La motricité libre : pourquoi et comment ?

J’ai très à cœur d’écrire cet article, car je suis profondément convaincue des bienfaits de la motricité libre, or cette « pratique » est plutôt méconnue. A vouloir bien faire, on a encore tendance aujourd’hui à entraver la liberté motrice de nos bébés, et à ainsi aller à l’encontre de leurs intérêts. Ils sont plus capables qu’on ne l’imagine !

J’ai commencé à vraiment m’intéresser à la motricité libre quand mon P’tit Loup avait environ 3 mois. Depuis, je tente de l’appliquer au mieux au quotidien, avec mes maladresses de maman bien entendu (dur parfois de ne pas trop intervenir !). Il a aujourd’hui 1 an, et j’ai déjà le sentiment de constater les bienfaits que la motricité libre a pu lui apporter, tant son aisance au sol et son plaisir d’y jouer sont importants. Je le trouve très autonome dans le jeu pour son âge (en toute objectivité de maman 😉 ). Je tire également une grande fierté de constater qu’il ait réussi à passer toutes ses étapes motrices seul (se retourner, ramper, se mettre à 4 pattes puis à genoux, se mettre assis et enfin debout).

Le bébé est « programmé » pour franchir des étapes motrices précises les unes après les autres, qui le mèneront à la marche. Il en est parfaitement capable sans intervention extérieure, et tire même de très grands bénéfices à franchir ces étapes seul, à son rythme. Donner la chance au bébé de faire ces expériences par lui-même est ce qu’on appelle la « motricité libre ».

La motricité libre, c’est :

  • Laisser l’enfant évoluer à son rythme: on ne lui met pas de pression par des incitations trop précoces, on ne brûle pas les étapes…
  • Respecter son développement : c’est ainsi que la nature l’a prévu…
  • Respecter sa physiologie : on ne le met pas dans une position pour laquelle son corps n’est pas encore prêt, ce qui exercerait sur lui de mauvaises tensions.
  • Le laisser découvrir son corps, ses sensations. Prendre conscience de ses capacités et les explorer pleinement.
  • Le laisser découvrir et s’approprier l’espace.
  • Lui permettre de mettre en place une motricité harmonieuse : trouver les bons appuis, le bon équilibre, être à l’aise dans le passage d’une position à une autre avec des mouvements fluides, une bonne coordination La qualité de cet équilibre et de ces appuis lui servira toute sa vie !
  • Lui donner confiance : quelle fierté d’y être arrivé tout seul !
  • Lui permettre de développer son autonomie.
  • Lui permettre d’apprendre à gérer ses premières frustrations, de trouver par lui-même des solutions à des problèmes (« Comment attraper cet objet ? « Comment atteindre le canapé ? »).

Comment procéder ?

  • En prévoyant un espace au sol adapté et sécurisé. Au départ, un tapis souple et quelques jeux font très bien l’affaire. Plus tard, on veillera à ajouter dans son espace de jeu des supports variés tels que des caisses, petits fauteuils, cartons et autres, qui pourront lui servir d’appuis pour ses redressements.
  • En le laissant évoluer librement au sol : on l’accompagne par notre présence rassurante (de près ou de loin), nos encouragements, mais on ne fait pas à sa place… On a recourt le moins possible au transat et au parc, qui entravent sa liberté de mouvement et sa découverte de l’espace. On bannit les trotteurs et autres gadgets qui mettent l’enfant debout avant qu’il n’y soit prêt (par exemple, les tables d’activités dont j’ai déjà parlé ici).
  • En ne le mettant pas dans une position qu’il n’a pas acquise seul/dont il ne peut se défaire seul.
  • En lui mettant des vêtements confortables, qui n’entravent pas ses mouvements. Le laisser le plus possible pieds-nus ou à défaut en chaussettes ou en chaussons très souples lorsqu’il évolue au sol. Pour l’extérieur, prévoir des chaussures souples, et surtout pas de chaussures montantes.

