU’AU BOUT

Si tout va bien et que cette fois je n’ai pas de pathologie (envoyez-moi vos bonnes ondes svp ! 😉 ), je ne veux pas déléguer la naissance de mon bébé au personnel médical. Je ne veux pas « me faire accoucher », je veux « accoucher » ! Cette fois-ci, j’ai davantage confiance en moi, je me sens capable de traverser cette épreuve par moi-même, comme l’ont fait tant de femmes avant moi. D’ailleurs, si j’y parviens, je pense que cela m’aidera à me sentir davantage femme et mère, renforcera ma confiance en moi. Je suis certaine que j’en sortirais grandie. Généralement, les femmes ayant accouché naturellement en tirent une immense fierté.

Je veux vivre pleinement cette expérience de la naissance. Je veux sentir tout ce qui se passe en moi à ce moment-là, ne rien « rater » parce que je serais sous anesthésie. J’ai eu de la chance la première fois, car j’ai très bien senti l’expulsion de mon fils. J’ai refusé de remettre une dose de péridurale juste avant, et j’ai vraiment bien fait ! On me disait de pousser ou ne pas pousser mais je n’écoutais rien, je ne me laissais guider que par mes sensations. La sortie de mon fils a été très rapide. Je me suis sentie pleinement actrice des évènements à ce moment-là, malgré les injonctions et tout ce personnel inconnu dans la salle d’accouchement. Oui j’ai eu mal, mais j’en garde aussi un merveilleux souvenir. Cette fois-ci, je voudrais aller plus loin : avoir cette sensation de contrôle tout le long, avoir a posteriori le sentiment d’avoir vraiment mis au monde mon bébé par moi-même, pouvoir prendre les positions qui me conviennent et me soulagent à n’importe quel moment, pouvoir accoucher à 4 pattes ou allongée sur le côté si ça me chante (il faut savoir que la position sur le dos est anti-physiologique au possible) …

Et puis, je ne veux pas avoir le sentiment de laisser mon bébé seul un moment dans l’aventure de la naissance. Il est perturbant je trouve, de penser que pendant la grosse demi-heure où je n’ai plus rien senti sous péridurale, mon fils se démenait pour trouver la sortie, seul dans sa tâche. Une maman sous péridurale est dans la grande majorité des cas clouée sur un lit, elle ne peut donc plus favoriser la descente de son bébé par sa mobilité. Elle ne peut plus non plus l’aider en adaptant les positions adéquates instinctives en réponse à la douleur, puisqu’elle ne la ressent plus. Elle n’est généralement plus connectée à lui dans sa tête, dans ses tripes… C’est comme si elle se retirait de l’évènement et laissait le bébé se débrouiller tout seul. Pendant qu’elle dort, envoie des sms ou discute avec son conjoint, son bébé souffre toujours et cherche à sortir. C’est assez violent dit comme cela, et d’ailleurs la première fois que j’ai entendu ce type de raisonnements, une partie de moi était choquée. Mais à la réflexion, cela me paraît finalement très sensé et logique… Et je ne juge pas, j’ai moi-même voulu dormir juste après la pause de ma péri, j’ai moi-même envoyé des sms ! 😉

JE CRAINS DAVANTAGE LA PÉRIDURALE QUE LA DOULEUR

Les conséquences possibles de la péridurale sont nombreuses, et maintenant que j’en ai connaissance, je dois dire qu’elles m’effraient plus que la douleur de l’accouchement en elle-même.

La péridurale perturbe souvent le bon déroulement de l’accouchement

La péridurale a souvent pour conséquence une diminution des contractions, puisque l’immense majorité du temps, elle immobilise la maman. On les relance dans ce cas avec une perfusion d’ocytocine de synthèse, mais cette ocytocine sera sans effet sur les muscles périphériques comme les abdominaux ou les muscles périnéaux, qui ont pourtant eux aussi un rôle à jouer. Et puis, la maman étant immobilisée et ne ressentant plus les douleurs lui permettant d’adapter les positions favorisant la descente de son bébé, la descente pourra être du coup bien plus longue et laborieuse. Le bébé doit trouver le chemin seul, il n’a plus de guide.