Les erreurs les plus classiques allant à l’encontre de la motricité libre :

Mettre le bébé dans un transat une grande partie de la journée

Si le transat peut dépanner ponctuellement, mieux vaut poser le bébé lors de ses phases d’éveil sur le dos, au sol (quand il est bien disposé, bien entendu). C’est ainsi qu’il découvrira son corps et l’espace qui l’entoure, qu’il pourra exploiter et développer ses capacités motrices.

Mettre l’enfant assis avant qu’il nE S’y mette seul

Non seulement cela entrave sa mobilité et donc la découverte de son corps et de l’espace, le rend passif et dépendant (il est coincé dans une position qu’il n’a pas choisie et dont il ne peut se défaire, et doit donc attendre que l’adulte qui l’a mis ainsi le reprenne) mais en plus en étant mis assis trop tôt (avant que la force tonique n’ait atteint le bas de son dos, son bassin et ses hanches), maintenir cette position lui demande un effort d’équilibre qui exerce de mauvaises tensions sur tout son corps : il voute son dos,  hausse les épaules, tient ses coudes serrés contre son torse, et dirige ses mouvements de tête vers l’avant. Il est ainsi crispé. Ses mouvements de bras et de tête sont limités, au risque de basculer. Cela est très inconfortable pour lui ! Maintenir cette position peut lui demander un effort de concentration tel qu’il s’intéressera moins aux objets et à son environnement. Le « caler » à l’aide de coussins ne résout pas le problème. Selon certains spécialistes, il risquerait également d’associer la position assise à cette crispation, ce qui pourrait compliquer de futurs apprentissages qu’il devra faire assis (comme dessiner, écrire…). Pour être sûr que bébé soit « bien assis », patience ! Si on le laisse aller à son rythme, quand son corps sera vraiment prêt, il s’y mettra de lui-même ! De plus, même une fois son corps prêt à tenir cette position correctement, un bébé qu’on a habitué à « être mis assis » risque de ne pas chercher à trouver cette position par lui-même. Il va plutôt avoir tendance à réclamer de l’adulte qu’il le mette assis, et donc à rester dépendant de lui. Il sera frustré si l’adulte n’est pas disponible immédiatement pour le mettre assis quand il le souhaite. « Verticalisé » trop tôt, il risque par la suite de ne pas être à l’aise voire de pleurer si on l’allonge sur le sol. Il est pourtant important pour son développement moteur de passer du temps à plat au sol…

Mettre l’enfant debout avant qu’il ne s’y mette seul

Il risque également de rester coincé dans cette position. Il s’y accrochera pour tenir coûte que coûte, ce qui exercera de mauvaises tensions sur son corps, en particulier son dos et ses jambes. Il risque aussi de tout lâcher d’un coup et de chuter brutalement. Pour lui éviter ces expériences désagréables, patience, mieux vaut attendre qu’il se mette debout seul ! Et de même que pour la position assise, même une fois cette position « maîtrisée », il ne saura pas s’y mettre seul et risque d’être en demande vis-à-vis de l’adulte au lieu de chercher à s’y mettre de lui-même, ce qui n’encourage pas son autonomie et freine son développement moteur.

« Faire marcher » l’enfant en lui tenant les mains

Il perd alors la maîtrise de son équilibre, totalement dépendant de l’adulte. Cela ne l’aide pas dans l’apprentissage de la marche, au contraire ! Cela entrave également sa confiance en lui, le laissant penser que sans l’adulte, il n’est pas capable…

Mettre l’enfant dans un trotTeur

Non seulement il n’aide pas l’enfant dans l’apprentissage de la marche, mais il produit l’effet inverse : il entraîne une mauvaise posture au niveau du buste et des jambes, entraîne un risque de marcher sur la pointe des pieds, et perturbe l’équilibre. Le trotteur empêche l’enfant d’évoluer librement au sol et de franchir les étapes les unes après les autres, ce qui lui est nécessaire pour trouver les bons appuis. Il lui fait brûler les étapes en le « propulsant » à un niveau vertical qu’il n’a pas encore acquis et pour lequel il n’est pas encore prêt, ce qui peut s’avérer dangereux. Mettre son enfant dans un trotteur, c’est comme lui faire croire qu’il sait marcher alors qu’il n’en a pas encore fait l’apprentissage. C’est lui donner la possibilité d’aller à une allure qu’il ne sait pas maîtriser.

Les cas spécifiques qui peuvent nécessiter une intervention, et comment s’y prendre :

  • Si l’enfant reste « bloqué » dans une position. On peut alors lui montrer comment s’en défaire en l’accompagnant dans le mouvement. Par exemple, pour un bébé bloqué sur le ventre, on peut le faire rouler doucement sur le dos. Autre exemple : un bébé qui se met debout en prenant appui mais n’arrive pas à « redescendre » : on peut lui proposer un niveau intermédiaire sur lequel s’appuyer pour redescendre (une caisse par exemple), et lui montrer le mouvement. J’ai été confrontée à ces deux situations avec mon P’tit Loup, et ces deux astuces ont très bien fonctionné ! Pour un bébé bloqué en position assise, on peut lui montrer comment prendre appui avec les mains d’un côté du sol pour redescendre, en faisant le mouvement à côté de lui.
  • Si l’enfant se met régulièrement à genoux en pliant ses jambes vers l’extérieur, les fesses entre les deux talons, en « W ». Il est nécessaire d’intervenir car cette position empêche une bonne ouverture des hanches et peut avoir des conséquences à long terme. Réaménager son espace avec un sol plus mou et sans support pour prendre appui le temps qu’il soit vraiment prêt à se mettre à genoux devrait l’aider.
  • Si l’enfant fait de nombreuses chutes violentes lors de son apprentissage de la position debout et de la marche, sans parvenir à « tomber correctement » pour se protéger. Si la chute n’est pas grave, on peut lui montrer comment se relever en repoussant le sol. On peut aussi réviser avec lui les passages d’une position à l’autre.

Pour approfondir le sujet, je vous invite à visionner ces mini-reportages :

–  Extrait du film : « Motricité libre : bien dans son corps, bien dans sa tête »

– Reportage : « Le monde caché des bébés » :

Autres sources :

A propos de la motricité libre en général :

Catherine de Woot-Pierre Baldewyns, Un bébé, comment ça marche ?

Explication de la motricité libre en dessins : http://bougribouillons.fr/motricite-libre/   

Site consacré à la motricité libre de Michèle Forestier, kinésithérapeute : http://michele-forestier.fr  

Association Pikler : http://pikler.fr/Annexes/Emmi_Pikler_Loczy/Emmi_Pikler/La_motricite_libre

Blog d’une psychomotricienne : http://journalpsychomotricienne.fr/cote-bebe/motricite-manipulations-coordinations/liberte-de-mouvements/373-motricite-libre-on-en-parle.html

A propos de la position assise imposée :

http://michele-forestier.fr/wp-content/uploads/2014/01/pourquoi-il-ne-faut-pas-asseoir-les-bebes1.pdf

Catherine de Woot-Pierre Baldewyns, Un bébé, comment ça marche ?, p128 – p185

A propos de la position debout imposée :

Catherine de Woot-Pierre Baldewyns, Un bébé, comment ça marche ?, p193

Blog d’une psychomotricienne : http://journalpsychomotricienne.fr/pour-aller-plus-loin/petit-et-gros-pepins/319-aider-facilement-bebe-l-histoire-de-titouan.html

A propos du trotteur :

trotteur trotteur bis

Catherine de Woot-Pierre Baldewyns, Un bébé, comment ça marche ?, p169

A propos des situations particulières nécessitant un accompagnement :

Catherine de Woot-Pierre Baldewyns, Un bébé, comment ça marche ?, p109-192-194-195

23 réflexions sur “La motricité libre : pourquoi et comment ?