Une méta-analyse a montré qu’une péridurale est souvent associée à une expulsion plus longue, ainsi qu’à un recourt plus fréquent aux forceps, aux ventouses et à l’épisiotomie. L’OMS a fait le même constat  et précise que c’est davantage le cas lorsque l’effet de la péridurale est maintenu jusqu’à l’expulsion, puisqu’alors il supprime le réflexe de poussée. Certaines études relayées par l’OMS montrent que le « nombre de césarienne a augmenté avec l’utilisation de l’analgésie péridurale, spécialement lorsque l’épidurale a commencé avant que la dilatation soit de 5 cm ». La mère n’est pas aidée par ses sensations pour faire sortir son bébé, certains muscles anesthésiés ne peuvent participer, sa position sur le dos n’est pas non plus favorable à la descente, d’où un risque d’expulsion laborieuse…

La péridurale impacte la biologie maternelle

Elle peut également impacter la biologie de la maman. Par exemple, elle peut entraîner chez elle une hypotension qui pourra s’exprimer chez le bébé par des bradycardies tardives (ralentissement du rythme cardiaque). Or une des causes fréquentes de césarienne est le ralentissement du rythme cardiaque du bébé, qui est dans ce cas interprété à tort comme une souffrance fœtale… Elle induit également une augmentation de la température maternelle, et donc de celle du bébé, ce qui entraîne chez lui une augmentation de sa consommation d’oxygène. Il risque alors de manquer d’oxygène, on régule donc cette perturbation par l’injection de morphiniques dans la péridurale. Ces produits entraînent des démangeaisons désagréables chez la mère, et passant la barrière placentaire, peuvent provoquer une dépression respiratoire chez le bébé.

La péridurale peut induire des complications à plus long terme chez la maman

Il n’est pas rare que la péridurale entraîne dans les jours qui suivent de violents maux de tête chez la mère, qui ne peut quitter la position couchée sans souffrir. On imagine bien comme cela doit être pénible et handicapant pour offrir les premiers soins à son bébé…

La péridurale peut également induire des gênes ou douleurs résiduelles qui persistent plusieurs mois voire plusieurs années après l’accouchement, telles que des fourmillements, des douleurs au point de ponction, ou des douleurs lombaires. Dans de très rares cas, elle peut causer des complications neurologiques.

Elle peut aussi avoir comme impact des désordres au niveau du périnée, probablement en conséquence de la diminution voire de l’absence du réflexe expulsif, de la passivité des muscles périnéaux et de l’augmentation des extractions instrumentales et épisiotomies…

La péridurale peut perturber la bonne mise en place de l’allaitement

C’est quelque chose qui devrait vraiment être davantage communiqué !

Une vaste étude australienne a conclu que :

« Les mères qui accouchent sous péridurale ont plus de risques d’avoir des difficultés d’allaitement dans les tout premiers jours suivant la naissance. Elles sont aussi deux fois plus nombreuses que les autres à arrêter de donner le sein dans les six premiers mois. Les chercheurs ont expliqué que les substances contenues dans l’anesthésie pouvaient provoquer une réaction de somnolence chez le bébé, lui occasionnant des difficultés à téter au cours des tout premiers jours suivant sa naissance. » 

Les cas de bébés nés sous péridurale puis manquant d’énergie pour prendre correctement le sein sont nombreux. Vous trouverez ici le témoignage d’une maman ayant rencontré ce type de difficultés. Mon P’tit Loup avait lui-même tendance à s’endormir dès les premières secondes de tétées. Je devais le stimuler en chatouillant ses pieds pour qu’il tète correctement. Heureusement, cela n’a pas duré et n’a pas impacté sa prise de poids. Et puis, il a fallu lui « apprendre à prendre le sein » : au départ, je devais, à l’aide des sages femmes, le mettre au sein, lui « fourrer dans la bouche », parce qu’il ne parvenait pas à le prendre correctement de lui-même. Il a pris assez vite le pli, je ne peux pas me plaindre. Et clairement j’ai eu la chance d’être très bien accompagnée à ce moment-là par le personnel de la maternité. Mais je sais maintenant qu’un bébé né de manière physiologique trouve le sein et s’y accroche seul…