  1. Valerie MAMBOUR dit :

    je suis éducatrice de jeunes enfants depuis 30 ans et j’essaie depuis de nombreuses années de le faire comprendre aux parents que je rencontre et l’applique dans la crèche où je travaille; je l’ai appliqué pour mes propres enfants qui ont marché à 11 mois et 9 mois 1/2 sans intervention de ma part. l’enfant passe à l’étape suivante quand il a acquis seul l’étape précedente. bel article que je vais diffuser

  2. Maman bidouille dit :

    merci beaucoup pour cette article très intéressant… je commence seulement a m’intéressé a la motricité libre bébé arrivant dans quelques semaine pour une première approche c’est un texte simple et merci pour le partage des sources j’ai hâte de me pencher plus sur le sujet….
    je me suis permis de partager sur ma page j’espère que ca ne vous dérange pas

  3. Caillaux dit :

    Bonjour, votre article est vraiment très intéressant et je me remets en question. Je ne connaissais pas la motricité libre et je m’aperçois qu’avec mon fils qui a maintenant 10 mois je fais beaucoup d’erreurs. Est-il possible même à cet âge là d’appliquer cette motricité libre sachant qu’il s’est déjà habitué à des mauvaises habitudes ? Ce n’est pas facile de « bien faire ». On pense faire le meilleur pour son enfant mais finalement on choisi la facilité et je n’ai pas envie que ça le bloque dans son développement.
    Merci en tout cas

    • Floriane dit :

      Bonjour et merci pour votre commentaire.

      Rassurez-vous, il est tout à fait possible de changer progressivement vos habitudes pour faire une transition en douceur vers la motricité libre pour votre fils. Il s’agit de l’habituer progressivement à faire plus par lui-même et à trouver ses propres sensations motrices. Pour cela, il faut qu’il s’habitue progressivement à prendre du plaisir à passer de longs moments au sol. Vous pouvez par exemple, s’il a l’habitude d’être mis assis (ou debout ?), essayer de le poser plutôt à plat au sol pour jouer. Il risque de ne pas aimer, mais vous pouvez l’aider à accepter cette nouvelle façon de faire en restant près de lui et en jouant avec lui (cache-cache, « roulés-boulés », chatouilles, faire du 4 pattes à côté de lui ou le « poursuivre »…) Vous pouvez lui proposer des choses très attrayantes au ras du sol (de nouveau jouets/objets à manipuler par exemple), pour rendre ce « niveau du bas » agréable pour lui. Ne pas insister si cela tourne mal, mais essayer à nouveau plus tard. (Une astuce s’il insiste peut-être aussi de l’asseoir par courts moments sur vos genoux plutôt que directement au sol.) Par essais-erreurs, vous trouverez ce qui lui convient, le motive et le fait progresser. Progressivement, il devrait s’habituer à être au sol au « niveau du bas », y prendra de plus en plus de plaisir, et découvrira la satisfaction de faire par lui-même :) Vous pourrez aussi l’encourager et le féliciter verbalement lorsqu’il entreprend de sa propre initiative quelque chose de nouveau.

      J’ai lu divers témoignages très positifs de parents ayant commencé à pratiquer la motricité libre « sur le tard ». J’invite d’ailleurs ici des parents ayant été confrontés à cette situation à partager ici leur expérience ! Je vous invite aussi à lire cet article très intéressant d’une psychomotricienne, qui parle d’un cas concret de bébé de 9 mois trop habitué à être mis assis et debout, qu’elle a aidé à s’autonomiser dans sa motricité :
      http://journalpsychomotricienne.fr/pour-aller-plus-loin/petit-et-gros-pepins/319-aider-facilement-bebe-l-histoire-de-titouan.html

      Et je vous rejoins tout à fait sur la fin de votre commentaire : effectivement, ce n’est pas facile de « bien faire » ! Être parent est un métier bien difficile, nous commettons tous des impairs et apprenons tous les jours. Votre motivation à trouver des solutions pour aider votre fils prouve que vous êtes un merveilleux parent :)

      • caillaux dit :

        Bonjour et merci pour votre réponse, en effet depuis j’apprends à laisser mon fils au sol et je dois vous avouez qu’il prend beaucoup de plaisir.
        Il commence à ramper et aujourd’hui il est totalement libre de ses mouvements et va partout. Quand je le pose assis il n’aime pas et passe lu i même en position allongé sur le ventre. Parfois c’est plus fort que moi et je le change de position j’ai alors le droit à un petit garçon pas content, mais il me fait prendre conscience de mes erreurs, il m’apprend à lui faire confiance et c’est formidable. Je vois même qu’il commence à essayer de se mettre assis quand il est au sol, je le regarde et le laisse faire, et je l’encourage. Je pense que dans peu de temps il y arrivera lui même. Avez-vous des idées de jeux d’eveil à proposer ? J’avoue que parfois je sèche un peu.
        Merci beaucoup

        • Floriane dit :

          Bonjour et merci pour ces bonnes nouvelles ! Un grand bravo à votre fils et surtout à vous ! :) Pour les jeux d’éveil je vous encourage à vous renseigner sur les jeux Montessori, qui respectent le développement de l’enfant et encouragent son autonomie. Ils se trouvent facilement dans les grands magasins de jouets. Vous pouvez aussi fabriquer des « bouteilles sensorielles » : remplir à moitié des petites bouteilles vides de différentes choses qui éveillent les sens : par exemple, une bouteille avec des pâtes, une bouteille avec du riz, une autre avec des lentilles, une autre avec des plumes… Vous pouvez fabriquer du « sable de lune » avec de la farine et de l’huile, et le laisser « patouiller » dedans… Les petits instruments de musique devraient éveiller ses sens également. Lui lire des histoires de temps en temps et le laisser toucher le livre, tourner les pages… Sous surveillance, mettre à sa disposition des cartons (qu’il pourra remplir), des casseroles, des louches de cuisine (il les tapera peut-être ensemble pour faire du bruit?)… Vous pouvez aussi lui chanter des « comptines signées ». J’espère que ces quelques idées vous aideront !

  4. Karine dit :

    Bonjour.
    Je trouve votre article très intéressant.
    J’ai cependant une question pour la position assise.
    Ma fille a 6 mois et demi. Je pense pratiquer la motricité libre car je la laisse au sol sur le dos depuis toujours (elle n’a pas aimé le transat donc ça m’a aidé :) . Elle se retourne seule et commence à se mettre à 4 pattes mais n’avance pas encore.
    Concernant la position assise. J’évite de la mettre assise au sol car elle ne sais pas le faire seule. Mais je la met assise dans sa chaise haute pour l’habituer car je vais commencer à la faire manger (jusqu’à présent elle était allaitée exclusivement).
    En vous lisant, cette pratique semble à l’encontre de la motricité libre mais comment faire autrement?
    Merci

    • Floriane dit :

      Bonjour et merci pour votre commentaire :)

      Pour ce qui est de la position assise, certains puristes de la motricité libre vous diront d’attendre qu’elle sache s’asseoir seule pour commencer à la faire manger, mais je trouve personnellement cela très extrême. Mon p’tit Loup n’a su s’asseoir seul qu’à 10 mois, mais à 6 mois et demi, il manifestait les signes d’un bébé prêt à manger !

      Tient-elle assise bien droite dans sa chaise haute? Si oui, je ne pense pas que ce soit un problème de la faire manger dans sa chaise. Il y a une grande différence, pour un bébé qui « tient assis » mais ne s’assoit pas encore seul, entre être assis par terre, coincé dans cette position et ayant du mal à la maintenir, et être assis avec appui dans sa chaise haute le temps d’un repas :) Faites l’essai, si elle a l’air à l’aise, je dirais que c’est bon :) Si cela vous semble tout juste limite, vous pouvez la faire manger assise sur vos genoux dans un premier temps. On pourrait conseiller de faire manger le bébé dans un transat semi-incliné plutôt qu’assis dans sa chaise haute ou sur les genoux, si pour les deux il ne se tient pas suffisamment bien. Mais je ne suis pas d’accord avec cela. Car si c’est en accord avec la motricité libre, cela ne respecte pas le rythme du bébé quand au moment de diversifier : un bébé est physiologiquement prêt à commencer à manger lorsqu’il se tient aussi bien droit, au moins sur les genoux (je vous renvoie vers mon article sur le sujet : http://parents-naturellement.com/5-mythes-autour-de-la-diversification-alimentaire/ ). Pour cette raison, si votre fille ne tient pas bien assise, je dirais d’attendre encore un peu pour la faire commencer à manger. Et surtout, si vous choisissez de lui faire manger directement des morceaux (diversification menée par l’enfant), alors il est impératif qu’elle se tienne assise bien droite pour commencer, pour prévenir les risques d’étouffement.
      J’espère avoir été claire, j’ai été un peu longue mais c’est un sujet un peu délicat donc je voulais être précise pour que vous puissiez faire le meilleur choix selon votre situation!
      N’hésitez pas si vous avez encore des questions!