Par ailleurs, l’absence de sécrétion de prolactine au moment de l’accouchement pourra impacter la lactation de la maman sur le long terme…

La péridurale peut impacter l’attachement mère /enfant

Il faut avoir conscience que la péridurale perturbe les sécrétions hormonales de l’accouchement. L’ocytocine de synthèse ne stimule par la sécrétion de cette hormone par le cerveau, qui du coup s’estompe voire s’arrête. La sécrétion d’endorphines n’est alors plus stimulée par la sécrétion d’ocytocine, et ne déclenchent pas la sécrétion de prolactine. L’ocytocine étant injectée par voie sanguine, elle ne passe pas par le cerveau et n’induit donc pas d’effets comportementaux. Or nous avons vu comme cette hormone était importante dans l’attachement mère/enfant. On entend tant parler de ces mamans qui n’éprouvent pas d’amour pour leur bébé à la naissance, qui le rejettent, qui remettent en question l’instinct maternel puisqu’elles-mêmes ne l’ont pas ressenti… Cela pourrait tout à fait s’expliquer par la perturbation des hormones de l’attachement en conséquence d’une péridurale…

Voici les mots de Maïtie Trelaün :

« La péridurale perturbe la physiologie de l’accouchement. Elle porte donc atteinte au processus physiologique d’attachement qui suit un enfantement. Heureusement, nous sommes humains et capables de réparer, de pallier un manque passé. Encore faut-il en avoir conscience. Si les sages-femmes avaient conscience de cela, elles seraient particulièrement vigilantes à l’accueil du bébé par la mère lors d’accouchements médicalisés. Elles pourraient favoriser le peau à peau, les caresses, le massage, le portage… autant de moyens de favoriser une sécrétion d’ocytocine qui permettra l’attachement. »

Par ailleurs, sachant que l’ocytocine favorise la capacité d’aimer sur le long terme, certains posent la question de l’impact de la péridurale sur la socialisation future de l’enfant…

MON AVIS SUR LA PÉRIDURALE ET LA MÉDICALISATION DE L’ACCOUCHEMENT

Ne me méprenez pas : cet article n’a pas pour vocation de dire que « la péridurale, c’est mal ». Je l’ai déjà évoqué, je suis absolument convaincue que dans certains cas, elle peut être très utile (notamment lorsque la maman est dans une impasse, totalement enfermée dans sa souffrance). Je ne cherche pas non plus à dire qu’aucun accouchement ne devrait être médicalisé, bien sûr que non. Dans certains cas c’est évidemment bien nécessaire, pour la santé du bébé et/ou de la mère. Je suis reconnaissante de la médecine moderne et des progrès faits en obstétrique, qui sauvent chaque année de nombreux bébés. D’ailleurs, sans ces progrès médicaux, mon fils ne serait probablement pas parmi nous (la cholestase gravidique induit un risque de mort fœtale in utero, et j’avais atteint une forme sévère lorsque la décision a été prise de me déclencher). Dans mon cas typiquement, l’accouchement médicalisé était absolument indispensable, au risque sinon de perdre mon bébé.

Je pense que la péridurale est effectivement une avancée, mais à condition d’être utilisée à bon escient. Or aujourd’hui, elle est devenue presque systématique. Les mamans qui choisissent de ne pas en bénéficier ne sont absolument pas encouragées dans ce sens. On cherche souvent à les en dissuader d’avance. Ou sinon, elles sont si peu accompagnées le jour de l’accouchement qu’elles finissent par capituler et la prendre. Si, dans les moments où elles se sentent dépassées par la douleur (la phase de désespérance notamment qui est pourtant physiologiquement normale), on ne leur propose que cela pour les soulager (alors qu’une parole encourageante, un massage, un bain ou une suggestion de position aurait pu leur redonner la force de continuer), il est normal qu’elles acceptent. D’ailleurs, beaucoup le regrettent ensuite. Mais malheureusement, les maternités sont de plus en plus surchargées, les sages-femmes débordées, et accompagner une maman de la sorte prend bien plus de temps et d’énergie que de poser une péridurale…

Je pense simplement que les mamans devraient être davantage informées pendant leur grossesse sur l’accouchement physiologique et les conséquences possibles d’une péridurale. Qu’on devrait leur fournir davantage d’outils pour gérer leur douleur le jour J, et surtout leur donner confiance sur leur capacité à le faire ! Que l’environnement des salles d’accouchement devraient répondre au besoin d’intimité et de sécurité de la femme qui accouche, afin de favoriser le bon déroulement de l’accouchement, et aussi diminuer naturellement la douleur. Que si la maman de la demande pas avant, la péridurale ne devrait lui être proposée qu’en cas de souffrance, après avoir essayé d’autres solutions au préalable. Et puis, au-delà de la péridurale, de nombreux actes compliquent la tâche des mamans pendant l’accouchement (heureusement, ils ne sont pas systématiques dans toutes les maternités) : position sur le dos obligatoire pour l’expulsion (alors que cette position est très douloureuse sans anesthésie !), touchers vaginaux à répétition, monitoring qui bloque la mobilité et peut être douloureux en soi (les sangles serrent le ventre, personnellement j’avais du mal à le supporter), et de manière générale, ambiance invasive qui empêche la femme de se sentir en sécurité et de déconnecter son néocortex (défilé du personnel, rotation du personnel, lumières vives, pièces peu accueillantes, interventions répétées, langage rationnel…). Et je ne parle pas des interventions médicales souvent non nécessaires aux impacts douloureux pour la maman (rupture des membranes, déclenchement… ). Les mamans ne sont pas aidées par ces protocoles et cet environnement qui accroissent leur perception de la douleur, et bien souvent la péridurale est la solution qui s’impose à des problèmes qui n’auraient pas dû exister si la physiologie avait été respectée dès le départ… Et c’est bien dommage !

Voilà donc mon projet pour ce deuxième accouchement. J’ai bien conscience qu’il ne s’agit que d’un projet et que je ne peux être sûre qu’il se réalise. On n’est jamais à l’abris d’une complication de fin de grossesse voire de dernière minute… Ayant développé une cholestase gravidique pour ma première grossesse, j’ai statistiquement de grandes chances que cela se reproduise, auquel cas je serais presque pour sûr déclenchée… Si je garde l’espoir fou de passer au travers tout de même, j’essaie néanmoins de me préparer psychologiquement à cette éventualité, pour ne pas m’effondrer si ces belles idées d’accouchement physiologique devaient être réduites à néant par un déclenchement…

accoucher sans péridurale

Sources principale :

J’accouche bientôt, que faire de la douleur ? , Maïtie Trelaün, éditions Le souffle d’or, 2012

Autres sources :

Le bébé est un mammifère, Michel Odent, éditions L’instant présent, 2014

Documentaire Entre leurs mains

25 réflexions sur “Pourquoi je souhaite accoucher sans péridurale

  1. Faure Lysiane dit :

    Jusqu’au début du 20 ème siècle les femmes accouchaient chez elles avec une sage-femme et pourtant, d’apres les récits de l’époque, les accouchements étaient très douloureux, alors qu’en penser? D’ailleurs on disait bien « Tu enfanteras .dans la douleur « . Certaines femmes arrivent épuisées le jour de leur accouchement à cause d’épisodes de contractions quotidiens en fin de grossesse et parfois le travail et l’expulsion sont longs et pénibles .Il n’y a que des cas particuliers, aussi j’espère que, pour vous, tout ça ne sera pas uniquement une belle théorie, je vous souhaite un bel accouchement

    • Morgane dit :