      • Karine dit :

        Bonjour et merci pour votre réponse.
        Il est vrai que c’est une question délicate car elle met en confrontation 2 théories.
        Je suis d’accord avec vous que le transat n’est pas une solution surtout que je veux pratiquer la dme. Donc il faut que son dos soit bien droit.
        Aujourd’hui elle tiens bien dans sa chaise haute donc on va commencer la diversification :)
        Merci bien en tout cas et bonne continuation. Je continuerai à vous lire

  5. Floriane dit :

    Super, bon début de DME alors :)
    N’hésitez pas à la reprendre sur vos genoux si vous sentez qu’elle a du mal à tenir bien droite dans sa chaise sur toute la durée du repas…
    A bientôt !

  6. Notsil dit :

    Vaste débat la motricité libre ^^ Je connaissais pour ma grande (née en 2013), donc ça a été toujours sur le dos, peu de transat … je ne la mettais pas sur le ventre puisqu’elle ne savait pas s’y mettre seule. Résultat elle n’a su se retourner qu’à 8-9 mois et détestait être sur le ventre (grosse crise de pleurs systématique). Pour sa soeur (née en 2015), on a donc privilégié la position sur le ventre lors des moments d’éveil (en la posant sur le dos, et en la faisant rouler sur le ventre pour lui « montrer » le mouvement). Et là on a eu maitrise totale des retournements ventre-dos-ventre à 4 mois, elle a pu ramper (chose que sa soeur n’a jamais fait, étant passée directement au 4 pattes). Dans les 2 cas nous les avons « assises » sur nos genoux (et à table ^^) lorsqu’elles étaient demandeuses (un bébé semi allongé dans les bras qui se redresse tout seul, un maintien assuré par le parent – et non par des coussins – , une écoute du bébé – le sentir repasser tout seul en semi-allongé). A 10 mois elle tient assise, je l’y mets de temps à autre vu qu’elle sait sortir de la position seule en se penchant vers l’avant, mais elle n’est pas encore prête à s’y mettre. Je trouve que les positionner assis de temps à autre leur montre aussi une nouvelle position (je ne parle pas de les abandonner ainsi 4h), on voit bien à un moment qu’il y a une différence entre le « je suis assis totalement bloqué » et le « je suis assis, je bouge mes jambes, j’ai un équilibre, j’attrape des objets, je me penche et je me redresse seul ». Perso je me sens davantage dans la liberté accompagnée du coup 😉 Quand elle apprendra à marcher, ce sera comme avec sa soeur : suivre les meubles, et si besoin, les mains des parents (pareil, hors de question qu’elle soit « suspendue » à nos bras, mais si elle s’appuie sur mes mains ou mes bras, c’est comme si elle s’appuyait à un meuble à mon sens ^^ ).

  7. yipeehappymummy dit :

    Je découvre vos articles sur la DME, la motricité libre avec intérêt. Ma fille a 4 mois, et je la trouve très « moteur » : elle a toujours tenu sa tête droit, se cambre toujours en arrière quand nous l’avons dans les bras pour observer son environnement, sait passer du ventre vers le dos depuis ses 2 mois et demi, il faut dire qu’elle a été très souvent mise sur le ventre pour soulager ses très grosses coliques… et donc elle fait régulièrement des pompes pour se redresser ! :)
    Je me questionne sur un point : comme je l’ai dit, elle se cambre souvent pour regarder autour d’elle quand nous l’avons dans les bras. J’ai donc assez tendance à l’asseoir sur moi « face au monde », dos contre mon ventre, ainsi elle « participe » avec nous, voit son papa et les autres gens dans la pièce… Est-ce que je fais mal en la mettant dans cette position ? Elle est vive et tout sourire quand on la laisse comme ça !