      Je pense qu’elles n’étaient pas préparé comme aujourd’hui à « maitriser » leur douleur, elles étaient plutôt dans l’optique de lutter contre cette douleur (ce qui l’augmente) plutôt que de faire corps avec elle et de l’accepter comme étant normal et nécessaire à l’arrivée du bébé. C’est sur que si on se dit qu’on va souffrir (d’ailleurs l’accouchement ne doit pas être une souffrance mais « seulement » douloureux) forcément cela sera très douloureux et on subira cette douleur. Alors que si on est dans l’optique d’être actrice et d’accepter cette douleur je pense qu’on ne part pas du tout avec la même vision des choses (il y a même des mamans qui ont des orgasmes pendant l’accouchement !). Après c’est sur que même avec la meilleure préparation qu’il soit, cela restera douloureux mais il faut l’accepter. Et le corps des femmes est bien fait, la douleur de l’accouchement est à la hauteur de ce que son corps est capable de supporter :)

      • Floriane dit :

        Je ne sais pas exactement comment cela se passait au début du XXème siècle, je ne connais pas bien les moeurs de l’époque [et cette question mériterait d’être creusée !] mais ce n’est pas parce que l’accouchement est à domicile et sans péridurale qu’il est réellement « physiologique ». Je sais par exemple que mes grands mères ont accouché sans péridurale, mais par exemple on leur imposait la position sur le dos, qui est extrêmement douloureuse sans anesthésie… Lorsque la femme est parfaitement libre des ses mouvements et réellement dans la physiologie, elle adopte toujours spontanément une autre position, plus favorable à la descente du bébé, et aussi moins douloureuse…

  2. Nadia dit :

    J’ai accouché en juin 2016 et j’ai eu la même réflexion que toi, le même cheminement et les mêmes conclusions. C’etait Mon premier accouchement, qui a tout de même fini par une péridurale que j’ai accueilli 16h après le début du travail. J’étais bloquée par la douleur. Pourquoi? Je pense que dans ma tête mon objectif était « Je ne veux pas de péridurale ». Je voulais accoucher sur le côté parce que sur le dos ce n’etait Pas physiologique et à 4 pattes c’etait « Trop ». La maternité était pourtant accueillante, la lumière tamisée. Je pense que je ne suis pas allée au bout de ma démarche et qu’il Faut vraiment s’ecouter Le moment venu. Un accouchement ne se programme pas. Avec péridurale ou sans. Merci pour cet article :)

    • Floriane dit :

      Tu as bien raison, un accouchement ne se programme pas et il faut rester ouvert à toutes les éventualités, je suis bien d’accord. Si tu étais en souffrance et que le travail était bloqué tu as bien fait de prendre la péri. Effectivement le fait de trop « penser » le jour J a probablement joué, néocortex trop en marche 😉 Je pense que ce sera une grosse difficulté pour moi aussi, qui ait du mal à lâcher prise de manière générale, à me laisser porter, à ne pas vouloir tout prévoir et maîtriser… Il va vraiment falloir que je travaille là dessus ! Et comme toi je ne suis pas fermée à l’idée de la péri si j’étais dans une impasse totale, comme je le disais dans l’article je reste convaincue que dans ce cas elle peut être bénéfique, surtout si elle est peu dosée. Merci pour ton témoignage :)

  3. Tinou dit :

    Coucou Floriane
    Moi jai accouché de ma deuxieme…a domicile. Volontairement. En faisant tout le travail dans l’eau.
    J’ai vecu un premier accouchement très médicalisé et douleureux (avec peri et forceps).
    Mon deuxieme accouchement aura été dans l’immense sérénité et sans Aucune douleur. Cest tres paradoxal n’est ce pas? Quoique…

    Je ne peux que t’encourager dans ta démarche.
    Je te conseille l’hypnose pré natale, tres peu connue. Moi ça m’a aidé à créer ma bulle dans laquelle je rentrais et jaccompagnais les poussées.

    Ma sage femme est arrivée mon col etait déjà à 8.
    Au debut jai eu mal. Au tout début, avant d’être dans l’eau.
    Parce que je me focalisais sur les contractions et le temps et …. et j’ai dit a mon compagnon : compte ces contractions si tu veux, pas moi.
    Je suis allée dans la salle de bain, me suis installée confortablement dans la baignoire que mon compagnon a maintenu a 37 tt du long et la mahie a opéré. J’étais en union avec mon bébé et sa volonté de voir le monde.

    J’ai mis au monde mon bébé.
    Pas d’hôpital rien. Tout s’est super bien passé ; le suivi s’est fait a domicile.
    D’ailleurs je te conseille de visionner un dvd. Cest ce dvd qui a achevé de convaincre mon compagnon : entre nos mains

    • Floriane dit :

      Quel beau témoignage ! Si je n’avais pas mon fils, je pense que je me laisserais aussi tentée par un accouchement à domicile, ça fait rêver je trouve ! Mais je ne me vois pas du tout l’associer à la naissance, nous n’avons pas de famille proche de chez nous, et du coup je ne voudrais pas « l’envoyer ailleurs » pendant l’accouchement… Il n’est pas souvent gardé alors je préfère que cela se fasse en milieu familier.
      Je vais creuser l’hypnose prénatale, je ne connaissais pas. Le film dont tu parles je l’ai visionné il y a peu, il est magnifique !
      Merci beaucoup pour ton partage et tes conseils !

  4. Tinou dit :

    Je rajouterai que je te conseille d’écrire un projet de naissance.
    Et dans ce projet de naissance d’écrire ce que tu aurais aimé si ca venait a ne pas se derouler comme tu le souhaites du fait de prises de decisions médicales.
    Ca rajoutera a ta sérénité.

      • Tinou dit :

        Alors tu sais…moi je pensais que mon fils serait alle chez mes parents.
        Eh bien non.
        Il a dormi tout du long et son lit et adjacent a la salle de bain.
        Des fois…on ne sait pas pourquoi…la nature est merveilleusement faite.
        Il sest réveillé vers 7h et a decouvert sa petite soeur a son reveil.
        Cetait purement magique.

        C’était magnifique aussi d’avoir les deux aux seins.

  5. Claire dit :

    J’ai le même projet que toi et je suis en train de lire le livre de Maïtie Trélaün. D’ailleurs, je le conseille à toutes les femmes tellement il est riche d’explication sur comment se passe un accouchement.
    Grâce à ton article, j’ai pris le temps de regarder le documentaire « entre leur main » il me semble que je l’avais déjà vu quand j’étais enceinte de ma fille, mais j’ai pris plaisir à le regarder de nouveau.
    Je te souhaite très sincèrement que tu passes entre les mailles de la cholestase gravidique et que tu puisses mener ton projet à terme.

  6. Morgane dit :

    J’ai exactement le même parcours également, mais tu le sais déjà :)
    La péridurale augmente aussi le risque d’avoir recours à des instruments pour la sortie du bébé ou une césarienne car elle peut diminuer les contractions. Il faut alors injecter à la maman de l’ocytocine de synthèse qui provoque de très fortes contractions que le bébé peut avoir du mal à supporter et il faudra donc qu’il sorte vite du ventre de sa maman.
    Je plussoie pour le projet de naissance, je pense que c’est bien utile pour mettre noir sur blanc ce qu’on aimerait, ce qu’on ne veut pas du tout, ce qu’on peut admettre… il faut d’ailleurs que je prenne le temps de finir le mien.

    merci pour cet article qui renforce encore une fois mes convictions !

    • Floriane dit :

      Oui tu as raison pour le projet de naissance, il faut vraiment que je m’y penche ! D’ailleurs la sage femme m’a demandé de le faire lors de notre rdv de cette semaine…
      Au fait j’ai vu que tu avais prévu d’accoucher en salle nature, c’est super que tu puisses avoir accès à une salle comme ça ! :) J’aurais tellement aimé moi aussi, mais l’hôpital le plus proche qui en propose une est bien trop loin de chez moi :/
      Merci à toi pour ton commentaire, et je te souhaite de tout cœur un très bel accouchement !