    • Floriane dit :

      Non ce n’est pas un soucis, si son dos est bien calé en appui contre votre ventre (qui est mobile, et non rigide), ça n’a rien à voir avec le fait d’être mis assis au sol (même calé avec des coussins) 😉 D’autant plus si c’est elle qui est demandeuse ! Et puis, installée comme cela, elle n’est absolument pas coincée « de force » dans la position assise, puisque quand elle en a marre, elle doit se mettre à gigoter et vous le sentez tout de suite 😉 Si jamais vous la sentez un peu crispée (mais je suppose que ce n’est pas le cas ?), vous pouvez peut-être vous incliner un petit peu plus en arrière (en mettant un coussin dans votre dos)… En tous cas je vois tout à fait ce que vous voulez dire, mon fils faisait la même chose !

  8. Hale dit :

    Serait Il possible de nuancer vos propos…. Tout d abord malheureusement certains enfants atteints d hypotonie néonatale doivent être stimulés , de plus Pour d autres pathologies ou l hypotonie apparaît plus tard, Il faudrait Tout De même préciser aux parents que même si l On est adepte De la motricité libre, un enfant qui ne tient Pas assis par exemple à 1an cela peut être inquiétant et pathologique, quand à votre remarque sur le fait qu Il est mieux De diversifier un enfant quand Il tient assis seul, certains De ces enfants Ne sont Pas alors si l On Vous suis prêt De manger « solide » Et risque alors d’être denutris.
    Les théories c’est joli, ç est à La mode Mais ç est vraiment à nuancer
    Merci

  9. Floriane dit :

    Il me semble évident que je parle là d’enfants en bonne santé, et non atteints de pathologies particulières ! Et je ne parle pas de faire de « jusque boutisme » dangereux : si à 1 an l’enfant ne tient pas du tout assis, évidemment qu’il peut être judicieux de consulter ! Seulement, quand on voit le nombre de parents qui, par manque d’information, mettent leurs enfants assis contre des coussins dès l’âge de 4-5 mois, ce rappel ne fait pas de mal ! A cet âge-là, il n’y a pas de doute ! Vous poussez le raisonnement à l’extrême, je ne parle pas d’être extrême. Il y a un monde entre caler son bébé de 4-5 mois assis au sol, et de ne pas s’inquiéter du tout de voir que son bébé d’1 an ne tient pas du tout assis…

    Quant à l’alimentation, c’est un autre sujet, mais sachez que de nombreux bébés allaités ne commencent qu’à manger solide qu’à partir de 10-12 mois et sont en parfaite santé, ne manquent de rien. Avez-vous lu mon article sur le sujet ? http://parents-naturellement.com/5-mythes-autour-de-la-diversification-alimentaire/ Vous y lirez que je conseille également de consulter si l’enfant de 9 mois ne mange toujours pas, pour vérifier qu’il ne manque pas de fer, et que je ne m’avance pas pour les bébés non allaités. Je n’ai pas le sentiment de manquer de nuances.

    En ce qui concerne « l’effet de mode » : j’avoue que c’est une expression qui m’agace ! Faire attention à respecter la physiologie et le développement du bébé n’est pas une « mode », c’est juste le fonctionnement naturel des choses qui a été oublié. On devrait plutôt le considérer comme un « retour aux sources »… Les parents qui attendent que l’enfant démontre par des signes qu’il est prêt à manger avant de le diversifier ne cherchent pas à être « à la mode », mais simplement à respecter les besoins de leur enfant.

    Pour finir, je me permets de vous dire que je trouve votre ton très agressif !

  10. Linne dit :

    Bonjour je trouve votre article très intéressant et vraiment nécessaire !
    Je suis allemande et travail depuis à peu près 11 ans en France en crèche.
    J’étais surprise de la façon française ,qu’il existe encore le trotteur. En Allemagne ils sont interdits !!! Depuis plus que 40 ans j’ai appris la motricité libre ! Mais en arrivant en France j’ai vu il y a encore du travaille de convaincre les collègues,parce que quand j’ai parlé de mon expérience avec la motricité libre personne voulais m’entendre et m’a cru !!!
    Je vous souhaite que vous avez plus de succès !!!!!!!

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