  7. Delphine dit :

    Bonjour
    Un bel article pour un beau projet … Qui met les mots justes .. Que je partage pleinement pour avoir été dans cette démarche l’an dernier pour accueillir mon fils. Pour ma part j’ai choisi une maternité à une heure de chez moi qui me permettait un suivi global c’est à dire que j’ai été suivi par une seule et même sage femme durant la grossesse et le jour de l’accouchement. C’était ce dont j’avais besoin pour avoir confiance: en moi , en mon corps , en la Vie !
    Se passer de péridurale n’était pas un objectif pour moi mais juste une résultante logique. Privilégier un accompagnement humain plutôt qu’une aide médicale. Et cet accompagnement m’a été nécessaire à chaque minute – de la part de la sage femme ou de mon compagnon , discret pour me laisser dans ma bulle et au contact de mes sensations mais présent – pleinement soutenant. Il me semble important aussi d’envisager tous les scénarios possibles car peu importe les lectures faites en amont le jour J ne peut pas se prévoir et cela vient connecter le vécu de chacune de manière bien différente. Pour moi après une dilatation qui s’est faite progressivement , en douceur , me laissant le temps d’accueillir (et non de maîtriser) chaque nouvelle sensation, passer à la phase de poussée m’a pris plus de temps et de ressource pour oser le lâcher prise nécessaire. À la toute fin une aide médicale a été nécessaire et je l’ai accepté toujours en confiance me référant à une unique personne compétente et qui me connaissait. L’alliance des deux : la physiologie et la puissance de la féminité aux côtés d’une assistance médicale juste et respectueuse lorsque nécessaire me semble être la bonne formule.
    Pour info, un livre et film qui m’ont beaucoup aide pour naviguer entre infos scientifiques et spiritualité c’est « Orgasmic birth ».
    Je te souhaite de vivre pleinement cette nouvelle naissance , ici et mai tenant à chaque instant , quelquesoit le déroulé.
    Encore merci pour tes nombreux partages – avec cette capacité de synthèse , questionnement et prise de recul que j’apprécie tout particulièrement !

  8. Delphine dit :

    Re bonsoir
    Je voulais aussi évoquer autour de la question du déclenchement des possibilités « nature » comme les feuilles de framboisier et autres plantes. C’est juste une piste car je ne m’y connais pas assez pour dire si c’est une utilisation compatible dans le cas précis que tu as connu lors de la première grossesse. À explorer avec avis médical … D’une sage-femme ouverte :) !

    • Floriane dit :

      Merci beaucoup Delphine pour ton témoignage ! Effectivement tu sembles avoir vécu un superbe accouchement, malgré l’aide médicale de la fin, c’est bien le principal ! Comme tu le dis il faut savoir l’accepter quand elle est nécessaire, et là tu étais en confiance, tu as senti qu’il le fallait, tu as bien fait !
      Oh, « Orgasmic birth » j’en ai entendu parler, je voulais le voir et j’avais un peu oublié, merci pour le rappel !
      Pour les feuilles de framboisier j’en avais pris à la fin de ma première grossesse, effectivement il faut que je vois pour recommencer, ça peut toujours aider ! ^^
      Encore merci pour ton témoignages, tes encouragements et toutes tes astuces !
      A bientôt :)

  9. Anne-Sophie Mimita dit :

    C’était mon souhait également d’accoucher sans péridurale, je disais « si j’y arrive ».
    Je n’étais pas du tout angoissée à l’idée d’accoucher, au contraire, j’avais vraiment hâte, ce qui a aidé pendant les 12 premières heures, je supportais les contractions avec le sourire. Et finalement, après 12 heures de travail, 6 cm de dilatation, les vagues de douleur devenaient tellement violentes et régulières que je me crispais à chaque contraction, je me suis enfermée dans ma bulle de douleur, oubliant tout ce que j’avais appris au cours de préparation à l’accouchement, et j’ai cédé à la péridurale. Finalement, la suite s’est très bien passée, aucun instrument, aucune déchirure, aucune complication. Je disais dès le lendemain (hormis la fatigue) que j’étais prête à recommencer.
    Mais avec le recul, je regrette de ne pas avoir senti ma fille naître, de m’être totalement laissée guider par la sage femme et non par mon corps. Pour un deuxième enfant, j’espère résister et vivre l’accouchement sans péridurale. Je pense que je brieferai à fond mon mari (en mode coach) et je lirai et relirai votre article et le livre que vous citez, ça donne vraiment envie !
    J’espère de tout cœur que votre projet de naissance pourra se réaliser !

    • Floriane dit :

      Merci beaucoup pour votre témoignage et vos voeux ! :-)
      Peut être que lors de votre accouchement, la péridurale était la meilleure solution pour vous à ce moment là, surtout si vous vous enfermiez dans la souffrance.
      Je vous souhaite de vivre un jour cet accouchement dont vous parlez, sans ressentir de manque cette fois !
      Belle continuation à vous ! :-)

  10. VANESSA LHOPITAL dit :

    Bonjour Floriane,

    J’avais un projet similaire au tien et avais lu le livre de Maitie.
    Bon, malheureusement mon bébé était coincé par un noeud de cordon et ne pouvait pas descendre donc du fait de la césarienne je n’ai pas pu me servir de toute la préparation… mais pour la gestion de la douleur je conseille vraiment « se préparer à la naissance en pleine conscience » de Nancy Bardacke.
    Elle donne plein de petites techniques et conseille de s’entraîner en tenant des glaçons en alternant les techniques pour voir quelle gestion de la douleur te convient le mieux. C’est génial car tu vois tout de suite ce qui fonctionne ou non, et après tu te sens vraiment plus forte et plus prête!! en tout cas ça m’a fait cet effet personnellement :-)

    J’ai aussi bien aimé « naitre enchantés » de Magali Dieux avec son super dvd même si c’est dur d’assumer le chant prénatal à la maternité et que tu n’as peut être plus le temps pour ca.
    Elle a un TED qui se trouve sur youtube qui résume le concept.

    En tout cas je te souhaite un accouchement physio ++ :-) et encore merci pour tes articles.
    Vanessa.

  11. Vava dit :

    Bonjour !
    Ayant moi-même accouché il y a 6 semaines de façon naturelle, je ne peux que t’encourager à fond à poursuivre ce projet ! J’en ai tiré une force et une confiance inébranlables pour le reste de mes jours. Mon accouchement a été long à démarrer, mais une fois la poche complètement rompue, tout s’est fait en 5 heures. J’ai accouché dans une salle nature, de la façon la plus paisible et naturelle qui soit, jusqu’à la délivrance du placenta. Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est d’être dans l’eau la plupart du temps. J’étais tellement détendue que j’arrivais à dormir entre chaque contraction, jusqu’au réflexe explusif qui m’a sortie de ma bulle. La dilatation entre 5cm et 10cm s’est faite en 40 minutes, et je ne sentais que le pic de douleur de la contraction (entre 15 et 20 secondes max). Tout le reste, c’était de la détente et du plaisir. J’ai poussé pendant 10 minutes et mon fils est sorti, très calme et éveillé. Je suis persuadée que sa façon de venir au monde l’a aidé à rester aussi paisible depuis.
    Je te conseille le livre « Pour une naissance sans violence » de Frederick Leboyer. Je l’ai lu après l’accouchement, mais tout n’a fait que confirmer ce que je ressentais à travers mon accouchement.
    J’espère que ton accouchement se passera comme tu le souhaites. Merci pour ton blog !

    • Floriane dit :

      Merci beaucoup ! Oui j’ai accouché il y a 2 semaines, j’ai été déclenchée pour complications mais j’ai finalement pu tout de même accoucher en salle nature sans péridurale, j’en suis très heureuse !

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